Un couple originaire de l’Allier mis en examen pour abus de faiblesse

Un homme de 49 ans et son épouse ont été mis en examen par le juge d’instruction de Cusset pour « abus de faiblesse sur personnes en état de sujétion psychologique » et « provocation à la consommation et au trafic de stupéfiants ». L’homme a immédiatement été placé en détention et sa femme a été placée sous contrôle judiciaire.

David N., connu sur internet sous les pseudonymes de « Sir Shumule » ou « David Van Horn », est soupçonné d’être à la tête d’une « microsecte » comptant une douzaine de membres qui lui auraient permis d’avoir un train de vie confortable.

L’affaire est partie d’une plainte déposée en 2018 par un ancien membre originaire de la région parisienne. Dépressif, le jeune homme a découvert David N. en lisant sur internet ses réflexions sur l’actualité. Attiré par son ton ironique et décomplexé il s’est laissé convaincre par son discours spirituel.

Son enseignement puise dans le paganisme, l’occultisme, la mythologie scandinave, et fait référence au wotanisme « une idéologie néopaïenne xénophobe ».

Une fois dans le groupe, le jeune homme a découvert l’envers du décor. David N. et sa famille se présentent comme touchés par les dieux, les fidèles doivent participer aux rituels, se soumettre à la hiérarchie, obéir aux ordres de leur guide spirituel.

Selon le plaignant, dans le groupe régnaient la violence, les manipulations, les pressions. Il a dilapidé les dizaines de milliers d’euros de son héritage pour louer le château de la Touche (86) où le gourou présumé et sa famille s’étaient installés.  C’est là que David N. aurait incité ses adeptes à lui offrir de fastueux repas et les auraient poussés à consommer de l’alcool et de la drogue et avoir des relations sexuelles sous prétexte d’initiation.

Totalement ruiné après un an passé à dépenser sans compter, le plaignant aurait été violemment battu par David N. et sa femme qui lui reprochaient de ne plus pouvoir vivre dans le château. Libéré de l’emprise du couple après cette scène de violence, il a déposé une plainte qui a permis l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée à la Caimades, la cellule d’assistance et d’intervention en matière de dérives sectaires au sein de l’office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP).

Trois nouveaux plaignants se sont manifestés, tous âgés entre 20 et 30 ans et en proie à des fragilités psychologiques, et dénonçant des faits similaires. Certains sont ruinés, ont abandonné leurs projets professionnels, ont rompu avec leur entourage. Ils ont vécu, pour certains, les règles imposées par David N. jusque dans leur intimité. Son interdiction d’accoucher à l’hôpital a failli coûter la vie à une adepte.

Les témoignages ont aussi révélé que derrière le paganisme se dissimulaient des idées rétrogrades mais également un discours antisémite et prônant la supériorité de la race blanche.

David N. a nié les allégations portées contre lui. Quant à sa femme et ses enfants, ils se disent sous l’emprise et « l’influence néfaste de leur père ».  

(Source : Le Parisien, 08.04.2022)

Le virage spirituel de l’un des complotistes les plus influents de France

Pour le dernier article de sa série sur le complotisme, le journal Nice Matin s’est penché sur le parcours de Laurent Gouyneau, l’une des figures du complotisme français, plus connu sur internet sous le nom de Laurent Freeman. Ce dernier s’est fait un nom sur la toile grâce au site Stop Mensonge qu’il a fondé en 2012.

Stop mensonge a été pendant de nombreuses années l’un des plus importants sites francophones relayant des théories du complot. Y figurait les théories conspirationnistes les plus connues comme celles sur les Illuminati, le 11 septembre 2001 ou le Nouvel ordre mondial… En 2018 il recevait près d’un million de visites par mois.

En 2019, un tournant spirituel s’opère, et le site est rebaptisé Lumière sur Gaïa. Lui aussi connaît un fort engouement sur la toile avec 450 000 visites par mois en 2020, mais il y est davantage question d’éveil et de méditation. Même si les théories complotistes y figurent encore, il propose surtout des « cours en miracles »1 et des ateliers spirituels via zoom auxquels il est possible d’accéder pour 12 euros. L’argent est reversé à l’association Bem Haja, une communauté centrée sur le bien-être et la quête de vérité installée au Portugal.

Lorsqu’il a lancé Stop mensonge en 2012, Laurent Freeman n’était pas un novice sur la toile : en 1997 déjà, il avait créé un site internet immobilier dont l’ambition était de toucher une vingtaine de pays. Ne trouvant pas d’investisseurs français, il s’était installé aux Etats-Unis. Durant la même période, il s’inscrit sur Meetup, une plateforme de réseautage social où il « étanche sa soif de savoir » et mène « une quête de vérité ». C’est peut-être là qu’il tombera dans le complotisme ?

On ne sait pas grand-chose sur son retour en France, mais après un court passage, en 2020, à Breil-sur-Roya (04), il rejoint le Portugal avec ses fidèles.

Interrogé par Nice Matin sur son parcours complotiste, celui qui clamait en 2016, dans le journal Society, être « un résistant au même titre que Dieudonné » et se réclamait des thèses du militant négationniste Robert Faurisson, explique dorénavant : « Je ne regarde pas les médias depuis bien longtemps et ne me sens concerné en rien de tout cela. »

Désormais, installé dans la vallée du Douro au Portugal où il a acquis deux terrains, le premier en octobre 2021 et le second en mars 2022, il guide les gens vers le « réveil de la conscience Christique ».

Dénommée Bem Haja la communauté ambitionne de devenir semi-autonome. Ses membres prévoient de construire des infrastructures pour recevoir des visiteurs, ainsi que des habitations pour les résidents permanents.

Le parcours de Laurent Freeman a amené Nice Matin à s’interroger sur la frontière entre complotisme et dérives sectaires. En effet, son projet rappelle celui de One Nation, observe Conspiracy Watch et pourrait s’inscrire dans la mouvance des Citoyens souverains dont l’objectif est de vivre en marge de l’Etat.

Depuis 2014, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) n’a reçu que trois saisines sur Laurent Freeman et son site.

Pour l’Union nationale des Associations de défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes (Unadfi) : « Chacun a le droit d’avoir ses croyances », toutefois « le problème c’est quand elles deviennent un danger pour le vivre-ensemble ». L’association note également une « convergence inquiétante entre marché du bien-être, crise sanitaire, théories du complot et dérives sectaires ». 

(Source : Nice Matin, 12.03.2022)

Lire sur le site de l’Unadfi : A Course in Miracle » une bible New Age : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/a-course-in-miracle-une-bible-new-age/

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Extraits de l’intervention de Lucienne de Bouvier de Cachard, présidente de l’association Secticide (Association de lutte et prévention contre les dérives sectaires portant atteinte à la dignité de l’Homme et à ses droits fondamentaux, son siège est à Verdun), lors de la conférence de la FECRIS L’Éducation face aux sectes, à Riga, le 2 juin 2018. Diplômée en Sciences de l’Éducation, Lucienne de Bouvier de Cachard a préparé cette conférence en collaboration avec un confrère, professeur de français. Lire la suite