Un magnétiseur et sa conjointe devant le tribunal correctionnel

Le magnétiseur est poursuivi pour agressions sexuelles sur ses clientes et pour avoir dissimulé des centaines de milliers d’euros de revenus avec la complicité de sa conjointe.

L’enquête a débuté il y a un plus de deux ans après la plainte de deux clientes de ce magnétiseur-guérisseur, aujourd’hui âgé de 85 ans. Les gendarmes étaient parvenus à contacter par la suite d’autres de ses clientes. C’est finalement une vingtaine de femmes qui dénoncent des gestes déplacés de la part du magnétiseur. La moitié d’entre elles se sont déplacées jusqu’au tribunal pour décrire à l’audience les conséquences douloureuses de ces agissements. Il profitait des séances de guérison pour leur faire subir ces attouchements. Lors de sa garde à vue le magnétiseur a d’abord confirmé ces dires. Palper certaines parties du corps de ses patientes correspondait selon lui à des techniques de guérison. Mais à la barre, il nie tout en bloc. Lui et sa conjointe admettent en revanche n’avoir jamais déclaré leurs revenus qui s’élèvent à 540 000 €. Le tribunal a condamné le magnétiseur à quatre ans de prison avec sursis. Il sera désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels. Lui et sa conjointe sont condamnés pour travail dissimulé à 1 000 € d’amende et il leur est interdit d’exercer l’activité de magnétiseur.

(Source : Ouest France, 07.04.2022)

Récurrence des agressions sexuelles par des magnétiseurs ?

Chaque mois la presse se fait l’écho de nombreux procès concernant des magnétiseurs. Nous avons choisi de relayer ces décisions de justice car, exerçant dans un cadre pseudo thérapeutique, certains profitent de la confiance et de la vulnérabilité de leurs patientes pour abuser d’elles.

Un magnétiseur exerçant dans la commune de Bas en Basset en Haute-Loire a été condamné le 26 mars, par la cour d’assise du Puy en Velay, à 10 ans de prison pour viols et agressions sexuelles commis sur douze femmes âgées de 30 à 60 ans. Il a également écopé d’une « interdiction définitive d’exercer la profession de magnétiseur ou toute activité en lien avec les soins à la personne ».

Les abus sexuels avaient débuté dès l’ouverture de son cabinet en 2013 et s’étaient poursuivis jusqu’au dépôt des premières plainte en 2017. Le procès qui se déroulait à huis clos a duré quatre jours en raison du nombre important de victimes et de témoins entendus.

A Montauban, c’est un autre praticien, magnétiseur et hypnothérapeute, qui a été condamné le
24 mars à cinq ans de prison, dont un avec sursis, par la cour d’assise du Tarn-et-Garonne. Il a été reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles sur six patientes lors de séances à son cabinet entre 2016 et 2018. Mais trois d’entre elles ne se sont pas constituées parties civiles par honte. Les quinze mois qu’il a déjà purgés en préventive ont été soustraits de cette peine. Il a également écopé d’une interdiction définitive d’exercer une profession en lien avec les soins et a été inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).

L’homme au parcours hétéroclite, devenu magnétiseur sur le tard après avoir exercé les métiers de marbrier, soudeur, informaticien, électricien, nie les accusations des plaignantes et parle de dérapage déontologique et de consentement. Si les témoins de l’accusé le présentent comme une personne serviable, Maître Tempels-Ruiz, l’une des avocates des parties civiles, souligne que « son ex-femme dit qu’il aime aussi dominer les personnes faibles ». Quant à l’enquêtrice de personnalité, reprenant le témoignage de la dernière compagne de l’accusé, elle explique qu’il a « un désir de plaire, pas qu’avec les femmes, il est narcissique ». Et ajoute « il a un besoin de reconnaissance car il n’a aucun diplôme ».

Les victimes, quant à elles, toutes venues le consulter à un moment où elles étaient en état de « fragilité psychique », espéraient que l’hypnose les aideraient à régler leurs problèmes. Au lieu de cela, elles dénoncent « d’interminables séances de massages de 3 à 4 heures, sur les seins et pas seulement pour certaines ».

Maître Amélie Villageon, avocate de l’une des plaignantes, souligne dans sa plaidoirie, des « faits d’une banalité criminologique » au sujet desquels les « articles ne manquent pas dans la presse ». Pour elle, il s’agit d’un « magnétiseur charlatan qui abuse des drainages lymphatiques, des massages des seins qui n’ont que vocation à exciter des zones érogènes de ses patientes », mais en aucun cas d’une faute professionnelle, ni d‘un dérapage, il s’agit d’un viol par contrainte morale et par surprise d’un thérapeute. »

A Reims, un magnétiseur, âgé de 45 ans a été mis en examen puis placé en détention provisoire le 25 mars pour des soupçons d’agressions sexuelles sur six patientes, dont deux mineures.

Les victimes ont toutes raconté la même histoire. L’homme, qui se présentait comme magnétiseur, exorcisait ses patientes avec une méthode très personnelle : une fois allongées sur le ventre, les yeux fermés, le magnétiseur venait frotter son sexe contre leurs pieds. Pour sa défense l’homme a expliqué les avoir prévenues de ce qu’il allait faire.  (Sources : L’Eveil, 24.03.2022, L’Express, 26.03.2022, La Dépêche, 21.03.2022 & 24.03.2022, Le Courrier Picard, 26.03.2022)

[A l’heure où nous écrivons cet article, nous ne savons pas si les prévenus ont fait appel de leur condamnation]

Dérive mystique ?

Courant décembre 2021, les policiers municipaux de Saint Jory (31) ont découvert deux corps sans vie chez un magnétiseur renommé de la région. Sa famille et lui n’ayant donné aucun signe de vie depuis plusieurs jours, les policiers se sont rendus à leur domicile. Si le magnétiseur, âgé de 63 ans était vivant, sa femme et sa mère étaient toutes deux décédées, mais avec plusieurs jours de décalage. Jusqu’à présent les causes de leur mort n’ont pas été élucidées. Le rôle de la femme dans le décès de la mère et la raison pour laquelle l’homme n’a pas déclaré leurs décès demeurent un mystère, tant les propos du magnétiseur sont incohérents.

L’homme, aveugle, était très connu dans la région pour ses dons de guérisseur. Il vivait à Saint Jory avec sa femme, elle aussi magnétiseuse, et sa mère. Réputé très pieux, le couple versait dans la littérature millénariste et se préparait activement en vue de l’apocalypse en prévision de laquelle il avait stocké de grandes quantités de nourriture, surtout depuis le début de la pandémie qu’il avait interprétée comme un signe de la fin des temps.

La dérive du magnétiseur est ancienne. Son don de guérison lui aurait été révélé en 2000 par un évêque lors d’un pèlerinage à Lourdes. Croyant en ses capacités de guérison, il a abandonné son métier d’accordeur de pianos pour se consacrer à ses patients qu’il recevait dans une atmosphère très mystique. Chaque séance débutait par une prière et était ponctuée de la visite de sa chapelle privée.

Conforté par ses succès auprès de clients qui venaient de loin et attendaient de longues heures pour recevoir ses soins, et conforté dans son choix de vie par son curé, il en est venu à croire qu’il avait la capacité de tout guérir.  Quand son père lui a annoncé son cancer en 2010 il l’a dissuadé de suivre une chimiothérapie et l’a soigné, entre autres, à l’eau bénite pouvant, selon lui, guérir les tumeurs ou la leucémie. Son père meurt, mais cet échec ne le dissuade pas de poursuivre ses soins. Il encourageait certains de ses patients à arrêter leur traitement et leur prescrivait des huiles essentielles ou des plantes pour traiter des pathologies graves comme la sclérose en plaque. Quant aux vaccins, il y était totalement opposé et prétendait pouvoir soigner le Covid.

Hospitalisé en psychiatrie depuis la macabre découverte, s’il n’a pas donné d’explication sur la mort des deux femmes, il aurait récemment confié à son curé : « elles sont dans la lumière ». 

(Source : Marianne, 11.03.2022)

Un hypnotiseur et violeur condamné à 13 ans de prison

Un viticulteur de l’Hérault, réfugié en Floride, a été condamné par contumace à 13 ans de prison pour avoir violé ou agressé sexuellement 18 femmes, lors de séances d’hypnose et de magnétisme qu’il pratiquait sur son domaine entre 2013 et 2015.

Le procès de Gilbert Greaux, 77 ans, qui s’est tenu les 3 et 4 février devant les assises à Montpellier, a été le théâtre, deux jours durant, des témoignages glaçants de ses victimes, lesquelles réclament en vain l’extradition de leur agresseur.

Me Denis Bertrand, avocat de l’accusé, a déclaré que son client « ne pouvait plus revenir en France depuis 2018 pour raison de santé ». Or, selon la Cour, seules sont possibles les extraditions pour atteinte à la sécurité nationale.

Gilbert Greaux, originaire de Saint-Barth dans les Antilles, s’était installé dans l’Hérault en 2007, après avoir été condamné avec sursis pour agressions sexuelles sur son île natale.

L’homme d’affaires, amateurs d’hélicoptères et de gâteaux, avait acquis un domaine de 10 hectares à Saint-Jean de Vos, disposant d’un spa et d’une luxueuse chambre d’hôte.

C’est là qu’il proposait aux visiteuses du domaine des séances d’hypnose et de magnétisme, pour les « libérer » de leurs maux, selon un mode immuable. Enfermées à clef, ses proies, croyant à ses belles paroles, étaient invitées à se déshabiller, afin que les énergies émanant de leurs « chakras » puissent plus librement circuler.

Après avoir placé ses victimes sous emprise, Gilbert Greaux se livrait alors à des caresses et à des pénétrations digitales.

« Je n’arrivais pas à croire ce qu’il se passait, j’étais pétrifiée », a ainsi témoigne Bérénice. « On ne peut plus bouger, on est sidérée. Il y a aussi une dissociation, comme si l’on sortait de son corps et qu’on voyait la scène de l’extérieur. »

A Orlando où il vit luxueusement, Gilbert Greaux, anime un blog sur le magnétisme. 

(Sources : Midi Libre, 03.02.2022 & France 3 Occitanie, 04.02.2022)

Toulouse : deux corps découverts dans la maison d’un magnétiseur

Deux femmes ont été retrouvées mortes au domicile d’un magnétiseur de 63 ans, arrêté à Saint-Jory, en Haute-Garonne, près de Toulouse. Le décès remontait à plusieurs jours.

Les deux corps seraient ceux de la mère et de la femme du sexagénaire, réputé pour ses dons de magnétiseur et autoproclamé « fils de Dieu ». Il adhérait avec sa femme aux théories apocalyptiques. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, ils annonçaient la fin du monde à leurs proches.

Sans nouvelles des deux femmes, âgées respectivement de 91 et 66 ans, la famille avait alerté la police municipale qui s’est rendue au domicile et au cabinet du magnétiseur.

L’homme, confus et en état de choc, a été conduit à la gendarmerie puis pris en charge en hôpital psychiatrique.

Après autopsie des corps, aucune trace d’homicide ni de violence physique n’a été détectée.

Une enquête est ouverte pour déterminer la cause de la mort. La justice est en attente des analyses toxicologiques pour déterminer s’il peut s’agir d’un empoisonnement.  (Sources : Ouest-France, 24.12.2.21 ; La Dépêche, 03.01.2022 ; L’Opinion, 04.01.2022)

La pandémie suscite un regain d’intérêt pour l’ésotérisme

« Coming out spirituel » pour certains, aide pour affronter des temps incertains pour d’autres, les pratiques ésotériques n’ont jamais eu autant de succès que depuis le début de la pandémie. Selon un sondage Ifop paru dans Elle, 58% des français croient aujourd’hui en une « parascience ».

Le Midi Libre qui s’est penché sur l’évolution du phénomène dans sa région, note une croissance économique importante liée à ce domaine. Les médiums, les astrologues, ont vu une nette augmentation de leur clientèle et plusieurs boutiques ésotériques ont ouvert. Quant aux librairies généralistes, elles s’y mettent aussi en offrant des rayons spécialisés. Selon le Syndicat national de l’édition, le chiffre d’affaires des éditeurs de ce secteur a augmenté de 13% en 2020.

Le sujet n’est plus considéré comme farfelu ou tabou et un nouveau public en quête de sens ou amené par des influenceurs web n’hésite plus à faire appel à des praticiens.

Cependant, commente Pascale Duval, porte-parole de l’Unadfi, le phénomène n’est pas nouveau, mais il touche désormais un public plus large. « On a toujours eu dans l’Histoire un engouement pour l’irrationnel après chaque grande crise » explique-t-elle. Prévenant que ces pratiques peuvent conduire à un embrigadement sectaire, elle souligne que l’endoctrinement est progressif. Selon elle « plus on accepte l’irrationnel et plus on s’ouvre à d’autres choses incroyables ». Elle ajoute qu’il faut s’inquiéter lorsque l’adepte change et que ses « croyances occupent une place exclusive dans sa vie ».  

(Source : Le Midi Libre, 02.11.2021)