L’Unadfi sur RCF

Marie Drilhon, vice-président de l’Unadfi, est intervenue dans une émission de RCF au côté de Charline Delporte présidente du Centre national d’Accompagnement Familial Face à l’Emprise Sectaire (Caffes). Elles ont abordé différents sujets dont l’emprise mentale, la souffrance des victimes et des proches ainsi que les liens entre dérive sectaire et complotisme.

Marie Drilhon constate que la pandémie a fait émerger publiquement le complotisme et par conséquent on a pu observer que les processus sont similaires avec ceux du phénomène sectaire, notamment en ce qui concerne les ruptures préjudiciables. Les deux militantes font aussi le constat que lorsqu’une dérive sectaire s’immisce dans un foyer, la victime mais aussi les proches souffrent. Pour Marie Drilhon, les proches sont des victimes à part entière et il faut prendre leur souffrance au sérieux. Elle propose d’élargir la notion de victimes et rappelle que parfois les membres d’un mouvement sectaire sont heureux dans leurs mouvements et ne réalisent pas qu’ils sont sous emprise alors que leurs proches souffrent des ruptures induites. Ces proches jouent un rôle important car ce sont souvent eux qui décèlent une problématique sectaire et assurent une aide primordiale notamment en maintenant le lien avec la personne sous emprise.  

(Source : RCF, 16.03.2021)

Pour écouter le podcast de l’émission : https://rcf.fr/articles/culture-et-societe/derives-sectaires-que-faire-face-a-la-manipulation-mentale-dun-proche

Les dérives sectaires n’épargnent pas la Dordogne  

Dominique Poumeyrol, président de l’antenne de l’Association de Défense des Familles et de l’Individu Victimes de sectes (Adfi) de Dordogne, ne désarme pas. Lui qui s’investit depuis longtemps auprès des victimes de dérives sectaires, traite chaque année une dizaine de dossiers.

Tout le monde peut être confronté à une secte explique Dominique Poumeyrol. La recherche du bien-être ou de solutions pour se soigner, la volonté de s’investir dans une cause, sont autant de raisons d’entrer dans une secte.

Depuis le début de la pandémie, il constate une évolution des demandes et s’inquiète quant aux dérives concernant le domaine de la santé. Il y a quelques années déjà, il avait aidé les victimes d’un thérapeute qui a finalement été condamné en 2020 à 18 mois de prison pour abus de faiblesse1.

Aujourd’hui c’est une entreprise née en Dordogne, mais dont le rayonnement est national, qui inquiète Dominique Poumeyrol. Science of Eden, dont l’une des dirigeantes était kinésithérapeute, diffuse les théories du russe Grigori Grabovoï, inventeur du PRK-1U, un appareil censé ressusciter les morts. Grigori Grabovoï a été condamné dans son pays pour avoir fait croire à des mères, dont les enfants étaient morts dans la tuerie survenue à Beslan en 2004, qu’il allait pouvoir les faire revenir à la vie. En dépit de sa condamnation il attire des adeptes du monde entier. En France, Science of Eden aurait une centaine de personnes à son service. Pour vendre l’appareil de Grabovoï, ces dernières organisent des conférences dont l’entrée coûte 100 euros. Le PRK-1U est vendu 10 000 euros. Pour ceux qui ne peuvent pas investir de telles sommes, l’entreprise propose d’autres produits : séminaires, vidéos et surtout des séries de chiffres à réciter pour guérir de diverses pathologies.

Dominique Poumeyrol s’inquiète aussi de la présence d’un groupe templier qui prétend vouloir « se battre pour la chrétienté » et d’une église évangélique dont plusieurs membres auraient été abusés sexuellement. L’une des victimes reçues par Dominique Poumeyrol n’a pas voulu porter plainte. 

(Source : Sud-Ouest, 22.02.2022)

  1. Lire sur le site de l’Unadfi : Condamnation du thérapeute énergéticien : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/condamnation-du-therapeute-energeticien/

Parler à un proche complotiste

Ce témoignage est celui d’une femme américaine qui ne sait plus comment aborder son frère devenu l’archétype du complotiste moderne : antivax notoire, imprégné de diverses théories conspirationnistes plus loufoques les unes que les autres, et dont le nombre de followers sur les réseaux atteint maintenant 12 500.

Elle nous livre ses tiraillements sur l’attitude à adopter face à lui. Une partie d’elle-même s’inquiète et veut sauver son frère, une autre a envie de rire tant les fake news ou théories relayées sont grotesques. Une autre encore s’apprête à lui claquer la porte au nez tant les conséquences de tels discours paraissent graves et intolérables. Elle craint que des réponses froides et rationnelles face aux vidéos que lui envoie son frère n’aient aucun impact, voire même qu’il se radicalise encore davantage. Elle compare la fracture progressive qui divise sa famille à celle que la société américaine connaît actuellement. 

Selon elle, et comme l’a théorisé le professeur agrégé de psychiatrie Frank Yeomans, il existe des personnalités « narcissiques malignes » qui répandent des théories du complot dans les « esprits captifs » de leurs partisans et prennent plaisir à s’autoglorifier tout en détruisant les autres. Des profils comme Hitler font appel à une masse de gens dont le sentiment d’impuissance est fort. Ces dirigeants catalysent puis militarisent des espoirs, des croyances. Puis ils s’en prennent à la personne ou au groupe désigné comme responsable de tous les maux de la société. F. Yeomans pense que Donald Trump réunit les caractéristiques de ce type de personnalité.

Ce genre de personne s’appuie dans un second temps sur des intermédiaires qui propagent les théories du complot (entreprises, politiciens, célébrités), prêts à justifier toutes les actions du narcissique malin pour conserver leur pouvoir.

Enfin, une troisième catégorie de complotistes se dessine, des gens comme le frère de l’auteure, qui essaient de donner un sens au monde et à leur vie. Les informations conspirationnistes les y aident. La théorie de la dissonance cognitive (attribuée au psychologue Leon Festinger) permet également de comprendre comment l’esprit humain est capable d’extraordinaires efforts pour rechercher une cohérence psychologique interne face à des idées opposées.

La journaliste conclut son article sur la nécessité de maintenir un lien avec ces personnes et de conjuguer sagesse et compassion dans le rapport entretenu.   (Source : Huffington Post, 21.01.2022)

En Espagne les sectes sont aussi très actives  

Luis Santamaría del Río, ancien prêtre, diplômé en théologie, membre du Réseau ibéro-américain pour l’étude des sectes (RIES), a été interrogé par le journal El Dia sur l’évolution du phénomène sectaire en Espagne.

Etudiant le sujet depuis 23 ans, il observe un développement et une diversification des mouvements sectaires favorisés par les nouvelles technologies qui leur ont permis de se rapprocher de leurs victimes.

Les sectes n’investissent pas que le champ du religieux, mais aussi celui du bien-être, de la santé, de l’éducation, de la philosophie…

Certaines ont été repérées au sein même des universités où elles ciblent des personnes avec un haut niveau intellectuel et qu’elles attirent en leur proposant un savoir exclusif, souvent lié à la sphère ésotéro-occultiste.

En ce qui concerne le domaine de l’éducation, il alerte sur les Ecoles Steiner qui attirent le public en proposant une pédagogie alternative. Mais il déplore que soit caché aux parents que cette pédagogie repose sur les préceptes de l’Anthroposophie, une doctrine spirituelle élaborée par l’ésotériste Rudolf Steiner. Pour Luis Santamaría del Río cela expose les élèves « au risque d’être plus vulnérables aux discours magiques, ésotériques et pseudoscientifiques à l’avenir ».

« La tromperie, la dissimulation et le leurre sont fondamentaux pour voir s’il s’agit ou non d’une secte » explique le spécialiste qui donne l’exemple d’un ex-adepte de la Nouvelle Acropole qu’il a suivi. Inscrit au départ à des cours de philosophie, il avait fini par saluer les responsables du groupe le bras droit levé.

Se prémunir contre les sectes n’est pas facile, mais certains points doivent alerter comme ce qui est « présenté comme une solution à tout et qui porte des noms pompeux ». « Plus la solution à un problème est simple, plus il faut se méfier » explique-t-il.

Si le passage dans une secte est dangereux à tout âge, il l’est particulièrement pour les enfants nés dans le groupe qui voient leur personnalité façonnée par la secte. N’ayant connu qu’un environnement sectaire, il leur est très difficile de se reconstruire quand ils en sortent. Plus généralement, les sortants de sectes ont besoin du support de professionnels pour les aider à passer le cap de la déception et du sentiment de honte qui les habitent souvent. Se « sentir trompés dans quelque chose d’aussi fondamental que le sens de la vie » est difficile à admettre et il existe peu de recours judiciaires contre cela car on entre dans le champ de la liberté de conviction. La seule solution pour obtenir réparation explique Luis Santamaría del Río est de prouver l’existence de délits et de crimes.

Le spécialiste conclut son entretien avec El Dia en soulignant les attaques des mouvements sectaires qui accusent ceux qui aident les victimes d’être des inquisiteurs ou d’exagérer les problèmes pour paraître dans la presse. Pourtant, constate Luis Santamaría del Río, les plaintes des victimes et de leurs familles ne cessent d’affluer.

(Source : El Dia, 02.01.2022)

Des victimes d’abus sexuels chez les Témoins de Jéhovah dénoncent l’omerta de l’organisation

Au cours d’une enquête de plusieurs semaines sur les abus sexuels au sein des congrégations Témoins de Jéhovah, le journal Néonmag a pu mener un début de recensement du nombre de victimes présumées en France et en a déjà dénombré 47. Le journal a donné la parole à plusieurs victimes et explique les raisons pour lesquelles très peu d’entre elles dénoncent les abus subis. Lire la suite

Nouvelle plainte contre le naturopathe Miguel Barthéléry

Miguel Barthéléry, naturopathe exerçant à Paris et à Cachan, comparaissait vendredi 10 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour exercice illégal de la médecine, suite au décès d’un de ses patients en 2019. Alors que le procès s’ouvrait, une deuxième famille s’est jointe à la procédure contre le praticien, l’estimant responsable du décès de sa fille quadragénaire en 2018. Lire la suite

Enfants des sectes : la vie d ’après

« N’oublions jamais que ce qui choque le plus profondément la victime, n’est pas tant la cruauté de l’oppresseur, que le silence du spectateur. »

Cette citation d’Elie Wiesel (lauréat du prix Nobel de la paix en 1986) sera notre devise pour ces prochains mois. En effet, cet article est le premier d’une série de quatre consacrés aux sortants de secte ayant passé leur enfance dans un mouvement sectaire. Les paroles de ces enfants, victimes oubliées ou ignorées, ne deviennent audibles que lorsqu’ils sortent du mouvement, souvent lorsqu’ils sont devenus des adultes et qu’il est parfois trop tard. À travers de nombreux témoignages, nous leur cédons la parole qui ne peut qu’inciter à ne pas être un spectateur silencieux…

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Le Midi-Libre enquête sur les dérives sectaires en Occitanie

Boostés par la crise sanitaire, gourous et pseudo thérapeutes se sont répandus sur internet, touchant un public toujours plus nombreux. Originaires du Sud-Ouest, certains se sont particulièrement fait remarquer depuis un an. Outre un retour sur l’affaire Thierry Casasnovas, le Midi Libre dresse un panorama du phénomène sectaire en Occitanie dans une longue enquête publiée en ligne. Lire la suite

Des familles détruites

Plusieurs ex-adeptes des Frères de Plymouth (aussi appelé Frères Exclusifs) ont témoigné de la manière dont le groupe brise des familles, isole et exerce une emprise sur ses fidèles. Le groupe a régulièrement recours à des détectives privés ou à des avocats pour contrer les personnes critiques vis-à-vis de l’organisation. En outre l’organisation par son statut bénéficie d’importants avantages en termes de fiscalité. Lire la suite