Deux enfants assassinés sur fond de complotisme et de foi chrétienne

Le 9 août 2021 Matthew Coleman a tué ses deux enfants parce qu’il les croyait porteurs d’ADN reptilien, une idée qui lui serait venue à force de s’abreuver de théories complotistes, en particulier celles du britannique David Icke.

L’homme de 40 ans a déclaré au FBI avoir eu la vision selon laquelle sa femme serait porteuse d’ADN reptilien qu’elle aurait transmis à leurs 2 enfants. Croyant que l’ADN de ses enfants était altéré, l’homme a imaginé qu’ils allaient « devenir des monstres » et que les tuer était le seul moyen de « sauver le monde ».

Lui et sa femme s’étaient progressivement radicalisés autour de théories du complot comme celles de QAnon sur l’existence d’une élite mondiale qui serait à l’origine de la pandémie de Covid 19 et dirigerait des réseaux pédocriminels impliquant des enfants.  Mais Matthew Coleman est devenu plus paranoïaque, au point de croire que sa propre famille était partie prenante du complot mondial.

Les premiers éléments de l’enquête, dévoilés en septembre 2021, montraient que le processus de radicalisation du couple aurait débuté au sein de la sphère chrétienne évangélique fondamentaliste dont il faisait partie depuis de nombreuses années. Au quotidien, tout tournait autour de la Foi, jusqu’au travail de Matthew Coleman qui avait créé un club de surf chrétien.

Pour Helen Rose, résidente de Santa Barbara, qui a grandi au sein du même foyer que lui, Matthew Coleman a toujours été fanatiquement chrétien, mais selon elle, il souffrait d’une maladie psychiatrique qui n’a pas été traitée. Les visions et les révélations divines qu’il pensait avoir ont même été encouragées par sa communauté chrétienne.

Par la suite, la radicalisation du couple s’est poursuivie sur internet si bien que le monde imaginaire répandu par les conspirationnistes a pris le pas sur la réalité et est devenu tangible, pour lui en particulier.

Les derniers éléments de l’enquête ont montré qu’en plus de QAnon, qui trouve un écho favorable dans la sphère évangélique, Matthew Coleman aurait été influencé par les théories conspirationnistes de David Icke. Il l’aurait vraisemblablement découvert sur Twitter avant novembre 2020 puisque que ce dernier a définitivement été banni de la plateforme pour avoir diffusé de fausses informations sur la pandémie de Covid 19.

Figure majeure du conspirationnisme depuis plusieurs décennies, David Icke, ancien footballeur et ancien journaliste sportif, répand la croyance selon laquelle une race de reptiliens appelés Archontes ou Anunnaki aurait envahi la Terre et créé une race hybride humains-archontes. Connus sous le nom de Babylonian Brotherhood, d’Illuminati ou d’Elite, ils manipuleraient les évènements pour maintenir les humains dans la peur afin de se nourrir de leur énergie négative.

L’émergence des réseaux sociaux lui a permis de propager ses théories à grande échelle et de rassembler des millions de followers sur Facebook, YouTube et Twitter, dont Matthew Coleman.

Pour l’agent du FBI qui a interrogé Coleman, il ne fait aucun doute que les théories de David Icke ont fortement influencé ses visions. 

(Sources : Vice, 05.04.2022 & 10.09.2021)

Décès pendant une cure de détoxification

Une jeune femme belge d’Anvers décède brutalement dans des circonstances non élucidées alors qu’elle participait à une cure de détoxification à Heesselt, un village rural des Pays-Bas.

Tinne G., 35 ans, avait participé à plusieurs reprises à des cures de détoxification, dont deux dans ce village.  Le lieu semble très prisé des personnes en quête de sens et de spirituel, avec au milieu d’une forêt, le « Tantra Temple », pour une « recherche plus profonde des couches de vous-même ».

Cette dernière cure a été fatale à la jeune femme, victime d’une mort soudaine. Une enquête et des tests toxicologiques sont en cours.

Ce décès n’est pas le premier aux Pays-Bas. En 2016, l’autorité sanitaire des produits alimentaires et de consommation (NVWA) avait alerté sur un remède impliquant déjà un décès suspect. La personne avait consommé une sorte de « thé minceur » avant de succomber à une crise cardiaque.

Jan Tytgat, professeur de toxicologie à Louvain, avertit que ces cures très suivies, « qui diffèrent en en termes de durée et d’intensité », ne sont pas sans danger. Elles utilisent souvent des produits contenant de la caféine, aux effets diurétiques, faisant penser que « tout sort du corps rapidement »… mais il y a des risques surtout avec des produits achetés sur internet sans savoir précisément ce qu’ils contiennent.  La « détoxification spirituelle » avec des substances entraînant des états d’ivresse puissants se développe aussi aux Pays-Bas. Une substance hallucinogène psychoactive illégale, l’Ayahuasca, très utilisée dans ces cures, peut provoquer en particulier des « bad trip » aux conséquences désastreuses pour le cerveau et peut conduire à des pathologies psychotiques sévères.   

(Source : 7sur7.be, 11.04.2022)

Un suicide collectif sur fond de complotisme?

Quatre français membres de la même famille sont morts après avoir sauté du balcon de leur domicile à Montreux. La police suisse s’oriente vers la thèse d’un suicide collectif avec en toile de fond un intérêt important de la famille pour les thèses complotistes et survivalistes.

Dans un communiqué, les autorités ont souligné que la famille manifestait depuis le début de la pandémie un intérêt pour les thèses complotistes et survivalistes. Les victimes avaient des pièces remplies de vivres, de médicaments et de packs d’eau. Les différents articles parus sur cette affaire ont permis de mettre à jour le profil des membres de la famille. On apprend que le matin du passage à l’acte, les gendarmes sont venus sonner car le père ne répondait pas aux sollicitations concernant la scolarisation à domicile de son fils de 15 ans. Personne n’a répondu mais il est possible que cette visite ait conduit à la décision de sauter. Les différentes recherches montrent que les adultes possédaient par ailleurs une situation stable.

Pour l’instant, les investigations n’ont pas démontré de liens avec une éventuelle mouvance sectaire. C’est dans cette région de Suisse romande qu’avait eu lieu le suicide collectif des membres de l’Ordre du temple solaire (OTS) dans les années 1990. Un potentiel lien avec l’OTS est minimisé par Manéli Farahmand, directrice du Centre intercantonal d’information sur les croyances de Genève (CIC) qui n’a pas constaté de développement particulier de tendances néo-templières dans la région. Pour Danièle Muller-Tulli, présidente de l’Association suisse pour la défense de la famille et de l’individu et présidente de la Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme (FECRIS) le complotisme dont parle la police peut s’apparenter à une dérive sectaire sur le fait qu’il pousse les individus à être en rupture avec la société. Il peut amener à effectuer des actes dangereux.  Selon Manéli Farahmand, le complotisme et le repli de la famille sur elle-même avec peu de socialisation ont pu jouer un rôle dans ce drame. Une autre piste peut être cependant envisagée. Le mode de vie survivaliste mais aussi le port d’une cape verte et les bains systématiques au milieu de la nuit peuvent s’apparenter à certaines croyances religieuses ou spirituelles. Cependant, cela semble pour le moment difficile à identifier. La directrice du CIC avance de manière prudente l’hypothèse d’un système de croyances composé de différents éléments doctrinaux couplé à une interprétation complotiste de la société. 

(Sources : Le Parisien, 26.03.2022 & Libération, 30.03.2022)

Dérive mystique ?

Courant décembre 2021, les policiers municipaux de Saint Jory (31) ont découvert deux corps sans vie chez un magnétiseur renommé de la région. Sa famille et lui n’ayant donné aucun signe de vie depuis plusieurs jours, les policiers se sont rendus à leur domicile. Si le magnétiseur, âgé de 63 ans était vivant, sa femme et sa mère étaient toutes deux décédées, mais avec plusieurs jours de décalage. Jusqu’à présent les causes de leur mort n’ont pas été élucidées. Le rôle de la femme dans le décès de la mère et la raison pour laquelle l’homme n’a pas déclaré leurs décès demeurent un mystère, tant les propos du magnétiseur sont incohérents.

L’homme, aveugle, était très connu dans la région pour ses dons de guérisseur. Il vivait à Saint Jory avec sa femme, elle aussi magnétiseuse, et sa mère. Réputé très pieux, le couple versait dans la littérature millénariste et se préparait activement en vue de l’apocalypse en prévision de laquelle il avait stocké de grandes quantités de nourriture, surtout depuis le début de la pandémie qu’il avait interprétée comme un signe de la fin des temps.

La dérive du magnétiseur est ancienne. Son don de guérison lui aurait été révélé en 2000 par un évêque lors d’un pèlerinage à Lourdes. Croyant en ses capacités de guérison, il a abandonné son métier d’accordeur de pianos pour se consacrer à ses patients qu’il recevait dans une atmosphère très mystique. Chaque séance débutait par une prière et était ponctuée de la visite de sa chapelle privée.

Conforté par ses succès auprès de clients qui venaient de loin et attendaient de longues heures pour recevoir ses soins, et conforté dans son choix de vie par son curé, il en est venu à croire qu’il avait la capacité de tout guérir.  Quand son père lui a annoncé son cancer en 2010 il l’a dissuadé de suivre une chimiothérapie et l’a soigné, entre autres, à l’eau bénite pouvant, selon lui, guérir les tumeurs ou la leucémie. Son père meurt, mais cet échec ne le dissuade pas de poursuivre ses soins. Il encourageait certains de ses patients à arrêter leur traitement et leur prescrivait des huiles essentielles ou des plantes pour traiter des pathologies graves comme la sclérose en plaque. Quant aux vaccins, il y était totalement opposé et prétendait pouvoir soigner le Covid.

Hospitalisé en psychiatrie depuis la macabre découverte, s’il n’a pas donné d’explication sur la mort des deux femmes, il aurait récemment confié à son curé : « elles sont dans la lumière ». 

(Source : Marianne, 11.03.2022)

Toulouse : deux corps découverts dans la maison d’un magnétiseur

Deux femmes ont été retrouvées mortes au domicile d’un magnétiseur de 63 ans, arrêté à Saint-Jory, en Haute-Garonne, près de Toulouse. Le décès remontait à plusieurs jours.

Les deux corps seraient ceux de la mère et de la femme du sexagénaire, réputé pour ses dons de magnétiseur et autoproclamé « fils de Dieu ». Il adhérait avec sa femme aux théories apocalyptiques. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, ils annonçaient la fin du monde à leurs proches.

Sans nouvelles des deux femmes, âgées respectivement de 91 et 66 ans, la famille avait alerté la police municipale qui s’est rendue au domicile et au cabinet du magnétiseur.

L’homme, confus et en état de choc, a été conduit à la gendarmerie puis pris en charge en hôpital psychiatrique.

Après autopsie des corps, aucune trace d’homicide ni de violence physique n’a été détectée.

Une enquête est ouverte pour déterminer la cause de la mort. La justice est en attente des analyses toxicologiques pour déterminer s’il peut s’agir d’un empoisonnement.  (Sources : Ouest-France, 24.12.2.21 ; La Dépêche, 03.01.2022 ; L’Opinion, 04.01.2022)

Sept membres d’une secte condamnés à 50 ans de prison

Le tribunal de Bocas del Toro (Panama) a condamné sept membres de la secte « La Nueva Luz de Dios » à 50 ans de prison, la peine maximale encourue au Panama. Deux autres membres du groupe avaient, précédemment, été condamnés à 47 ans de prison après avoir passé un accord avec la justice.

Ils étaient accusés d’avoir, lors d’une cérémonie d’exorcisme, tué six enfants, âgés d’un an à 17 ans, et une femme enceinte.

Le 14 janvier 2020, la femme avait été assassinée devant cinq de ses enfants, et un autre mineur. Ils avaient eux-mêmes été battus à mort par la suite, le tout en présence des autres membres du groupe. Ce sont des témoins de la scène, eux-aussi victimes de violences, qui ont alerté la police après avoir réussi à fuir.

Selon Claire Nevache, chercheuse au Centre international d’études politiques et sociales du Panama, l’affaiblissement des cultes institués serait à l’origine de l’infiltration d’églises animées de « mauvaises intentions » parmi les populations locales qui souffrent déjà de l’absence des autorités.

Ainsi en 2020 trois membres d’une autre secte avaient été arrêtés après avoir enlevé et violé six enfants. L’enquête de la police avait mené à l’arrestation du gourou et à la découverte d’une fosse commune cachée dans la jungle. 

(Source : Sud-Ouest, 04.12.2021)

Pour rappel, lire sur le site de l’Unadfi : Découverte macabre d’une fosse commune : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/decouverte-macabre-dune-fosse-commune/

Les pasteurs ne sont pas immortels

Aux Etats-Unis de nombreux pasteurs nient la gravité de la pandémie et découragent leurs fidèles de suivre les mesures sanitaires. Pourtant des pasteurs mais aussi des adeptes sont décédés des suites d’une infection à la Covid-19.

De nombreux pasteurs à travers le monde ont par exemple affirmé que Dieu les empêcherait de tomber malade, que la prière pourrait aussi les guérir. Ces propos et ces croyances s’avèrent dangereuses et mortelles et ont conduit à des décès. Il arrive que des familles de fidèles se tournent vers des prédicateurs ou des guérisseurs au lieu de professionnels de santé et mettent en danger leur santé. Les pasteurs ont une connaissance des doctrines religieuses mais n’ont aucune expertise ni compétence dans les domaines médicaux et scientifiques.  

(Source : salon.com, 15.12.2021)

Nouveaux témoignages concernant le naturopathe Miguel Barthéléry

Le procès de Miguel Barthéléry, poursuivi pour exercice illégal de la médecine après le décès de deux de ses clients, a amené d’autres personnes à témoigner, dont des proches de personnes décédées qui avaient mis toute leur confiance dans les conseils du naturopathe. Lire la suite

Succès du jeûne hydrique : vigilance rouge

Suspendre la prise de nourriture solide, n’ingérer que de l’eau, et ce pendant une période pouvant aller jusqu’à quarante jours : tel est le programme d’un nouveau type de diète qui a récemment trouvé son succès en France, le jeûne hydrique. A la suite du décès d’une participante à un stage en août dernier, une enquête a été ouverte et une autopsie sera bientôt menée. Lire la suite

Décès d’une participante à un stage de jeûne

Une femme de 44 ans a été retrouvée morte le 12 août alors qu’elle participait à un stage de jeûne organisé par un naturopathe à Noyant de Touraine (37).  Le procureur de Tours a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire afin de déterminer les causes du décès. La préfecture d’Indre-et-Loire a ordonné la fermeture du stage. Lire la suite