QAnon veut croire aux « medbed » magiques

Au sein de la mouvance d’extrême droite QAnon, une théorie du complot est en train de gagner en popularité : celle de l’existence de « medbeds ».

L’arrivée de ce dispositif est très attendue. Ces lits médicalisés seraient capables de guérir les cancers les plus graves, de faire repousser les membres et même d’inverser le cours du vieillissement. Un groupe QAnon basé à Dallas est persuadé que c’est grâce aux pouvoirs curatifs de ces lits médicalisés miraculeux que John F. Kennedy est toujours vivant et a pu rester jeune. 

Romania Didulo, une leader conspirationniste proche du mouvement QAnon et se présentant comme la « Reine » du Canada, a aussi fait la promotion de ces lits médicalisés. En août dernier elle a publié un post promettant que ces appareils « seront rendus accessibles gratuitement pour tous les Canadiens. » YamatoQ, la frange japonaise de QAnon, a également embrassé cette théorie, et a même fabriqué sa propre version de l’appareil avec des fils de cuivre.

Les adeptes de cette théorie croient en des prophéties. La première dit que Trump connaît l’existence de ces lits et les rendra bientôt accessibles au public. La deuxième concerne les grandes compagnies pharmaceutiques, qui seraient vouées à complètement disparaître d’ici très peu de temps.

Des entrepreneurs profitent de ces croyances

Une société du nom de Tesla Biohealing, basée dans le Delaware, propose d’ores et déjà à la vente ce qu’elle appelle des « Générateurs MedBed ». Si la société se distancie des théories complotistes de QAnon, elle s’adresse néanmoins à ses défenseurs. Une certaine Julie, vendeuse pour Tesla Biohealing, a vanté les mérites des produits de la société dans un message posté dans une discussion QAnon sur le réseau Telegram : « pour votre information, mon époux utilise un ‘Générateur Medbed’ et un ‘Biohealer Tesla’ pour traiter ses tumeurs de la glande salivaire agressives et inopérables. Cette technologie est d’un très grand soutien. » Tesla Biohealing attribue sa technologie à James Liu, médecin et président de cette société. Par le passé il a été accusé par la Federal Trade Commission (l’équivalent de la Direction générale de la Concurrence) de publicité mensongère alors qu’il proposait des traitements pour l’asthme. De plus, le précédent conseil d’administration de sa société avait émis une résolution l’accusant de sabotage, de contrefaçon, et d’avoir envoyé de l’argent appartenant à la société à sa petite amie d’Internet. Aujourd’hui, James Liu assure que des produits de Tesla Biohealing, des boîtes en métal à placer sous le matelas de son lit, peuvent mener le malade vers la guérison. Ces boîtes généreraient de l’énergie vitale qui aiderait à guérir les malades de « cancers en phase terminale » et ceux « paralysés depuis six mois après un AVC ». Pour les maladies les moins graves, l’entreprise conseille un « Biohealer pour adulte », au prix de 599 dollars. Pour les cancers sévères, elle conseille « deux Générateurs Medbed ou plus », qui coûtent  1999 dollars l’unité.

D’autres entreprises osent aller plus loin encore. Une entreprise suisse du nom de 90.10 est parvenue à acquérir le nom de domaine très convoité « medbed.com » et propose sur son site, vidéo à l’appui, l’accès pour le malade à une « énergie infinie » et la possibilité de « reprogrammer son ADN », le tout sans effets secondaires. L’entreprise ne vend ni ne livre aucun produit. Elle prétend pouvoir transformer à distance les lits de ses clients grâce à une technologie dont elle a déposé la marque : « Faster than Light Technology ». Cette technologie est censée « téléporter ou diffuser sans délai de l’énergie et des fréquences quantiques dans le corps humain. » Sur son site internet l’entreprise a publié des vidéos de prétendus clients qui affirment qu’en une seule nuit de sommeil leur lit aux pouvoirs augmentés était parvenu à réaligner leur colonne vertébrale, nettoyer leurs sinus, guérir des douleurs osseuses, leur révéler leur véritable but dans la vie. Le président de 90.10 a déclaré ne pas être au courant des théories conspirationnistes défendant l’existence des « medbed », ces lits médicaux guérisseurs. L’appellation « medbed » signifierait « meditation bed ». Selon lui, le système qu’il propose n’est pas de nature médicale, mais « a pour objectif d’acheminer de l’énergie quantique à l’intérieur du corps. » Cela pour la modique somme de 2 500 dollars.  

(Sources: Radio-Canada, 01.04.2022 & Times of Israël, 01.04.2022)

Un suicide collectif sur fond de complotisme?

Quatre français membres de la même famille sont morts après avoir sauté du balcon de leur domicile à Montreux. La police suisse s’oriente vers la thèse d’un suicide collectif avec en toile de fond un intérêt important de la famille pour les thèses complotistes et survivalistes.

Dans un communiqué, les autorités ont souligné que la famille manifestait depuis le début de la pandémie un intérêt pour les thèses complotistes et survivalistes. Les victimes avaient des pièces remplies de vivres, de médicaments et de packs d’eau. Les différents articles parus sur cette affaire ont permis de mettre à jour le profil des membres de la famille. On apprend que le matin du passage à l’acte, les gendarmes sont venus sonner car le père ne répondait pas aux sollicitations concernant la scolarisation à domicile de son fils de 15 ans. Personne n’a répondu mais il est possible que cette visite ait conduit à la décision de sauter. Les différentes recherches montrent que les adultes possédaient par ailleurs une situation stable.

Pour l’instant, les investigations n’ont pas démontré de liens avec une éventuelle mouvance sectaire. C’est dans cette région de Suisse romande qu’avait eu lieu le suicide collectif des membres de l’Ordre du temple solaire (OTS) dans les années 1990. Un potentiel lien avec l’OTS est minimisé par Manéli Farahmand, directrice du Centre intercantonal d’information sur les croyances de Genève (CIC) qui n’a pas constaté de développement particulier de tendances néo-templières dans la région. Pour Danièle Muller-Tulli, présidente de l’Association suisse pour la défense de la famille et de l’individu et présidente de la Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme (FECRIS) le complotisme dont parle la police peut s’apparenter à une dérive sectaire sur le fait qu’il pousse les individus à être en rupture avec la société. Il peut amener à effectuer des actes dangereux.  Selon Manéli Farahmand, le complotisme et le repli de la famille sur elle-même avec peu de socialisation ont pu jouer un rôle dans ce drame. Une autre piste peut être cependant envisagée. Le mode de vie survivaliste mais aussi le port d’une cape verte et les bains systématiques au milieu de la nuit peuvent s’apparenter à certaines croyances religieuses ou spirituelles. Cependant, cela semble pour le moment difficile à identifier. La directrice du CIC avance de manière prudente l’hypothèse d’un système de croyances composé de différents éléments doctrinaux couplé à une interprétation complotiste de la société. 

(Sources : Le Parisien, 26.03.2022 & Libération, 30.03.2022)

Le virage spirituel de l’un des complotistes les plus influents de France

Pour le dernier article de sa série sur le complotisme, le journal Nice Matin s’est penché sur le parcours de Laurent Gouyneau, l’une des figures du complotisme français, plus connu sur internet sous le nom de Laurent Freeman. Ce dernier s’est fait un nom sur la toile grâce au site Stop Mensonge qu’il a fondé en 2012.

Stop mensonge a été pendant de nombreuses années l’un des plus importants sites francophones relayant des théories du complot. Y figurait les théories conspirationnistes les plus connues comme celles sur les Illuminati, le 11 septembre 2001 ou le Nouvel ordre mondial… En 2018 il recevait près d’un million de visites par mois.

En 2019, un tournant spirituel s’opère, et le site est rebaptisé Lumière sur Gaïa. Lui aussi connaît un fort engouement sur la toile avec 450 000 visites par mois en 2020, mais il y est davantage question d’éveil et de méditation. Même si les théories complotistes y figurent encore, il propose surtout des « cours en miracles »1 et des ateliers spirituels via zoom auxquels il est possible d’accéder pour 12 euros. L’argent est reversé à l’association Bem Haja, une communauté centrée sur le bien-être et la quête de vérité installée au Portugal.

Lorsqu’il a lancé Stop mensonge en 2012, Laurent Freeman n’était pas un novice sur la toile : en 1997 déjà, il avait créé un site internet immobilier dont l’ambition était de toucher une vingtaine de pays. Ne trouvant pas d’investisseurs français, il s’était installé aux Etats-Unis. Durant la même période, il s’inscrit sur Meetup, une plateforme de réseautage social où il « étanche sa soif de savoir » et mène « une quête de vérité ». C’est peut-être là qu’il tombera dans le complotisme ?

On ne sait pas grand-chose sur son retour en France, mais après un court passage, en 2020, à Breil-sur-Roya (04), il rejoint le Portugal avec ses fidèles.

Interrogé par Nice Matin sur son parcours complotiste, celui qui clamait en 2016, dans le journal Society, être « un résistant au même titre que Dieudonné » et se réclamait des thèses du militant négationniste Robert Faurisson, explique dorénavant : « Je ne regarde pas les médias depuis bien longtemps et ne me sens concerné en rien de tout cela. »

Désormais, installé dans la vallée du Douro au Portugal où il a acquis deux terrains, le premier en octobre 2021 et le second en mars 2022, il guide les gens vers le « réveil de la conscience Christique ».

Dénommée Bem Haja la communauté ambitionne de devenir semi-autonome. Ses membres prévoient de construire des infrastructures pour recevoir des visiteurs, ainsi que des habitations pour les résidents permanents.

Le parcours de Laurent Freeman a amené Nice Matin à s’interroger sur la frontière entre complotisme et dérives sectaires. En effet, son projet rappelle celui de One Nation, observe Conspiracy Watch et pourrait s’inscrire dans la mouvance des Citoyens souverains dont l’objectif est de vivre en marge de l’Etat.

Depuis 2014, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) n’a reçu que trois saisines sur Laurent Freeman et son site.

Pour l’Union nationale des Associations de défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes (Unadfi) : « Chacun a le droit d’avoir ses croyances », toutefois « le problème c’est quand elles deviennent un danger pour le vivre-ensemble ». L’association note également une « convergence inquiétante entre marché du bien-être, crise sanitaire, théories du complot et dérives sectaires ». 

(Source : Nice Matin, 12.03.2022)

Lire sur le site de l’Unadfi : A Course in Miracle » une bible New Age : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/a-course-in-miracle-une-bible-new-age/

La Méditation de pleine conscience n’entrera pas à l’école

 Le 4 février la décision du ministère de l’Education nationale, concernant le projet d’expérimentation de la Méditation de pleine conscience (MPC) à l’école, est tombée. « Le ministère n’encourage pas sa pratique, ni ne met en place toute forme d’expérimentation ».

Le ministère a constaté que la MPC s’était introduite depuis plusieurs années dans les écoles sans qu’aucun cadre ne soit fixé ce qui a favorisé des interventions de plus en plus nombreuses de la part d’associations disparates. Inquiète pour « des mineurs sur lesquels l’instructeur peut facilement exercer un fort ascendant », le ministère exercera désormais des contrôles afin d’être sûr de « la neutralité politique et philosophique des interventions ».

Porté depuis deux ans par Gaël Le Bohec, député LREM d’Ille et Vilaine, et des structures promouvant la MPC, le projet avait pour objectif l’expérimentation à grande échelle de la MPC sur les élèves du CM1 à la 5e.

Inquiète de voir « une approche d’essence bouddhiste, curieusement présentée comme laïque », la Ligue des Droits de l’homme avait alerté le ministère sur ses dangers dans un communiqué publié 25 juin 20211.

Depuis les deux camps s’affrontent. Le 18 janvier la LDH, ainsi que plusieurs associations et syndicats enseignants, se sont associés pour interpeller le Ministre de l’Education nationale afin de mettre fin à « l’entrée massive » de cette technique « promue par un think-tank ésotérique américain, conglomérat des mouvances new age, anthroposophique ».

La réponse ne s’est pas fait attendre, le 1er février un collectif de chercheurs, favorables à la MPC, publiait une tribune dans Le Monde pour en défendre la pratique. Selon eux, elle réduirait les symptômes « de stress, d’anxiété, de dépression », aurait un rôle dans «  l’amélioration des compétences, de régulation des émotions », développerait la mémoire et pourrait même aider à réduire des inégalités à l’école.

Lorsque « j’entends que cela pourrait réduire les inégalités à l’école, je trouve que l’on n’est pas loin des promesses magiques faites dans les médecines alternatives où l’on prend un élément simple qui va résoudre tous les problème » s’insurge Stéphanie De Vanssay, conseillère nationale à l’Unsa Education, cosignataire de la lettre de la LDH.

Pour Marie Drilhon, vice-présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (UNADFI) qui a aussi signé la lettre de la LDH, « aller chercher en soi des ressources pour se sentir mieux, comme le veut cette méthode, pose un problème chez des enfants victimes de violences familiales : ne pouvant améliorer leur sort, ils risquent de culpabiliser ! »

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), quant à elle, pointe le risque « d’entrisme dans le cadre scolaire de coachs non-agréés par le rectorat et susceptibles de manipuler des enfants ».

Les signataires de la lettre de la LDH craignent aussi un « conditionnement avec perte d’esprit critique et assujettissement de l’individu ». Ils s’alarment également de possibles dérives sectaires et pointent des contre-indications médicales.

En ce qui concerne les contre-indications médicales, plusieurs études viennent corroborer les craintes. Jusqu’en 2015 aucune étude ne s’était intéressée aux effets indésirables de la méditation. Une équipe de chercheurs de l’Université de Coventry, au Royaume-Uni, a mené une méta-analyse portant sur 80 études sur la méditation. Publiés en 2020, les résultats ont montré que 8 % des méditants avaient ressentis au moins un effet délétère. Cette pratique est fortement déconseillée aux personnes dépressives. Les chercheurs ont noté aussi une augmentation de l’anxiété, même chez des personnes bien portantes. Le Dr Miguel Farias qui a dirigé l’étude a remarqué que la pratique pouvait faire revenir en mémoire des traumatismes.

En outre, Hugues Gascan, directeur de recherches au CNRS ajoute que « l’ensemble des méta-analyses montre une absence d’effets significatifs, voire des effets délétères à moyen terme ».

Même si Yann Mikaeloff, professeur des Universités-Praticien Hospitalier et neuropédiatre de la faculté de médecine Paris-Saclay, assure que la pratique est encadrée, ce n’est pas le cas pour tous les coachs qui la propose.

Le secteur du développement personnel ayant connu une forte croissance ces dernières années, « la pratique de méditation de pleine conscience constitue, donc, un angle d’attaque intéressant pour les entrepreneurs sectaires » assure Christian Gravel, président de la  Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Il précise, qu’entre 2018 et 2020 une vingtaine de signalements au sujet de la méditation, dont douze sur la MPC, a été reçue par la Miviludes pour laquelle une vigilance s’impose sur cette pratique.

Dans son dernier rapport elle alerte sur divers risques liés à la méditation : « amateurisme, promesses trompeuses, exigences financières disproportionnées ou risque d’isolement sociale et de perte de repères ».

La Mission préconise « d’exiger la transparence sur les références des intervenants, leur formation et leur expérience, ainsi que sur la méthode et ses fondements théoriques ou philosophiques ».  

(Sources : Les Dernières Nouvelles d’Alsace, 19.01.2022, France Inter le 26.01.2022, L’Express, 30.01.2022, Le Figaro, 04.02.2021)

1. La LDH s’insurge contre la pratique de la Méditation de pleine conscience à l’école : https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/sante-et-bien-etre/psychotherapie-et-developpement-personnel/la-ldh-s-insurge-contre-la-pratique-de-la-meditation-de-pleine-conscience-a-l-ecole/

Endoctriné à la pensée New Age

Ex-adepte du New Age, Elisabeth Feytit est réalisatrice du podcast Meta de choc1 par lequel elle espère aider à l’analyse critique des croyances New Age. Dans un entretien à Usbek & Rica elle explique les mécanismes du New Age à partir de son expérience.

Elisabeth Feytit aborde un aspect important du New Age qui est l’absence de structure, de leader officiel, de hiérarchie et d’une doctrine officielle et commune. Par conséquent, une personne qui adhère à une pratique spirituelle issue du New Age n’a pas l’impression de rejoindre une structure sectaire.

Elle raconte être entrée en contact avec l’idéologie New Age par une initiation à la Loi de l’attraction et la pratique de la respiration consciente. N’ayant pas trouvé satisfaction dans les pratiques dites conventionnelles, elle cherchait d’autres thérapeutiques. Elle a trouvé une communauté sympathique, un lieu d’expression permettant de se poser des questions sur soi et d’échanger avec d’autres.

Pour elle, le New Age apporte l’illusion de pouvoir améliorer sa vie quotidienne, sortir de la norme en ayant un nouvel emploi, entrer en symbiose avec la nature ou encore se connecter à son féminin sacré. A propos d’emploi, Elisabeth Feytit est elle-même devenue thérapeute en respiration consciente, conquise par l’idée que chacun est un soignant. De nombreuses pratiques liées au New Age propose des formations afin de devenir soi-même soignant ?

Avec le recul, elle s’aperçoit que l’ensemble de ces théories étaient sans fondement et qu’elles auraient pu se tourner vers des personnes compétentes pour répondre à ses questionnements. Bien souvent, les adeptes du New Age essayent de légitimer leurs théories en s’appuyant sur la science.

Elle témoigne s’être progressivement radicalisée dans sa croyance. Son entourage lui suggère qu’elle est une enfant indigo2. Un jour lors d’une promenade en forêt avec « une sorte de druide » elle a eu le sentiment de « sentir les choses ». Dès lors, elle pense avoir accès aux fameuses énergies présentées dans la pensée New Age. Elle est alors persuadée d’être sur le chemin de la vérité et souhaite dissoudre les énergies négatives pour sauver la planète. A cette époque l’ensemble de ses interprétations se basent sur le prisme des croyances new age la menant dans une « logique délirante » où elle incarne le bien contre les forces du mal.

Sa sortie de cette idéologie s’est amorcée après le visionnage d’une vidéo mettant en cause les croyances new age et invitant à se questionner sur ses croyances et leurs fiabilités. Elle remet en question l’ensemble des croyances qui régissent quotidiennement sa vie depuis une quinzaine d’années et ne souhaite plus vivre sous leur emprise.

Pour prévenir des dangers, Elisabeth Feytit souhaite diffuser l’idée que l’idéologie New Age ne repose sur aucune base théorique valable, et mettre en place un espace de réflexion sur le doute méthodique permettant à chacun de questionner ses croyances. Elle constate avec le recul que la volonté d’amélioration, de performance individuelle est en phase avec les dogmes néo-libéraux de notre société.  Son podcast, donne la parole aux scientifiques (sociologues, philosophes, psychologues…) mais aussi à des ex-adeptes montrant ainsi qu’il est possible de changer de manière de penser. Alors que l’individu est bien souvent tenté de recourir à la pensée magique qui va le rassurer la science va développer une méthode de réflexion laissant de côté les différents biais cognitifs de l’individu.  (Source : Usbek & Rika, 19.11.2021)

1. Pour écouter les podcasts de Meta de choc : https://metadechoc.fr/podcasts/

2. Lire sur le site de l’Unadfi l’ensemble des articles sur les enfants indigo : https://www.unadfi.org/mot-clef/enfants-indigo/

La pandémie suscite un regain d’intérêt pour l’ésotérisme

« Coming out spirituel » pour certains, aide pour affronter des temps incertains pour d’autres, les pratiques ésotériques n’ont jamais eu autant de succès que depuis le début de la pandémie. Selon un sondage Ifop paru dans Elle, 58% des français croient aujourd’hui en une « parascience ».

Le Midi Libre qui s’est penché sur l’évolution du phénomène dans sa région, note une croissance économique importante liée à ce domaine. Les médiums, les astrologues, ont vu une nette augmentation de leur clientèle et plusieurs boutiques ésotériques ont ouvert. Quant aux librairies généralistes, elles s’y mettent aussi en offrant des rayons spécialisés. Selon le Syndicat national de l’édition, le chiffre d’affaires des éditeurs de ce secteur a augmenté de 13% en 2020.

Le sujet n’est plus considéré comme farfelu ou tabou et un nouveau public en quête de sens ou amené par des influenceurs web n’hésite plus à faire appel à des praticiens.

Cependant, commente Pascale Duval, porte-parole de l’Unadfi, le phénomène n’est pas nouveau, mais il touche désormais un public plus large. « On a toujours eu dans l’Histoire un engouement pour l’irrationnel après chaque grande crise » explique-t-elle. Prévenant que ces pratiques peuvent conduire à un embrigadement sectaire, elle souligne que l’endoctrinement est progressif. Selon elle « plus on accepte l’irrationnel et plus on s’ouvre à d’autres choses incroyables ». Elle ajoute qu’il faut s’inquiéter lorsque l’adepte change et que ses « croyances occupent une place exclusive dans sa vie ».  

(Source : Le Midi Libre, 02.11.2021)

De mauvaises influences

Surfant sur la crise sanitaire, des influenceurs relaient sur différents réseaux sociaux des théories mensongères et dangereuses sur les vaccins et les différents aménagements sanitaires permettant de lutter contre l’épidémie. Ils touchent bien souvent un jeune public et il semble que les différents médias sociaux peinent à prendre des sanctions. Lire la suite

Analyse du complotisme

Dans une interview accordée à CNEWS, Pascal Wagner-Egger, chercheur en psychologie sociale à l’Université de Fribourg, revient sur le discours complotiste et partage son analyse scientifique de la question. Il est l’auteur de Psychologie des croyances aux théories du complot – Le bruit de la conspiration, paru en avril 2021. Lire la suite

Quand les pierres guérisseuses envahissent le marché

Depuis sa promotion récente par de célèbres influenceuses (Kim Kardashian, Victoria Beckham et les jumelles Olsen entre autres), la pratique de la lithothérapie – la guérison par les pierres – connaît un retentissement certain auprès de la population, jusqu’à être devenue un juteux business dont peuvent bénéficier des charlatans. Lire la suite