La désinformation s’immisce dans tous les champs de la société

Deux ans après le début de la pandémie, Sébastian Dieguez, chercheur en neuroscience à l’Université de Friburg, fait un bilan sur la désinformation massive qui a envahi la société et constate qu’elle est devenue « un sujet à part entière ».

Selon lui, nous touchons aujourd’hui aux limites du système informatif. L’exposé des faits, même démontrés scientifiquement, ne suffit plus pour recueillir l’adhésion du public. Désormais, les gens « constituent leur propre registre de savoir » parfois autour de réseaux de désinformation sur internet, voir même en l’inventant.

Selon le chercheur la désinformation est devenue un « sujet à part entière », opportuniste, qui se fabrique au jour le jour, dans lequel les gens s’investissent. Il ne s’agit pas de « simples bêtises » prévient Sébastian Diéguez, mais bien « de projets de nature politique » et corriger les fausses informations ne suffira pas car une partie de la population y adhère « précisément parce qu’elles sont fausses, niées par les autorités, rejetées, stigmatisées ».

Par ailleurs, la pandémie a mis en évidence que ceux qui y adhèrent ne sont plus isolés, qu’ils ont une véritable action sur la société et influencent les décisions des autorités. La désinformation ne fait pas qu’induire erreur, elle a un impact sur des décisions en raison de la pression de la frange très minoritaire mais très bruyante qui la propage.

Le chercheur a l’impression que les pouvoirs publics ont « adapté la lutte contre le virus à la susceptibilité de certains », même si c’est difficile à prouver. Une réaction observée aussi à moindre échelle au sein des familles où le sujet est parfois devenu tellement clivant qu’il vaut mieux l’éviter.

La désinformation a pris une telle ampleur qu’elle oblige à choisir un camp, entraîne des disputes et détruit des familles, des amitiés.

Réparer les ravages de la désinformation sera difficile, car les armes manquent pour la combattre. Pour Sébastian Diéguez « il ne faut pas oublier les sciences humaines » qui peuvent aider à comprendre comment les gens se comportent et comment l’information circule, ce qui peut aider les scientifiques à faire passer leur message. Il pense nécessaire la reprise en main des canaux de communication utilisés par les désinformateurs, et une adaptation de la législation. 

(Source : 20 Minutes, 06.01.2022)

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