La justice canadienne interdit à un père de partager ses croyances complotistes avec sa fille

La justice montréalaise à interdit à un père originaire de Montréal de tenir des propos contre la vaccination et contre les mesures sanitaires à sa fille de neuf ans. La justice a autorisé la vaccination de l’enfant et a également interdit au père d’emmener la fillette dans des manifestations anti-mesures sanitaires.

Le respirianisme, dans sa théorie, est un régime vieux de plusieurs siècles et originaire d’Orient. On en trouve ité de ce qu’elle clamait lorsque pour une émission de télévision elle accepta de se laisser enfermer dans une chambre d’hôtel sans nourriture ni boissons. Le médecin qui supervisait l’expérience constata au bout de 48 heures qu’elle souffrait de déshydratation et de pression artérielle élevée : elle critiqua la qualité de l’air de la chambre prétendant que l’air contenait 70% des nutriments dont elle avait besoin. A l’instar de Brooks, elle fut aussi percée à jour par des personnes l’ayant vue commander un plateau-repas dans un avion. Les préceptes dont elle faisait la promotion ont coûté la vie à deux de ses admirateurs, une Ecossaise de 49 ans du nom de Verity Linn, et une Australienne de 33 ans Lani Morris. Toutes deux sont décédées de déshydratation en plein jeûne et dans des endroits reculés. Toutes deux possédaient l’ouvrage de Jasmuheen Living On Light (« Vivre de Lumière »). Dans les années 2010, le respirianisme a continué à faire parler de lui s’appuyant sur l’engouement du public pour le bien-être. L’alimentation y est au centre et dorénavant ce ne sont plus les biscuits sans sucre qui aident à mincir, mais les jus purifiants, les jeûnes intermittents et les régimes Keto. Des personnes se réclament avec fierté du respirianisme, comme une femme ukrainienne du nom de Valeria Lukyanova, aussi connue comme la « Barbie humaine », qui déclarait en 2014 être une adepte du respirianisme et ne manger que des « micro-aliments cosmiques ». En 2017, un couple d’origine Californienne, Akahi Ricardo et Camila Castillo prétendait n’avoir pas mangé depuis trois ans, et ce alors même qu’ils venaient d’avoir leur premier enfant. La popularité du régime ne faiblit pas, et on constate toujours sa dangerosité :  en 2017 un Allemand de 22 ans, Finn Bogumil, inspiré par les préceptes du repirianisme, est mort de faim pendant l’accomplissement d’un jeûne. (Source : Journal de Montréal, 26.04.2022)

Un pasteur fraudeur sous les verrous  

Mwinda Lezoka, pasteur canadien, a été condamné à deux ans et demi de prison pour avoir extorqué ses fidèles d’un montant dépassant les 250 000 dollars. Cette décision devrait mettre fin à un feuilleton judiciaire qui dure depuis dix ans.

En 2020, un juge a reconnu le pasteur coupable de fraudes sur quelques-uns de ses fidèles entre 2005 et 2009 alors qu’il dirigeait la Communauté chrétienne de Béthel, un groupe évangélique situé à Montréal. Il aurait profité de son ascendant spirituel pour escroquer des fidèles. La somme s’élèverait à 268 000 dollars. Son église étant dans une situation de faillite à la suite d’investissement dans des projets immobiliers il avait poussé des fidèles à hypothéquer leur maison ou leur avait soutiré des sommes importantes sous des prétextes fallacieux. Certains se sont retrouvés dans des situations d’extrême pauvreté à la suite de ces dons. Lors du procès le juge a constaté que l’ascendant exercé par Mwinda Lezoka sur ses victimes a été un élément significatif pour l’obtention des sommes, constituant un réel « un abus de confiance ».

Afin d’éviter un jugement, le pasteur a essayé de faire durer l’affaire en multipliant les reports, les requêtes ou bien en changeant d’avocat. En plus de sa peine de prison il devra remettre 268 000 dollars à ses victimes d’ici 2029 dans le cadre d’une ordonnance de restitution. Il devra aussi payer une amende de remplacement de 50 000 dollars sous peine d’être condamné à une année de prison supplémentaire.

Le pasteur a fait appel du jugement.  

(Source :  La Presse, 17.03.2022)

1529 signataires pour agir contre les charlatans de la nutrition

Au Québec, des membres de l’Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec (ODNQ) signent une lettre ouverte encourageant la ministre Danielle McCann, responsable des lois professionnelles, à déposer un projet de loi relatif à l’accès aux soins nutritionnels.

Dans cette lettre, des professionnels et experts de la nutrition clinique s’alarment de l’augmentation de cas de charlatans de la nutrition.  Ils déplorent la facilité avec laquelle il est possible, sans formation aucune, de se créer un statut permettant de prodiguer des soins nutritionnels à des personnes potentiellement en situation de vulnérabilité. Ils citent des cas de charlatans ayant fait courir de sérieux risques pour la santé de leurs clients. Afin de mieux protéger le public, l’ODNQ propose de revenir sur une loi, celle qui réserve l’accès au traitement nutritionnel par un diététiste-nutritionniste à ceux qui ont une ordonnance. Paradoxalement, cette loi pourrait augmenter le risque de voir une clientèle vulnérable se tourner vers des charlatans. Les signataires proposent donc « le retrait de la condition de l’ordonnance qui crée la réserve de l’activité des diététiciens-nutritionnistes. » Ils précisent que cette demande est appuyée par le Collège des médecins du Québec et par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. 

(Sources : Le Devoir, 17.04.2022)

Bien-être et complotisme

Dans un article de janvier 2022, Quand l’industrie du bien-être sombre dans le complotisme, La Presse s’intéresse aux liens entre médecines douces et conspirationnisme.

La journaliste Isabelle Hachey a rencontré Béatrice Elouard, directrice de l’école de Polarité Véga, en Estrie, au Canada. Cette dernière explique que par « polarité », il faut entendre « une approche énergétique qui utilise les concepts physiques, psychologiques et spirituels inspirés de la tradition hindoue ». Le lien avec la nature, avec l’univers, les autres et soi-même est primordial. Dans cette école, se croisent des médecins, des professeurs, des notaires. Solidarité et bienveillance sont des valeurs chères à l’établissement. Récemment, la directrice s’est étonnée face aux 40 à 50% de personnes de son école refusant de se faire vacciner contre le Covid-19 et qui ne pensent pas la santé d’un point de vue collectif.

Pour sonder les raisons de ces réticences vaccinales, la journaliste est allée à la rencontre d’enseignants qui refusent toute injection dans leur corps. Les témoignages recueillis révèlent leurs liens avec les médecines alternatives. La naturopathie, l’ostéopathie ou l’acupuncture sont évoquées. Cela ne signifie évidemment pas que tous les instructeurs de yoga rejettent le vaccin. Cependant, le milieu de la spiritualité Nouvel Âge et celui des médecines douces ont toujours été un terreau pour le scepticisme vaccinal et avec la pandémie, la méfiance à l’égard des laboratoires pharmaceutiques s’est décuplée. Sur les réseaux sociaux, le ton s’est durci, parfois au détriment de la bienveillance.

En parallèle, la professeure en communication à l’Université de Sherbrooke, Marie-Eve Carignan, a suivi les trajectoires de conspirationnistes sur le web pendant plusieurs mois en 2021. Son constat est surprenant : des groupes d’extrême droite et une partie de l’industrie des médecines douces ont des liens et constituent un réseau. Le dénominateur commun de leur pensée : la contestation des mesures sanitaires, la méfiance envers les élites, autant pour le gouvernement que la « Big Pharma ». Ce phénomène est également observé aux Etats-Unis où l’industrie du bien-être et la spiritualité sont devenues des portes d’entrée pour la mouvance conspirationniste QAnon, à tel point qu’a été créé un mot-valise pour désigner le rapport entre ces deux « alliés improbables » : la « conspiritualité ». 

(Source : La Presse, 23.01.2022)

Une église contre les mesures sanitaires

Steve Gesualdi, pasteur de l’église évangélique Good News Chapel de Montréal, prêche ouvertement contre les vaccins, le port du masque ou encore le pass sanitaire. Il les compare à un système sorti du « livre de Satan ». Pourtant au sein du mouvement plusieurs personnes ont contracté le Covid et certaines en seraient mortes.

Par peur des représailles les membres de l’église ont des difficultés à témoigner mais des proches de membres du groupe n’hésitent pas à le faire. Un infirmier ayant contracté la Covid auprès d’un ami membre du groupe constate que les malades sont de plus en plus nombreux à cause des rassemblements du groupe. Autre témoignage celui d’une dame dont un proche, adhérant au groupe, se trouve en soins intensifs.

En cause, dans ces témoignages, les considérations du pasteur à l’égard des mesures sanitaires et notamment la vaccination. Cette dernière y est perçue comme la « marque de la bête » dépeinte dans l’Apocalypse (livre de la Bible). Elle serait l’œuvre de Satan provenant de Big Pharma et non de Dieu.  Le port du masque et la distanciation sociale sont vus comme des hérésies. A de nombreuses reprises le non-respect des règles sanitaires au sein du groupe aurait été porté à l’attention des autorités de santé publique ; mais sans aucune plainte officielle, elles ne peuvent intervenir. La police a pu cependant visiter les lieux mais aucune infraction n’a été constatée.  (Source : Le Devoir, 07.12.2021)

Un lieu de culte illégal

Un tribunal a ordonné aux esséniens de cesser leurs cérémonies sur les terrains acquis à Cookshire-Eaton au Canada. La réglementation ne permet en effet pas que ce terrain soit utilisé pour l’exercice d’un culte.

Ce terrain avec été acquis en 2007 par le groupe afin de devenir l’un de ses principaux lieux de culte. Le mouvement y avait construit des bâtiments grâce à un permis pour usage récréotouristique qui est accompagné de taxes et ne permet pas l’établissement d’un lieu de culte. Le groupe jouait sur la confusion entre ces deux statuts afin de ne pas payer de taxes. La mairie de Cookshire-Eaton est donc satisfaite qu’un jugement clarifie la position. La juge a rappelé que dès l’achat de ce terrain le groupe savait qu’il ne pourrait pas y installer un lieu du culte, un courrier allant dans ce sens avait été envoyé trois mois avant la transaction.

En 2015, l’Eglise essénienne avait souhaité modifier le zonage afin de pouvoir établir un lieu de culte mais cela avait été refusé par le conseil municipal de la ville. Dans sa décision la juge rappelle que la ville avait proposé d’autres lieux au groupe avant que le litige ne soit judiciarisé. La ville n’empêche pas l’exercice d’activité religieuse mais ne le permet pas là où le groupe a décidé de s’établir.

Les esséniens souhaitent faire appel de la décision estimant que la Cour supérieure est dans l’erreur en stipulant que la liberté de religion n’avait pas été violée. Il souhaite aussi établir un nouveau dialogue avec la municipalité. 

(Sources : Radio Canada, 10.12.2021 & Le Journal de Montréal, 10.12.2021)

Lire l’ensemble des articles sur l’Eglise essénienne : https://www.unadfi.org/mot-clef/essenia-eglise-essenienne/

Réinfo Covid s’exporte

Connu en France, le groupe Réinfo Covid qui milite pour « « une politique sanitaire juste et proportionnée » est aussi implanté outre-Atlantique au Québec. Le groupe ouvertement anti-vaccin prolifère sur les réseaux sociaux et multiplie ses réunions publiques pour diffuser son idéologie.

Fondé en juin 2021, le groupe organise des conférences de presse pour dénoncer la gestion de la pandémie et aborder le sujet de la vaccination, n’hésitant pas à diffuser de fausses informations. Réinfo Covid Québec organise aussi des manifestations d’opposants aux mesures sanitaires et à la vaccination obligatoire. Leur porte-parole est un médecin à la retraite. Comme il l’indique sur son site web, le groupe souhaite réunir des médecins et des soignants mais pas uniquement. Il prétend réunir des opinions différentes autour d’un dénominateur commun mais au sein du groupe des personnes vont défendre des idées plus extrêmes. Il est difficile d’estimer le nombre de personnes adhérant au groupe. Seule indication chiffrée : le nombre de membres du groupe Facebook, 13 500 au début du mois de novembre. Un grand nombre de publications, notamment sur la dangerosité des vaccins, y sont largement partagées et commentées. Sur leur site on peut retrouver certaines théories complotistes, la promotion de traitements dont l’efficacité n’a pas été prouvée ou encore de nombreuses fausses informations censées permettre aux internautes de se « réinformer ».

La différence est notable entre les discours publics et les idées partagées sur internet et les réseaux sociaux. Sur ces plateformes le groupe semble enclin à plus de radicalité.  Pour Stephanie Yates, professeure au Département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal, le discours sur les espaces numériques est différent car il est notamment moins fondé scientifiquement et plus émotif en faisant plus appel à la peur. Pour elle, les discours dans les espaces numériques s’adressent à des personnes déjà sympathisantes et ne requièrent aucune édulcoration et les remises en question seront quasi-inexistantes.

L’ouverture de Reinfo Covid à une pluralité de discours est aussi un constat du journaliste français William Audureau qui montre que le fonctionnement du groupe permet à certaines personnes sans background médical d’exprimer et de promouvoir des « discours parfois assez exotiques ». Il a remarqué que la quasi-intégralité des publications tournent autour de la dangerosité supposée des vaccins et des masques, bien que le groupe se défende d’être antivaccins et anti-masques.   (Source : Radio Canada, 13.11.2021)

Lire sur le site de l’Unadfi, L’inquiétante évolution du collectif Réinfocovid : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/l-inquietante-evolution-du-collectif-reinfocovid/

 

 

Une vie sous contrainte

Dans son article « Incursion dans le monde de l’Opus Dei », Radio Canada publie un témoignage montrant le contrôle abusif de l’organisation sur les individus. Un homme ayant vécu trente ans au sein de l’organisation admet être aujourd’hui victime de paranoïa et de peur irrationnelle..

Le témoin, Vincent Durocher s’est engagé en tant que numéraire à savoir qu’il a fait les mêmes vœux qu’un prêtre (pauvreté, chasteté, célibat). Pourtant dans le groupe la majorité des membres sont mariés et ont des enfants et rien ne laisse penser qu’ils sont membres de l’Opus Dei. Vincent Durocher a vécu dans des maisons de l’Opus Deï avec d’autres membres et l’intégralité de leur salaire est versé à l’organisation. Ils sont encouragés à respecter un plan de vie quotidien comprenant de nombreuses dévotions.

Pour Vincent Durocher, le sentiment de piège est profond. L’organisation ne lui a pas tout dit sur ses réelles intentions notamment sur les exigences financières et le fait de devoir consacrer une grande partie de sa vie au mouvement. Il faut être disponible pour le groupe : formations spirituelles, cercles de discussion. Le programme complet épuise les adeptes. Leur vie entière est contrôlée par l’organisation, les déplacements sont surveillés et les livres, le cinéma, le théâtre et d’autres loisirs sont proscrits. Une véritable emprise s’exerce au sein du groupe sur les individus.

Radio Canada a aussi donné la parole à un ex-adepte qui a dirigé plusieurs centres de l’organisation. Il confirme les pressions et une recherche de la perfection. Il reconnaît que de nombreux numéraires sont sous antidépresseurs souvent parce qu’ils ont l’impression de ne jamais atteindre la perfection, la sainteté. Les personnes souffrantes sont souvent orientées vers des médecins membres de l’organisation. Au sein du groupe, il est conseillé aux numéraires de se confier même sur leurs secrets les plus intimes à leur guide spirituel. Pour d’anciens membres, ces confidences entrent dans le cadre d’une volonté de contrôle. De plus, les supérieurs s’échangent les informations sur les fidèles, il n’y a aucune confidentialité.

L’Opus Dei est un mouvement qui dans de nombreux pays a une grande influence et n’hésite pas à répandre ses idées anti-avortement, contre le mariage pour tous ou l’aide médicale à mourir.  Certains estiment le nombre de membres dans le monde à plus de 90 000.  (Source : Radio Canada, 04.11.2021)

Action collective autorisée contre le pasteur Claude Guillot

Claude Guillot, pasteur baptiste, est accusé d’avoir abusé physiquement et psychologiquement des enfants de l’école La Bonne Semence de Victoriaville et d’une école clandestine de Québec. Une décision rendue par la Cour d’appel du Québec a donné son feu vert à la constitution d’une action collective contre le pasteur, l’Église évangélique baptiste de Québec-Est, l’Église baptiste évangélique de Victoriaville et l’Association d’églises baptistes évangéliques au Québec. Lire la suite

La face cachée d’une église québécoise

Radio Canada a donné la parole à plusieurs ex-fidèles de l’Eglise du révérend Paul Mukendi. Entre manipulation, emprise et exigences financières, les témoignages montrent le vrai visage de celui qui dirige le Centre évangélique Parole de vie à Québec. Pour rappel le pasteur a été reconnu coupable d’abus sexuels et des procédures judiciaires à son encontre sont encore en cours, notamment pour fraudes fiscales. Lire la suite