Nées sur internet à la faveur de la crise sanitaire, plusieurs communautés conspirationnistes, ayant pour ennemis communs la vaccination anti-Covid et la politique sanitaire du gouvernement, cherchent désormais à se regrouper physiquement dans des lieux reculés pour vivre autour d’idéaux communs.
Lire la suiteFrance
Trois ans de prison avec sursis pour le fondateur de l’Angélus
L’abbé Spinoza a été condamné à trois ans de prison avec sursis pour violence et maltraitance sur des élèves de l’Angélus, un établissement scolaire hors contrat qu’il avait fondé en 2010. Il a, en outre, été reconnu coupable de travail dissimulé par le tribunal correctionnel de Bourges.
Sous le patronage du Bon Pasteur, l’école ouverte à Presly dans le Cher accueillait une centaine d’élèves de la primaire à la terminale, jusqu’à sa mise sous scellée par la préfecture en juin 2017.
L’affaire a éclaté en 2017, après qu’une famille et des enseignants, anciens membres de l’Angélus ont dénoncé des faits de violences auprès de la direction de l’Académie. Les enquêteurs avaient rassemblé une cinquantaine de témoignages d’élèves, dont une vingtaine ont relaté des faits de violences et « deux ou trois » des agressions sexuelles. Ils avaient dénoncé des coups de poing, des gifles, des privations de nourriture (de la nourriture périmée avait été retrouvée lors des perquisitions), l’absence de chauffage ou l’obligation d’effectuer des tâches ménagères pour lesquelles aucun personnel n’était employé.
Finalement deux familles et l’association La Voix de l’enfant se sont portées parties civiles contre l’abbé, décrit par le substitut du procureur de Bourges comme un gourou qui aurait institutionnalisé la violence et organisé la terreur. Il n’a présenté aucune excuse aux victimes présentes.
Le parquet avait requis à l’encontre de l’abbé une peine de trois ans de prison, dont un ferme mais la cour n’ayant pas retenu « le caractère habituel des violences », il écope d’une peine avec sursis. Cependant le parquet a été suivi dans ses autres réquisitions et l’ecclésiastique n’a plus le droit d’enseigner ni de pratiquer des « activités rémunérées ou bénévoles au contact de mineurs pour une durée de dix ans ». Il a en outre, été condamné à verser un euro symbolique à l’association La Voix de l’enfant, et 20 000 € de dommages et intérêts aux autres plaignants.
Concernant les accusations de travail dissimulé, l’abbé Spinoza a été condamné à dédommager l’Urssaf Centre-Val de Loire à hauteur de 101 371 € pour les cotisations sociales non versées entre 2014 et 2017. A l’époque des faits, le prêtre avait fait rédiger une convention de bénévolat par un avocat pour se couvrir – ce dernier était partie civile au procès. Plusieurs bénévoles étaient payés 15 euros de l’heure en liquide, tandis que des enseignants et des surveillants bénéficiaient d’avantages en nature.
Deux autres prévenus, eux aussi accusés de violence, ont écopé de peines plus légères.
(Source : La Croix, 24.11.2021)
Pour en savoir plus sur l’affaire lire sur le site de l’Unadfi : Perquisition dans une école hors contrat du Cher https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/education-periscolaire-et-culture/perquisition-dans-une-ecole-hors-contrat-du-cher/
One Nation poursuit sur sa lancée
Après l’échec de son installation dans le Lot, le mouvement One Nation envisage désormais de s’établir dans les Alpes de Haute-Provence. Une équipe de journalistes de l’Œil du 20h de France 2 a infiltré le mouvement lors d’un atelier de trois jours organisé près de Valence (26) par Alice Pazalmar, la fondatrice de One Nation.
Lire la suiteJ’ai passé mon enfance dans une secte religieuse – Le Speech de Joseph
Séquestrations, tortures, violences sexuelles, c’est ce qu’a vécu Joseph, membre de la communauté de Malrevers (43) jusqu’à ses quatorze ans.
Lire la suiteLa pandémie suscite un regain d’intérêt pour l’ésotérisme
« Coming out spirituel » pour certains, aide pour affronter des temps incertains pour d’autres, les pratiques ésotériques n’ont jamais eu autant de succès que depuis le début de la pandémie. Selon un sondage Ifop paru dans Elle, 58% des français croient aujourd’hui en une « parascience ».
Lire la suiteDans la tête des complotistes, les dessous de l’infox, RFI, 19.11.2021, 19 minutes
L’émission de RFI, Les dessous de l’infox a reçu dans son édition du 19 novembre le journaliste et auteur William Audureau pour parler de son livre Dans la tête des complotistes.
Une année durant, il a infiltré des groupes complotistes, a discuté avec des conspirationnistes pour comprendre ce qui les a amenés à adhérer à ces thèses. Comprendre ce mode de pensée est aussi la clé pour les aider à en sortir.
(Source : RFI, 19.11.2021)
Écouter l’émission : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/les-dessous-de-l-infox/20211119-dans-la-t%C3%AAte-des-complotistes
Le fact-checking est-il utile ?
Face à l’avalanche de fake news qui se répandent sur internet depuis le début de la pandémie, de nombreuses rédactions se sont lancées dans la vérification des faits (fact-checking) pour les contrecarrer.
Si le fact-checking fait hésiter à partager une fausse information, cela n’aura cependant pas « d’incidence sur l’impression globale du sujet » explique Emeric Henry, professeur associé au Département d’économie de Sciences Po. Ainsi on peut corriger une information ponctuelle prouvant qu’un accident de vaccination est faux, sans modifier l’impression globale du public réticent au vaccin contre la Covid-19.
La vérification des faits comporte aussi le risque d’attirer l’attention sur l’information que l’on veut contrer et d’augmenter son audience.
Atteindre sa cible dans le fact-checking est très difficile, car ceux qui partagent de fausses informations ne s’intéressent qu’à celles qui vont dans le sens de leurs croyances et confortent leur opinion. C’est ce que déplorait déjà Caitlin Dewey, la spécialiste des Hoax du Washington Post, en 2014. Cependant, pour le journaliste William Audureau, le fact-checking aide ceux qui font encore confiance à la presse.
Les spécialistes du fack-checking ont cependant constaté que le manque d’efficacité du procédé pourrait tenir au format utilisé pour exposer les faits corrigés. Il semblerait que le format vidéo soit plus efficace pour convaincre quelqu’un, en particulier lorsque les gens confrontent leurs idées. Dan Sperber et Hugo Mercier, chercheurs en psychologie cognitive, ont montré que la capacité à raisonner est meilleure dans le cadre d’un dialogue que d’articles qui seraient donc moins efficaces.
Par ailleurs, le fack-checking ne se prête pas à certains exercices comme la vérification de faits en temps réel comme lors de débats sur les chaînes de télévision, BFMTV ou LCI. Le fact-checking demande de l’approfondissement et ne doit surtout pas tomber dans l’approximation. Les « fact-checkeurs doivent se concentrer sur des sujets vérifiables le plus objectivement possible » explique Emeric Henry.
Un autre obstacle de taille, pour les fact-checkeurs est Facebook, l’un des principaux canaux de diffusion de fausses informations. Si des partenariats ont été noués entre Facebook et des médias comme les Décodeurs du Monde ou Factuel de l’AFP, on ignore leur impact sur un réseau social où les fausses informations circulent six fois plus vite que les vraies. Pour une société comme Facebook, dont le modèle économique repose sur le nombre d’engagements sur une publication, c’est-à-dire de like, partages, et commentaires, il n’est guère intéressant de freiner leur propagation. (Source : L’Express, 25.11.2021)
Démantèlement d’un réseau complotiste qui préparait des actions violentes
Le complotiste Rémy Daillet, qui avait fait parler de lui lors de l’enlèvement de la petite Mia, a été mis en examen le 22 octobre 2021 pour avoir fomenté un coup d’État et des actes de terrorisme antimaçonniques et antisémites. Au moins quatorze autres personnes, proches de l’extrême droite, ont été mises en examen pour avoir participé au projet.
Lire la suiteMarabouts, mediums et guérisseurs : des abus et des pratiques dangereuses
Amour travail, argent, santé : des marabouts et charlatans sans scrupule aux méthodes bien rôdées s’attaquent aux personnes fragiles en proposant des solutions miracles ou de prétendus remèdes coûteux et dangereux pour la santé.
Lire la suiteLe développement personnel fait vendre
Avec son lot d’inquiétudes et de peurs la pandémie a entrainé une nette augmentation des ventes d’ouvrages de développement personnel. Ces livres promettent des solutions miracle pour une vie meilleure.
Les chiffres ont de quoi impressionner : +148% entre juin 2019 et 2020, annonce une directrice éditoriale. Psychiatre à l’Assistance publique Hôpitaux de Marseille, Guillaume Fond constate que ces livres ciblent des personnes qui ressentent de l’impuissance et de l’injustice. Ils retrouvent alors l’impression d’être acteur de leur vie. Il reconnaît le côté feel good de ces ouvrages, mais incite à bien choisir car le nombre impressionnant de ventes n’est pas un gage de sérieux et de crédibilité. Il appelle à se méfier de toutes les promesses miraculeuses et la pensée magique.
En effet, bien souvent basés sur des expériences personnelles et des témoignages, ces livres glissent vers le spirituel et l’ésotérisme, s’écartant complétement de toute notion psychologique et scientifique.
(Source : Le JDD, 09.11.2021)
