Procès de la fondatrice du groupe de prière « Amour et Miséricorde »

Une femme gourou, Eliane Deschamps, 67 ans, fondatrice en 1999 de la secte présumée « Amour et Miséricorde», est jugée pour abus de faiblesse au tribunal judiciaire de Dijon. Elle prétend avoir vu et entendu la vierge et incarner un renouveau charismatique, enrôlant sous sa coupe des adeptes dans toute la France.

Elle se faisait appeler « la servante » ou « la voyante ». Après vingt ans de procédure, elle est jugée pour abus de faiblesse avec un autre membre de sa communauté, Daniel Delestrac, 75 ans, son « bras droit », ancien membre de l’Eglise de Scientologie. Ils sont accusés d’emprise et de comportements constitutifs de dérives sectaires.

Cette longue saga judiciaire témoigne des difficultés à caractériser ce type d’infraction. Marie Drilhon, vice-présidente de l’UNADFI, explique que « ce sont des dossiers compliqués à judiciariser parce qu’établir la preuve de l’emprise mentale sur des personnes majeures reste complexe.  Ce sont des groupes fermés, il n’y a pas de témoin direct, pas de traces pouvant caractériser l’abus de faiblesse ».

Dans ce procès, une douzaine de personnes, des anciens membres ou leurs proches, se portent partie civile.

Dès 2002, l’archevêque de Dijon avait interdit à la prévenue de faire du prosélytisme autour de ses supposées « apparitions ». En 2008, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) avait alerté sur « une structure non reconnue par l’Eglise et un groupe soumis à l’autorité de sa  » voyante  » qui tend à se refermer sur lui-même. » Des premières plaintes sont alors déposées mais aboutissent à un non-lieu. Après de nombreuses nouvelles plaintes, une information judiciaire est de nouveau ouverte en 2014. Interpellée sur les rebondissements de cette affaire, la Miviludes reconnait des comportements constitutifs de dérives sectaires.

Les trois axes judiciaires du procès concernent l’abus de faiblesse, l’abus de confiance et l’extorsion de fonds. Selon l’accusation, la prévenue a enfermé les membres de sa secte dans une « prison spirituelle ». Jérémy Demay, journaliste indépendant, auteur d’un ouvrage sur l’affaire, pointe également les dérives d’ordre financier, montrant que les membres de la communauté sont incités à céder leurs biens et à verser des pensions conséquentes. Des soupçons de détournement d’héritage ont aussi fait l’objet de discussions lors du procès.

Les prévenus étaient passibles de cinq ans d’emprisonnement et 750 000 Euros d’amende. L’état de santé d’Eliane Deschamps ayant été jugé peu compatible avec un emprisonnement, un an de prison avec sursis a été requis au final. (Sources : Le Figaro, 23.11.2021 & TV5Monde, 23.11.2021 & 20 Minutes, 22.11.2021 & France Bleu Bourgogne, 22.11.2021 & Le Parisien, 22.11.2021)

La bonne santé des dérives sectaires

Pascale Duval, porte-parole de l’Unadfi, et Stéphane François, professeur de science politique à l’université de Mons, ont été invités par France Culture à l’émission Sous les radars consacrée aux dérives sectaires dans le champ de la santé et du bien-être, des domaines que beaucoup pourraient penser sans risques.

En recherche de solutions naturelles pour faire face au virus ou en quête de sens, l’intérêt des Français pour des offres de soins ou de bien-être s’est accru depuis le début de la pandémie, certains d’entre eux se retrouvant dans les griffes de praticiens peu scrupuleux.

Prenant racine dans le New Age, une idéologie apparue à la fin du XIXe siècle, ces pratiques amènent une défiance envers la science et la médecine, qui n’est pas sans poser des problèmes à la collectivité, en particulier en ce qui concerne le refus de vaccination.

Interrogés par la journaliste  Nora Hamadi, Pascale Duval et Stéphane François se sont attachés à expliquer comment ces pratiques peuvent conduire à des dérives sectaires et quelles solutions peuvent être envisagées pour y faire face.

(Source : France Culture, 06.11.2021)

Ecouter le podcast : https://www.franceculture.fr/emissions/sous-les-radars/la-bonne-sante-des-derives-sectaires

Dérives sectaires : Ces nouveaux mouvements qui surfent sur la pandémie,

Marie Drilhon, présidente de l’Association de Défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes (ADFI) Yvelines, membre du bureau de l’UNADFI, a été l’invitée de l’émission 7 milliards de voisins sur RFI.

Aux côtés des journalistes Timothée de Rauglaudre et Jean-Loup Adenor, elle s’est exprimée sur l’évolution des dérives sectaires depuis le début de la pandémie. Outre un accroissement des signalements – la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Mivuldes) en a noté en 2020 40% de plus qu’en 2015 – les intervenants pointent les secteurs de prédilection des nouveaux gourous, en particulier le bien-être.

L’émission a également donné la parole à Enzo, un ancien Témoins de Jéhovah âgé de 21 ans qui a raconté son endoctrinement par le groupe.

(Source : RFI, 22.11.2021)

Ecouter le podcast : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/7-milliards-de-voisins/20211122-d%C3%A9rives-sectaires-ces-nouveaux-mouvements-qui-surfent-sur-la-pand%C3%A9mie

Des communautés complotistes sur le point de voir le jour

Nées sur internet à la faveur de la crise sanitaire, plusieurs communautés conspirationnistes, ayant pour ennemis communs la vaccination anti-Covid et la politique sanitaire du gouvernement, cherchent désormais à se regrouper physiquement dans des lieux reculés pour vivre autour d’idéaux communs.

Rejetant les autorités, leurs membres aspirent à fonder une société différente, plus proche de la nature. Pour One Nation, il s’agit de « démarrer un nouveau monde », « de se ressaisir sereinement de son pouvoir personnel et refuser toute autorité illégitime », tandis que pour Réinfocovid l’idée est davantage de se replier pour échapper à la « dictature sanitaire ». Si Louis Fouché affirme qu’il n’existe aucun projet communautaire l’impliquant, le journal Le Monde avait cependant signalé l’intention de membres du collectif de s’installer dans l’Aveyron.

Ce « conspirationnisme totalement assumé », se diffuse « des ‘antivax’ aux complotistes New Age cherchant à vivre en autonomie, en passant par les survivalistes », constate le chercheur en psychologie sociale Sylvain Delouvé.

Ce type de communauté attire de plus en plus l’attention de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui a reçu 28 saisines au sujet d’écovillages en 2021, dont 9 sur One Nation. Mais « si ces groupes sont profondément conspirationnistes, ils ne s’inscrivent pas « à ce stade dans la dérive sectaire », explique Christian Gravel, Secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) et président de la Miviludes.

Cependant constate Pascale Duval, porte-parole de l’Unadfi, il y a chez les adeptes de ces communautés, inspirées par des idées new age « un besoin de fuir notre société pour recréer la leur. Avant, elle existait de façon virtuelle. Aujourd’hui, ils sont en train de la matérialiser ». 

(Source : Blue Win, 21.11.2021)

La pandémie suscite un regain d’intérêt pour l’ésotérisme

« Coming out spirituel » pour certains, aide pour affronter des temps incertains pour d’autres, les pratiques ésotériques n’ont jamais eu autant de succès que depuis le début de la pandémie. Selon un sondage Ifop paru dans Elle, 58% des français croient aujourd’hui en une « parascience ».

Le Midi Libre qui s’est penché sur l’évolution du phénomène dans sa région, note une croissance économique importante liée à ce domaine. Les médiums, les astrologues, ont vu une nette augmentation de leur clientèle et plusieurs boutiques ésotériques ont ouvert. Quant aux librairies généralistes, elles s’y mettent aussi en offrant des rayons spécialisés. Selon le Syndicat national de l’édition, le chiffre d’affaires des éditeurs de ce secteur a augmenté de 13% en 2020.

Le sujet n’est plus considéré comme farfelu ou tabou et un nouveau public en quête de sens ou amené par des influenceurs web n’hésite plus à faire appel à des praticiens.

Cependant, commente Pascale Duval, porte-parole de l’Unadfi, le phénomène n’est pas nouveau, mais il touche désormais un public plus large. « On a toujours eu dans l’Histoire un engouement pour l’irrationnel après chaque grande crise » explique-t-elle. Prévenant que ces pratiques peuvent conduire à un embrigadement sectaire, elle souligne que l’endoctrinement est progressif. Selon elle « plus on accepte l’irrationnel et plus on s’ouvre à d’autres choses incroyables ». Elle ajoute qu’il faut s’inquiéter lorsque l’adepte change et que ses « croyances occupent une place exclusive dans sa vie ».  

(Source : Le Midi Libre, 02.11.2021)

L’enquête sur Thierry Casasnovas aux mains d’un juge

Le Parquet de Perpignan a saisi un juge et ouvert une information judiciaire dans l’affaire Thierry Casasnovas, sur la base d’aux moins trois motifs différents : abus de faiblesse, pratiques commerciales trompeuses et exercice illégal de la profession de médecin. Le gourou du cru avait fait l’objet de plus d’une centaine de signalements et de témoignages de personnes ayant vu leur état de santé se détériorer après avoir suivi ses conseils. Lire la suite

Pourquoi l’Occitanie attire-elle les groupes complotistes ?

La survenue de la pandémie a dévoilé au grand jour le phénomène complotiste et en a accéléré l’expansion. Essentiellement actifs sur internet, certains groupes se sont organisés physiquement, à l’image de One Nation ou de RéinfoCovid qui ont choisi de s’installer en Occitanie. Lire la suite

Quand le complotisme entraine des ruptures familiales

Si la pandémie a créé une chambre d’écho parfaite pour les théories du complot, ces dernières ont aussi entrainé des ruptures au sein de familles. Éclairé par l’analyse de l’Unadfi, France 24 a recueilli le témoignage d’individus touchés par ce phénomène et montre en quoi cette problématique est proche de l’emprise sectaire. Lire la suite