Gabriel Loison écope une nouvelle fois de 15 ans de prison 

Déjà condamné à plusieurs reprises, Gabriel Loison, le gourou fondateur de l’Université de la relation, a été condamné, jeudi 2 juin, à 15 ans de prison par la cour criminelle de Loire-Atlantique pour viols, complicité de viol en réunion et abus de faiblesse sur quatre anciens adeptes, trois femmes et un homme.

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Un couple originaire de l’Allier mis en examen pour abus de faiblesse

Un homme de 49 ans et son épouse ont été mis en examen par le juge d’instruction de Cusset pour « abus de faiblesse sur personnes en état de sujétion psychologique » et « provocation à la consommation et au trafic de stupéfiants ». L’homme a immédiatement été placé en détention et sa femme a été placée sous contrôle judiciaire.

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Des dérives sectaires au sein d’une école juive orthodoxe

Une quinzaine de responsables d’une école juive orthodoxe, la yeshiva Beth Yossef basée à Bussières (Seine-et-Marne), ont été placés en garde à vue la suite d’une intervention de la police le 31 janvier dernier. Ils sont soupçonnés de maltraitances physiques et psychologiques. À la suite de ces interpellations, sept dirigeants ont été mis en examen pour « violences aggravées ».

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Le Loup Blanc en prison

Durant le mois de décembre 2021, Cyrille Adam, connu sous son appellation de chaman « Loup Blanc » a été mis en examen à la suite de plaintes d’au moins 6 adeptes pour viols, agressions sexuelles et abus de faiblesse par sujétion. A la fin du mois de janvier 2022, l’Office central de répression des violences à la personne (OCRVP) a lancé un appel pour recenser de nouvelles victimes.

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Perquisition chez Thierry Casasnovas

Le domicile de Thierry Casasnovas, gourou naturopathe, a été perquisitionné par les gendarmes dans le courant du mois de février 2022. Cette perquisition a eu lieu dans le cadre d’une information judiciaire ouverte courant 2020 par le procureur de Perpignan pour les chefs d’accusation : exercice illégal de la profession de médecin, abus de faiblesse et pratiques commerciales trompeuses. Le chef d’»infractions économiques et financières» a également été ajouté récemment.

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Chef indien, chaman et violeur

Début décembre 2021, un chaman surnommé « Loup Blanc » a été mis en examen et placé en détention provisoire à Nîmes pour des faits de viols, agressions sexuelles et abus de faiblesse. Cela fait suite à un signalement auprès de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de la part d’anciennes adeptes.

Aujourd’hui septuagénaire celui qui se fait appeler « Loup Blanc » exerce depuis de nombreuses années en tant que chaman. Il aurait pris conscience de son pouvoir mystique à l’âge de 7 ans et il y a une trentaine d’années Sitting Bull lui serait apparu et lui aurait affirmé qu’il « fut un grand chef indien ». Entouré d’environ 200 fidèles, il vend de nombreux produits (cd, livres) et organise des initiations qui permettent selon lui d’ « évoluer vers un autre plan de conscience ». Ces stages qui durent deux jours coûtent entre 200 et 350 euros plus 150€ pour l’hébergement. C’est lors de ces séances que le gourou aurait commis des abus sexuels sur certaines fidèles.

Outre les faits de viols et d’agressions sexuelles, le chaman aurait profité de ses fidèles et de leur argent pour financer un train de vie luxueux. Il roulait dans une voiture luxueuse et vivait dans un château alors qu’il préconisait par ailleurs un mode de vie frugal et un retour à la nature.  La plupart des biens ne sont pas à son nom mais à celui de fidèles qui achètent les biens mis à la disposition exclusive du chaman. Différentes propriétés habitées par le gourou ont été perquisitionnées pour l’enquête. Les autorités ont découvert d’importantes sommes d’argent liquide et de l’or.

C’est à la fin de l’année 2020 que deux femmes ont dénoncé à la Miviludes les abus sexuels commis par le gourou à leur encontre ainsi que l’emprise exercée par « Loup Blanc ». Les abus auraient été commis sous l’emprise de l’ayahuasca, une plante aux vertus psychédéliques. A la suite de cette dénonciation, plusieurs autres victimes se seraient manifestées.

Dans l’attente de son procès, le chaman a été placé en détention provisoire.  

(Sources : Le Parisien, 09.12.2021 & Midi Libre, 09.12.2021 & France Bleu, 10.12.2021)

La mouvance évangélique dans l’hexagone

Selon des données communiquées en exclusivité à l’Express, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a reçu plus de 190 saisines concernant la mouvance évangélique en 2021. Deux points semblent inquiéter plus spécifiquement : les abus financiers et les promesses de guérison miraculeuse.

Ces chiffres fournis par la Miviludes ne sont pourtant pas nouveaux. En 2020, la mission avait reçu environ 200 signalements et quatre affaires avaient été judiciarisées. De nombreuses églises ont été signalées à la Miviludes lors des dix dernières années. Si parfois elles sont le fait de pasteurs isolés, souvent autoproclamés, les dérives sectaires proviennent aussi de plus grosses structures établies comme l’Eglise Universelle du Royaume de Dieu (EURD, aussi connue sous le nom de Centre d’Accueil Universel). Ce mouvement d’origine brésilienne est connu pour effectuer un prosélytisme offensif mais aussi pour ses positions controversées sur différents sujets de société. Les exigences financières constituent un point d’inquiétude pour la Miviludes : les adeptes sont fortement incités à faire des dons, achats, dîmes ou offrandes en tout genre. Les pasteurs usent de leur charisme ou utilisent des causes nobles pour pousser les adeptes à donner. L’argent va bien souvent servir à financer le train de vie du pasteur.

Les mouvements évangéliques organisent aussi souvent des séances de « guérisons » miraculeuses basées sur la foi et la prière en totale opposition avec la médecine. Ce qui constitue un risque pour les personnes malades choisissant d’abandonner leur parcours de soins. La pandémie a entrainé une hausse de ces offres de guérison.

Face à la pandémie, certains pasteurs et certains mouvements perçoivent la vaccination comme la « marque de la bête » qui entraînerait pour le vacciné une perte d’autonomie au profit de Satan. Ces messages montrent qu’au sein de la population évangélique prospèrent des discours anti-vaccination et méfiants vis-à-vis de la science. Cela peut s’expliquer par le fait que de longue date certains évangéliques sont suspicieux vis-à-vis des gouvernements perçus comme un pouvoir antichrétien.  Au niveau de la santé, certains groupes évangéliques proposent aussi des jeûnes assortis de prières en traitement de certaines pathologies cardiaques ou d’addictions. Encore une fois cela entraîne un risque d’abandon de soins pour les malades. Certaines églises vont jusqu’à défendre l’idée qu’il faut laisser le corps agir par lui-même et laisser faire la foi face à certaines maladies et notamment face au Covid. 

(Sources : L’Express, 22.12.2020 & 26.12.2021)

« Amour et Miséricorde » : la parole des témoins

Le groupe de prière fondé par la « voyante », Eliane Deschamps, jugée pour abus de faiblesse, est décrit dès 2002 par plusieurs témoins et proches de ses adeptes comme un collectif qui joue sur la manipulation mentale de ses fidèles.

Une des parties civiles au procès, Marie-France, explique avoir dès cette époque perdue tout contact avec son fils. Il lui avait annoncé qu’il avait « envie de changer d’air […] pour se rapprocher du groupe Amour et Miséricorde ». « Il est devenu très distant, le dialogue était impossible ». à
45 ans, il est resté membre et adepte de la communauté et a coupé les relations avec sa mère.

Magalie Breux, une des filles de la « voyante », a quitté le groupe au bout de dix ans. Elle raconte les visions de sa mère, ses « apparitions » de la vierge, les pèlerinages et les défilés des fidèles dans la maison familiale. Elle décrit les brimades, les humiliations et l’emprise que sa mère a exercée sur elle. « On n’avait pas de vie sociale en dehors de la communauté ». Ce qu’elle décrit semble être un processus avéré d’emprise, de rupture, mais aussi de pression financière. « Jésus prend possession de son corps et lui dit que les adeptes doivent se détacher de leurs biens les plus chers ». Les adeptes devaient en effet donner leurs bijoux ou des tableaux et versaient une pension de 300 à 350 euros par mois, parfois même déposaient régulièrement des sommes allant jusqu’à 5 000 euros.

« J’ai eu une vie d’esclave pendant dix ans : je faisais le ménage tous les jours à fond, je faisais la cuisine, j’obéissais, j’étais en soumission totale, sous emprise », témoigne à la barre Brigitte Delecourt, autre adepte pendant dix ans.

A l’inverse de ces témoignages, certains membres actuels de la secte sont venus au procès pour tenter de convaincre de leur « liberté », assurant qu’ils ne se considéraient ni sous emprise ni sous influence.

Un des avocats des parties civiles fustigent ces témoignages « positifs », qui relèvent selon lui d’une « entreprise cosmétique » visant à masquer l’emprise.

« Eliane dirigeait tout », dit Gwenola Boucher-Doigneau, ex-adepte, qui a quitté la secte à 25 ans. « Je la divinisais, j’aurais tout fait pour elle. Je me serais jetée d’une falaise si elle me l’avait demandé ». Elle raconte que la gourelle lui avait, entre autres, interdit de demander une péridurale lors d’un accouchement. Elle l’avait également forcée à rédiger une lettre à son père pour lui faire savoir « qu’il n’était plus son père ».

La sœur de Gwenola, Isabelle, et sa mère Brigitte avaient rejoint le groupe. « On était tous collés à Eliane comme la bernique à son rocher », dit cette dernière. Pierre, son mari et père de Gwenola, qui a tout fait pour faire sortir sa famille du groupe, analyse comment l’emprise a pu s’opérer. « Tout s’est fait progressivement, par la séduction ».

« C’est une véritable fabrique de l’état de faiblesse », explique une psychologue spécialiste du fait sectaire citée à la barre lors du procès. « L’individu passe de sujet à objet à travers la coupure avec son réseau d’appartenance ».   (Sources : Le Figaro, 23.11.2021 & France Bleu Bourgogne, 22.11.2021 & Le Parisien, 22.11.2021 & elle.fr, 23.11.2021 & TV5Monde, 22.11.2021)