Jesus Morning Star place ses pions en plein cœur de Sydney 

The Lord’s Hope Church, une faction de la secte Jesus Morning Star (JMS), s’est installée en toute discrétion dans la rue la plus animée du quartier des affaires de Sydney.

L’église a acheté en août de l’année 2021 des locaux commerciaux dans le centre de Sidney pour 1,54 millions dollars. Les rénovations ont pris fin au début de l’année. Ces locaux se situent à forte proximité de plusieurs importantes universités. L’église a déjà ouvert des cours de danse et fondé des associations étudiantes au sein de ces universités. Leur porte-parole justifie l’achat des locaux et leur installation à cet endroit par le souhait des membres d’avoir accès en permanence à un endroit qui appartienne à l’église et qui puisse accueillir les familles, les enfants, et les membres de tous âges.

Une ancienne adepte de l’église, une Australienne d’une vingtaine d’année du nom de Samantha, révèle que cette église nouvellement ouverte à Sydney a été largement financée par les contributions des membres. Elle-même a donné environ 10 000 dollars. Elle confie que les membres de The Lord’s Hope Church doivent donner 10% de leur salaire pour la dîme. Les dons sont enregistrés sur un fichier Excel qui permet de s’assurer que tous les membres payent leurs cotisations.

Concernant le recrutement de nouveaux membres, Samantha raconte que l’église encourageait à faire entrer des personnes d’origine non asiatique. Elle confie aussi que les associations étudiantes fondées par l’église fonctionnent comme des groupes écrans. Un document qu’elle a réussi à obtenir lorsqu’elle fréquentait encore l’église montrait que les groupes étudiants servaient à assurer le prosélytisme.

Tore Klevier, président de Cult Information and Family Support Inc, s’inquiète de ce que l’église se soit installée près de plusieurs grandes universités de Sydney : « qu’ils possèdent une propriété où ils peuvent inviter des gens et qui soit facile d’accès est un énorme avantage en termes de recrutement, et c’est assez préoccupant ». Une autre stratégie de recrutement est de se faire passer pour une agence de mannequinat ou de divertissement, en camouflant la nature religieuse du groupe.

Ils ont aussi tendance à ne pas révéler le nom de leur leader, Jeong Myeong-seok, qui a purgé une peine de dix ans de prison après avoir été reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles sur des membres de sa secte. Il aurait fait de nouvelles victimes après sa sortie de prison en 2018. Au début de l’année 2022, deux femmes se sont rapprochées des autorités pour demander une réouverture de l’enquête. L’une est Australienne et la seconde est Honkongaise. Toutes deux l’accusent de viols et d’agressions sexuelles, des crimes qu’il aurait commis après sa sortie de prison. L’australienne, restée anonyme, explique avoir intégré l’église en 2014, à 22 ans. Elle prétend avoir subi cinq fois des attouchements de la part du leader Jeong Myeong-seok à l’occasion d’une visite en Corée du Sud pendant un voyage financé par l’église. Selon l’accusatrice, Jesus Morning Star n’est pas « une religion légitime, c’est une organisation qui soutient un véritable criminel, un violeur, et ce n’est pas acceptable, ça ne peut pas continuer. » 

(Source : www.news.com, 30.03.2022)

Succès d’un podcast qui donne la parole à des ex-évangéliques

I was a Teenage Fundamentalist (IWATF), un podcast lancé par deux anciens membres d’églises évangéliques, Troy et Brain, connaît un succès qui dépasse largement les frontières de l’Australie. Il se place juste derrière exvangelical, le podcast de l’américain Blake Chastain téléchargé 13 000 fois chaque mois.

Mis en ligne en 2021, il IWATF compte déjà 42 épisodes qui donnent la parole à ceux qui ont échappé à des religions autoritaires. Troyy, qui a été membre d’un centre de réveil dans les années 1980, déclare que son podcast est bien plus qu’un moyen de témoigner, qu’il s’agit aussi d’une thérapie qui donne l’occasion aux invités de raconter leurs histoires d’abus et de manipulation par leur église.

Principalement écouté par des ex adeptes ou des personnes qui se questionnent sur leur culte, il a déjà amené des auditeurs à changer de point de vue sur leur Eglise.

Mais Troy et Brian ont qualifié l’enregistrement du podcast de « re traumatisant » à tel point que Troy a dû faire une pause d’un mois.

Âgé de 50 ans, Troy avait été attiré par le Revival Centres International (aujourd’hui Revival Centres Church) alors qu’il n’avait que de 13 ans. Il reproche à l’Église sa stratégie de recrutement ciblant principalement les adolescents qui devaient être recrutés jeunes « avant que le diable et le monde ne corrompent leur esprit et leur âme. ». Quatre ans plus tard, marié et prêt à devenir ministre du culte, il est assailli de doutes, devant les incohérences et les manipulations qu’il a constatées dans le groupe et décide d’en partir.

Quant à Brian il a été membre d’une première Eglise avant d’être recruté comme « sang frais » par les Assemblées de Dieu. A l’époque où il en faisait partie, il décrit une ambiance sectaire où primait le nombre de nouvelles recrues.

L’émission la plus écoutée fut l’interview du cofondateur de Hillsong, Geoff Bullock, un ancien ami de Brian Houston. Pour la première fois, il a évoqué son « expérience infernale » dans cette Église dont le style de leadership était, selon lui, « agressif » et « dominateur, presque intimidant ». Dans le podcast il évoque aussi le syndrome de stress post-traumatique dont il a souffert après son départ de Hillsong en 1995. Pour lui aussi l’enregistrement a été une expérience difficile et réécouter l’émission l’a été encore plus.

À la suite de sa mise en ligne, Brian Houston et Hillsong ont bloqué le compte twitter d’IWATF.

Pour Venn-Brown, l’un des principaux évangélistes d’Australie et l’un des premiers au monde à avoir suivi une thérapie de conversion gay en 1972, des podcast comme IWATF ou le groupe de soutien qu’il avait créé sur Yahoo en 2000, constituent des espaces de soutien, de « guérisons et de résolution » pour ceux qui ont des problèmes avec leur religion. Centré sur l’aide aux personnes homosexuelles confrontées à un conflit entre la foi et la sexualité, son groupe les accueillait sans jugement et leur permettait d’échanger, pour la première fois, avec d’autres. A l’époque, explique-t-il, « nous n’avions vraiment aucune compréhension du SSPT ou du traumatisme religieux ».

Le Dr Josie McSkimming, une ex-évangélique qui a, elle aussi, participé au podcast, souligne que beaucoup de ceux qui envisagent de quitter ces églises sont forcés de vivre une double vie car elles incitent « à ne pas douter, à ne pas parler à des étrangers, à rester assez docile et enfermé dans l’organisation et à ne pas faire confiance à vos sentiments parce qu’ils ne sont pas fiables, alors que la Bible est fiable ». Pour elle un podcast comme IWATF est salutaire car il permet à ses auditeurs de se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls.


(Source : Vice, 07.04.2022)

Hillsong : démission d’un dirigeant fondateur

Brian Houston, pasteur principal et cofondateur avec son épouse de la megachurch évangélique Hillsong, a démissionné de son poste. Il a fait l’objet de poursuites pour des comportements déplacés envers des femmes. C’est par un communiqué du groupe que la nouvelle a été annoncée.

L’ex-pasteur faisait l’objet de plaintes de la part de deux femmes : l’une pour des messages inappropriés reçus de Brian Houston et l’autre parce qu’il avait pénétré dans sa chambre. Hillsong semblait avoir dans un premier temps minimisé les faits qui auraient eu lieu « sous l’influence de somnifères » et pour les seconds d’anxiolytiques couplés à la prise d’alcool. Brian Houston était déjà poursuivi par la justice australienne depuis 2021 pour avoir dissimulé des faits d’abus sexuels commis par son père -également pasteur- envers un jeune homme.

Dans un second communiqué l’Eglise annonce qu’elle va procéder à un « examen indépendant » de « la structure » et des « processus de gouvernance », consciente que « le changement est nécessaire ».  

(Source : La Croix, 24.03.2022)

Lire l’ensemble des articles sur Hillsong sur le site de l’Unadfi : https://www.unadfi.org/mot-clef/hillsong/

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