Historique de l’UNADFI

En 1974, la première association est déclarée à Rennes, sous l’appellation ADFI (Association pour la Défense des valeurs Familiales et de l’Individu), à l’initiative de Guy et Claire Champollion.
Cette initiative fait suite à l’embrigadement de leur fils de 18 ans auprès de l’AUCM, (Association pour l’Unification du Christianisme Mondial), fondée à Paris en 1968, mieux connue sous le nom de son fondateur « MOON ».
Le journal « Ouest-France » publie trois articles sur les sectes, articles qui auront un grand retentissement. La création de l’association est mentionnée, et cela permet à d’autres parents concernés par les ravages sectaires de se regrouper pour agir et pour fournir de l’information sur ce nouveau phénomène.
Dès l’année suivante, les ADFI de Paris, Lyon, Lille et Bordeaux sont créées.
Elles enregistrent des témoignages concernant d’autres organisations, dont la Scientologie, les Enfants de Dieu, et recentrent leur mission dans le cadre de cette nouvelle donne.

De marginal dans les années 70, le phénomène sectaire prend dans les années 80 l’ampleur d’une réelle menace pour la société. Dans ce contexte, les ADFI doivent se structurer au niveau national :

L’Unadfi (Union Nationale des Associations pour la Défense des Familles et de l’Individu) est ainsi créée en 1982.

En 1984 paraît le premier numéro de BulleS, « Bulletin de Liaison pour l’Etude des Sectes ».
L’Unadfi se dote ainsi d’une publication trimestrielle destinée à l’information d’un public aussi large que possible : familles et individus confrontés aux mouvements sectaires dans leur vie privée ou professionnelle, pouvoirs publics, médias, chercheurs, étudiants.

En 1989, l’Unadfi est agréée par l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) en qualité de Groupement à but familial, membre associé de l’UNAF. 

En 1995, l’Unadfi est sollicitée par la Commission d’enquête parlementaire pour le rapport sur Les Sectes en France. 

En 1996, l’Unadfi est reconnue d’utilité publique et agréée par les Ministères de l’Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports.

En l’an 2000, les ADFI au nombre de 21, fêtent leurs 25 ans d’existence.

2001  : la loi du 12 juin, dite About-Picard est promulguée. Elle tend à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Elle donne une nouvelle définition pénale de la « mise en état de sujétion » et renforce l’article sur l’abus de faiblesse.

En 2005, afin de mieux expliciter sa mission, l’Unadfi devient « Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’individu, victimes de sectes ».

En 2006, l’Unadfi coordonne 26 ADFI et 12 antennes avec lesquelles elle poursuit un partenariat avec les différents ministères concernés par le phénomène sectaire.

En 2010, l’Unadfi est associée aux travaux du Groupe d’appui technique chargé d’élaborer une politique de prévention sur les pratiques de soin non conventionnelles.

En 2012, l’Unadfi est sollicitée par la Commission d’enquête parlementaire pour son rapport relatif à L’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs.

En 2016, l’Unadfi contribue à la formation « Appréhender les dérives sectaires dans la formation professionnelle continue ».

En 2020, l’Unadfi étend ses travaux à la radicalisation et aux théories du complot et crée en son sein le centre d’observation et d’analyse de la radicalisation et de l’emprise sectaire (COARES).

Dimension internationale

Au vu du caractère transnational des nouvelles organisations totalitaires, le besoin d’une coopération internationale plus étroite dans l’étude du problème devient une évidence. Trois manifestations accueillent une participation de plus en plus importante.

En 1980 se tient le 1er COLLOQUE INTERNATIONAL DE PARIS
« Le problème des tendances totalitaires dans certains mouvements religieux et pseudo-religieux »

Organisé par l’ADFI Paris, 14 pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie y sont représentés par 60 personnes. Ce colloque met en exergue la nécessité d’informer plus largement, les gouvernements et les partis politiques, les autorités sanitaires, etc., sur les implications dangereuses des agissements de tels mouvements.
Il sera suivi en 1987 du CONGRES INTERNATIONAL DE BARCELONE
« Sectes et société »
, organisé par l’association Pro-Juventud. de Barcelone.
Des résolutions à l’attention du Parlement Européen y sont adoptées. Elles rejoignent celles du colloque de 1980. Les associations de défense des victimes des mouvements sectaires envisagent de se rassembler dans une fédération internationale.

En 1993, le CONGRES INTERNATIONAL A BARCELONE traitera des « Groupes totalitaires et sectarisme »

Le manifeste publié à son issue propose de constituer une fédération internationale d’associations et d’organismes spécialisés dans le traitement des divers domaines du phénomène des groupes potentiellement destructifs de la personnalité.
Cette fédération internationale, sera dotée d’un statut juridique propre.
Elle disposera d’une base de données d’informations génériques, et d’informations spécifiques sur les groupes, son objectif étant d’aboutir à des lois et des mesures internationales destinées à améliorer le contrôle du phénomène.

Cette réflexion aboutira, en 1994, à la création de la FECRIS (Fédération de Recherche et d’Information sur le Sectarisme)
La création de cette fédération fait suite aux souhaits maintes fois exprimés de voir se regrouper toutes les Associations qui, en Europe, travaillent dans le même but.

En 1999, la FECRIS, conjointement avec l’Unadfi et le CCMM (Centre de documentation, d’éducation et d’action Contre les Manipulations Mentales), organise un colloque européen sur le sectarisme qui rassemble 260 participants : 17 pays européens y sont représentés, ainsi que des observateurs provenant d’associations canadiennes, japonaises, argentines et américaines.
Les associations réunies à cette occasion signent une déclaration attirant l’attention des pouvoirs européens sur le problème du sectarisme et lui demandent de mettre en place des structures appropriées en vue d’y faire face.

En 2014, début d’un partenariat avec le Japon avec la visite de M. Kimiaki Nishida, professeur de psychologie.

En 2018, échanges entre la présidente de l’Unadfi et Agnès MALTAIS, ancienne ministre, députée à l’Assemblée nationale du Québec, portant sur le dispositif français de lutte et de prévention contre les dérives sectaires et les préoccupations du Québec pour renforcer la vigilance sur ces dérives.