La figure de proue du complotisme suisse accusé de violence par trois de ses enfants

Trois des onze enfants d’Ivo Sasek1 ont révélé, dans un documentaire en deux parties diffusées sur la chaîne Suisse SRF, avoir subi pendant de nombreuses années des châtiments corporels et des maltraitances psychologiques.

Fondateur du groupe chrétien Organische Christus-Generation (Génération du Christ Organique), Ivo Sasek est surtout connu pour être à l’origine de la chaîne complotiste Kla Tv, une référence dans le milieu.

Appartenant au milieu de la droite conservatrice, l’homme entend lutter contre la corruption des politiciens et les mensonges des médias. Pour lui et ses 2000 disciples, tout le monde est sous le joug de Satan.

Dans ses vidéos, il a toujours donné l’image d’une famille harmonieuse. Pourtant trois de ses fils qui ont fui le groupe donnent une tout autre image de leur vie hors caméra.

L’aîné Simon raconte les châtiments corporels qu’il a subis dès l’âge de deux ans. Son éducation est aussi passée par la lecture de Mein Kampf considéré par son père comme venant juste après la Bible. Il lui a fallu beaucoup de temps pour comprendre que cela n’était pas normal, mais quand il a questionné ses parents ceux-ci ont mis ses interrogations sur le compte « de forces démoniaques qui se seraient emparées de lui ». Pour les chasser il raconte avoir été frappé par toute sa famille.

A bout, en 2016 il quitte le groupe. Et depuis, tous les membres du groupe, même ses proches, ont rompu avec lui car Ivo Sasek interdit d’avoir des relations avec ceux qui s’en vont. Après le départ de son fils il a enjoint les membres de sa communauté à ne « plus être en contact avec Simon pas même par un seul cheveu, car à chaque contact, le levain de la mort, du mensonge et de la destruction commence à faire des ravages.»

Simon et ses frères n’ont pas été les seuls à souffrir dans le groupe. Hanna B, une ancienne membre, a elle aussi été maltraitée par ses parents. Comme Simon elle a été reniée par sa famille et le groupe lorsqu’elle en est partie à l’âge de seize ans. Selon eux, elle aurait été sous l’emprise de Satan. Cependant, depuis son départ, sa mère et ses trois sœurs seraient elles aussi parties. Interrogée dans le documentaire, sa mère a confirmé les maltraitances sur sa fille et les regrette amèrement. 

(Source : Blick, 22.04.2022)

  1. Pour en savoir plus sur Ivo Sasek lire sur le site de l’Unadfi : L’ésotérisme new age cheval de Troie de l’extrême droite ? https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/lesoterisme-new-age-cheval-de-troie-de-lextreme-droite

Deux responsables reconnus coupables

Nachman Helbrans et Mayer Rosner, deux membres de Lev Tahor, ont été reconnus par le tribunal fédéral de New York coupables d’enlèvement d’enfants et exploitation sexuelle sur l’un d’entre eux. Ils risquent une peine minimale de 10 ans pouvant aller jusqu’à la perpétuité.

En 2018, une mère craignant pour la sécurité de ses deux enfants (une jeune fille de 14 et son petit frère) au sein de Lev Tahor a fui le Guatemala où était installé le groupe pour New York. En 2017, la jeune fille âgée de 13 ans avait été mariée par les dirigeants à un homme du groupe âgé de 19 ans. Un tribunal américain a accordé à la mère la garde exclusive de ses enfants et a interdit à leur père encore membre du groupe d’entrer en relation avec eux. A la fin de l’année 2018, Nachman Helbrans et Mayer Rosner avaient élaboré un plan afin d’enlever la jeune fille et son frère, leur faisant passer la frontière américaine illégalement afin de les emmener au Mexique.

Lev Tahor adopte un mode de vie traditionnaliste mais pour cet enlèvement ils avaient utilisé des moyens modernes (téléphone portable, application cryptée, faux passeports). Les enfants avaient été retrouvé dans un hôtel au Mexique.

La peine sera prononcée ultérieurement.  

(Sources : Times of Israel, 11.11.2021 & National Post, 12.11.2021)

Trois ans de prison avec sursis pour le fondateur de l’Angélus

L’abbé Spinoza a été condamné à trois ans de prison avec sursis pour violence et maltraitance sur des élèves de l’Angélus, un établissement scolaire hors contrat qu’il avait fondé en 2010. Il a, en outre, été reconnu coupable de travail dissimulé par le tribunal correctionnel de Bourges.

Sous le patronage du Bon Pasteur, l’école ouverte à Presly dans le Cher accueillait une centaine d’élèves de la primaire à la terminale, jusqu’à sa mise sous scellée par la préfecture en juin 2017.

L’affaire a éclaté en 2017, après qu’une famille et des enseignants, anciens membres de l’Angélus ont dénoncé des faits de violences auprès de la direction de l’Académie. Les enquêteurs avaient rassemblé une cinquantaine de témoignages d’élèves, dont une vingtaine ont relaté des faits de violences et « deux ou trois » des agressions sexuelles. Ils avaient dénoncé des coups de poing, des gifles, des privations de nourriture (de la nourriture périmée avait été retrouvée lors des perquisitions), l’absence de chauffage ou l’obligation d’effectuer des tâches ménagères pour lesquelles aucun personnel n’était employé.

Finalement deux familles et l’association La Voix de l’enfant se sont portées parties civiles contre l’abbé, décrit par le substitut du procureur de Bourges comme un gourou qui aurait institutionnalisé la violence et organisé la terreur. Il n’a présenté aucune excuse aux victimes présentes.

Le parquet avait requis à l’encontre de l’abbé une peine de trois ans de prison, dont un ferme mais la cour n’ayant pas retenu «  le caractère habituel des violences », il écope d’une peine avec sursis. Cependant le parquet a été suivi dans ses autres réquisitions et l’ecclésiastique n’a plus le droit d’enseigner ni de pratiquer des « activités rémunérées ou bénévoles au contact de mineurs pour une durée de dix ans ». Il a en outre, été condamné à verser un euro symbolique à l’association La Voix de l’enfant, et 20 000 € de dommages et intérêts aux autres plaignants.

Concernant les accusations de travail dissimulé, l’abbé Spinoza a été condamné à dédommager l’Urssaf Centre-Val de Loire à hauteur de 101 371 € pour les cotisations sociales non versées entre 2014 et 2017. A l’époque des faits, le prêtre avait fait rédiger une convention de bénévolat par un avocat pour se couvrir – ce dernier était partie civile au procès. Plusieurs bénévoles étaient payés 15 euros de l’heure en liquide, tandis que des enseignants et des surveillants bénéficiaient d’avantages en nature.

Deux autres prévenus, eux aussi accusés de violence, ont écopé de peines plus légères. 

(Source : La Croix, 24.11.2021)

Pour en savoir plus sur l’affaire lire sur le site de l’Unadfi : Perquisition dans une école hors contrat du Cher  https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/education-periscolaire-et-culture/perquisition-dans-une-ecole-hors-contrat-du-cher/

Une jeunesse au sein de Lev Tahor

Ex-adepte de Lev Tahor, Mendy Levy a raconté à Insider sa vie sous contrôle au sein du groupe. Il a fui le groupe à l’âge de 15 ans et tente maintenant de construire une nouvelle vie.

L’ex-adepte raconte le contrôle total des dirigeants du groupe sur les adeptes. Il raconte comment une femme allergique aux graines de sésame est décédée après avoir été forcée à en manger. Aucun médecin n’a été appelé, pour qu’elle guérisse il fallait faire confiance au rabbin. Selon lui, la mort était la conséquence d’un manque de foi en lui.

Les adeptes n’ont pas le droit de consulter un médecin ou d’aller à l’hôpital sans la permission du rabbin. Les dirigeants ne veulent pas que leurs adeptes côtoient le monde extérieur.

Mendy Levy décrit le déroulement des journées régulé par le groupe et surtout les volontés du rabbin : prière tous les matins à 5h30 avec immersion dans l’eau, il passe la journée à étudier et connaitre par cœur les textes du groupe, tous les autres textes religieux étant bannis. Aucune éducation n’est donnée aux enfants du groupe. Mendy Levy ne connaissait par le mot «  science » et ne parlait quasiment pas anglais. Ils ont encore moins accès aux distractions et aux loisirs.

Selon ce témoignage il y aurait environ 15 dirigeants qui contrôlent l’intégralité de la communauté (environ 300 personnes). Les enfants sont maltraités physiquement et psychologiquement, de nombreuses punitions leurs sont infligées. Lorsqu’ils sont battus, ils doivent embrasser la main et remercier celui qui vient de les frapper. Les liens d’amour entre parents et enfants sont inexistants. Cela permet aux leaders d’être les seuls référents d’autorité.

A sa sortie, Mendy Levy a témoigné de sa vie au sein du groupe auprès des autorités et a notamment alerté sur le fait que de nombreuses personnes au sein du groupe pensent au suicide, exaspérés de subir des tortures. Lui-même a pensé se suicider et avoue avoir fait une dépression. Petit à petit, il a alors élaboré un plan pour pouvoir fuir. A ce moment-là, alors qu’il est âgé de 15 ans, on souhaite qu’il se marie avec une fille de 12 ans. Il donne son accord au rabbin mais commence à secrètement planifier sa fuite. Il se rend en secret à l’ambassade du Canada au Guatemala et après l’obtention de son passeport il s’envole quelques mois plus tard pour le Canada ou il est accueilli par les services de la protection de l’enfance.

Il lui a fallu beaucoup de temps pour s’habituer à la vie en dehors de Lev Tahor. Il a dû apprendre la langue mais aussi suivre une thérapie et obtenir le soutien de nombreuses personnes.  

(Source : Insisder, 07.11.2021)

Un ancien Témoin de Jéhovah condamné à sept ans de prison

Un liégeois de 82 ans a été condamné à une peine de sept ans de prison par le tribunal correctionnel de Liège pour viols, attentats à la pudeur et débauche envers ses deux petites filles âgées de quatre et neufs ans au moment des faits.

Le récit des fillettes qui ont subi les agressions de leur grand-père entre juillet et août 2018, a été considéré comme hautement crédible par un expert du tribunal. Outre des agressions sexuelles, l’homme avait montré des vidéos et des dessins pornographiques aux enfants pour « faire leur éducation sexuelle », selon ses propres mots.

Témoin de Jéhovah au moment des faits, il a depuis été exclu de la communauté.

L’expert considérant qu’il s’agit d’une personnalité manipulatrice d’une grande perversité et le risque de récidive étant élevé, le tribunal a plaidé son arrestation immédiate en dépit de son âge avancé. 

(Source : La Dernière heure, 19.11.2021)

Victimes d’abus sexuels au sein des Témoins de Jéhovah

Parallèlement à la sortie du rapport d’enquête de la Commission indépendante sur les abus sexuel sur enfant (Independent Inquiry into Child Sexual Abuse- IICSA) menée dans plusieurs communautés religieuses anglaises et galloises, plusieurs anciens Témoins de Jéhovah, victimes d’abus sexuels au sein de leur congrégation pendant leur enfance, ont pris la parole dans le journal Sky News pour dénoncer la politique de la communauté sur ce sujet. Lire la suite

Nouveau rapport alarmant sur les abus sur mineurs dans les institutions religieuses

Le dernier rapport1 rendu début septembre par l’Independent Inquiry into Child Sexual Abuse (IICSA) a relevé que le blâme des victimes, l’abus de pouvoir et la méfiance à l’égard de l’autorité sont courants dans un large éventail de congrégations religieuses. Lire la suite

Les enfants de sectes : maltraitances et abus sexuels

Sonya Jougla est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Elle accompagne depuis plus de 40 ans des victimes de sectes, enfants et familles. Auteure et formatrice, elle est intervenue en commission parlementaire, sur des chaînes radio ou TV, et dans des colloques, en particulier à la Fédération Européenne des Centres de Recherche et d’Information sur le Sectarisme (Fecris). Elle a co-créé et coordonné jusqu’en 2018, le diplôme universitaire de Paris Descartes « Emprise sectaire, processus de vulnérabilité et enjeux éthiques ». Lire la suite