Mise en état de sujétion (4ème et dernière partie)

Les précédents articles ont décrit les étapes d’entrée dans un mouvement sectaire et de transformation de la personnalité. Après une phase de séduction de la part d’un groupe chaleureux et flatteur, l’adepte a cru en une doctrine et des projets qui ont pris chez lui une résonance particulière ; il s’est engagé à oeuvrer pour le groupe et à suivre ses enseignements. En fait il a donné son accord à une procédure, en toute méconnaissance du processus de transformation durable qu’il va subir, du résultat final et des finalités des maîtres du jeu.

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Mise en état de sujétion (3ème partie)

La première préoccupation d’un groupe sectaire, dès lors que la « cible » a volontairement fait un pas en sa direction, est de faire sauter le verrou de son sens critique pour pouvoir l’imprégner de sa doctrine et agir sur sa personnalité jusqu’à la transformer. Pour ce faire, il ne va pas d’emblée chercher à persuader par la discussion,- convaincre par la raison seule est aléatoire et éphémère-. Il va commencer par contrôler son cadre de référence (environnement, informations), conditionner son équilibre physiologique (sommeil, nourriture, fatigue), et contrôler son comportement et ses émotions (à la faveur d’activités au sein d’un groupe chaleureux et reconnaissant à chaque effort consenti). La persuasion et la « conversion » en adepte suivront (…)

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Mise en état de sujétion (2ème partie)

Le précédent article (Bulles n°97, 1er trimestre 2008, p.14) a défini les conditions pour qu’une organisation sectaire obtienne de ses adeptes une dépendance durable dans un système durable : « par un processus continu d’acquisition de connaissance et de pouvoirs internes ». Avant de traiter des techniques de transformation puis de maintien en dépendance de la personne, nous abordons la séduction, et la machination sectaire jusqu’au premier engagement.

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Mise en état de sujétion (1ère partie)

Les sectes au sens actuel du mot, ont la volonté de contrôler totalement leurs membres au mépris de leur liberté ; elles sont d’essence totalitaire.
D’une très grande diversité de tailles, structures et dénominations, elles ont en commun de se présenter comme pouvant apporter des réponses absolues à des problèmes ou des aspirations de l’être humain, qu’ils soient d’ordre
idéaliste (sectes religieuses ou politiques), ou matérialiste (groupes proposant le développement des facultés physiques ou mentales, la santé, la réussite sociale et financière). Elles séduisent ainsi de futurs adeptes, mais en les informant le moins possible sur leur organisation et la réalité de ce qu’ils vont vivre. Elles les amènent en toute confiance et apparente liberté à ouvrir leur « jardin secret », puis utilisent des « techniques propres à altérer le jugement et à induire un état de sujétion psychologique». (cf la loi About-Picard rappelée à la page 8 de ce présent numéro). Indispensable au recrutement et à l’assujettissement des adeptes, un ensemble de techniques bien rodées et efficaces constitue une manipulation mentale peu visible (excepté par les proches), difficile à prouver devant les tribunaux (souvent peu motivés et mal informés) ; en outre, elle permet généralement d’éviter qu’un adepte ayant pris conscience du préjudice subi porte plainte dans les délais impartis.(…)

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La manipulation mentale : Qui séduit et qui se laisse séduire ?

On parle de manipulation mentale lorsqu’un individu ou un groupe exerce, d’une façon ou d’une autre, une tentative de contrôle, le plus souvent psychique, sur autrui entraînant une déstabilisation des processus décisionnels, de la capacité à juger, du pouvoir d’auto critique.
Autrement dit, la manipulation mentale est le fait d’obtenir de quelqu’un qu’il fasse ou pense quelque chose, sans qu’il ne s’en aperçoive véritablement, sans qu’il puisse décoder que sa réflexion est hors service.

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La manipulation mentale en psychologie sociale

Les recherches théoriques sur la psychologie de la soumission appartiennent à des courants de pensée différents et se sont beaucoup développées, aux Etats-Unis notamment, depuis plusieurs décennies. Deux français, chercheurs en psychologie sociale et professeurs d’université, Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, ont tenté d’en faire la synthèse.

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La régression intellectuelle au centre de la manipulation mentale

La plupart des personnes qui approchent de près ou de loin le phénomène sectaire ne manquent pas de s’étonner de la crédulité induite sur les adeptes. Souvent, ceux qui ont connu ces derniers avant qu’ils ne soient séduits par les propositions des gourous ou de leur porte-parole, sont stupéfaits de les voir adopter un discours simplificateur d’où est éliminé tout esprit critique. La surprise est d’autant plus accentuée que souvent ces personnes n’étaient pas antérieurement démunies intellectuellement, comme en témoigne le statut social de certains : membres du corps médical ou paramédical, enseignants, universitaires, cadres d’entreprise etc.
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La relation gourou-disciple

Pour l’auteur, les notions d’endoctrinement et de charisme ne sont pas suffisantes pour expliquer que certains se ruinent ou même laissent leur vie dans l’aventure sectaire. Elle pense qu’il y a rencontre, dans la plupart des cas, entre les besoins inconscients du leader et ceux des adeptes.
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Mécanismes de l’emprise sectaire

L’emprise sectaire, la mise en état de sujétion ont progressivement remplacé dans le vocabulaire des associations de victimes et dans le vocabulaire juridique ou administratif la « manipulation mentale ». Celle-ci faisait trop clairement référence aux méthodes nord-coréennes ou chinoises pendant la Guerre Froide. De plus, les psychologues ont beaucoup avancé sur la notion d’emprise perverse ou de harcèlement moral. On peut se référer notamment aux travaux de Kaës, Diet, Irigoyen ou Monroy.
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