Éditorial

La période estivale (2002) a connu quelques faits marquants : des décisions de justice qui démontrent la difficulté qu’ont encore certaines instances à saisir la dangerosité sectaire, dans le même temps où une micro-secte de l’Ouest de la France était le théâtre d’événements dramatiques que la presse, dans son ensemble, analysait avec beaucoup d’objectivité et une profonde humanité.

Le milieu médical profondément choqué par une décision d’un tribunal administratif, dont la logique reviendrait à priver de mère un enfant nouveau-né, a réagi et a clairement manifesté son émotion renforçant ainsi la légitimité de l’analyse que nous menons dans nos associations depuis plusieurs décennies.

Le soutien et l’accompagnement des victimes que nous avons assurés lors des drames de ce mois d’août montrent que notre action sur le terrain est plus que jamais nécessaire et utile.

La sensibilisation immédiate des Autorités dans le Gard et l’Hérault aux risques de récupérations sectaires à l’occasion des inondations de septembre a permis de prévenir efficacement les infiltrations qu’avaient connues Toulouse lors de l’explosion de l’usine AZF et l’Aude lors des inondations d’il y a quelques années.

Tout cela a fait passer au second plan les changements que l’U.N.A.D.F.I. a connus cet été : élection d’un nouveau Bureau composé de sept membres issus des ADFI du Nord, de l’Ouest et du Sud de la France et surtout le renforcement du Service de Documentation structuré autour de pôles d’intérêts, qui permettra de renforcer la synergie des diverses ADFI ainsi que l’action de l’Union Nationale.

Les modifications attendues par l’ensemble des A.D.F.I. au niveau d’une meilleure lisibilité des structures et de leur fonctionnement sont en cours de réalisation. Ce n’est pas le lieu, ici, d’aborder ces changements, mais ils sont le signe d’une nouvelle impulsion et d’un renforcement de l’action que nous menons.

Notre détermination à continuer d’aider les victimes de sectes et à prévenir de la dangerosité des groupes sectaires s’inscrit dans la continuité de l’action menée.

Editorial

Au cours de l’été 2002, la presse quotidienne nous apprenait qu’aux USA un gamin de douze ans entrait dans son collège porteur d’une arme. La direction de l’école s’y est opposée. Ce garçon, soutenu par ses parents, membres de la secte POUM (sic), d’inspiration indienne, dirigée par le Révérend…, insista pour continuer, en arguant d’une obligation dans sa religion. L’affaire fut déférée à la justice, et celle-ci donna satisfaction au porteur d’arme, dans un contexte où, par surcroît personne ne peut plus ignorer le drame de Columbine, notamment depuis le film (Bowling for Columbine).
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Editorial

Parmi les manifestations extrêmes de la mégalomanie, cette folie des grandeurs caractéristique de tous les « chefs », « leaders » ou « Führer » des sectes passées ou présentes, certaines atteignent des sommets – avant la chute parfois, hélas, dévastatrice, non seulement pour le mégalomane et ses adeptes, mais pour beaucoup d’autres. La puissance absolue sur les hommes et sur le monde est toujours le phantasme suprême.

Moon et ses projets de constructions pharaoniques, Raël et son rêve de clonage, sont des exemples de cette mégalomanie contemporaine.

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Editorial

Ceci est un extrait de l’éditorial du premier BULLES, le n° zéro, paru au printemps 1983, c’est à dire huit ans après la création des premières ADFI. Les conditions de rédaction et de parution de ce numéro relevaient de l’artisanat : articles tapés à la machine, ronéotypés, reliés manuellement, etc.
La situation a, en effet, bien évolué depuis la parution de ce premier numéro ; nous nous en réjouissons et les fondateurs de l’UNADFI et auteurs de cette première parution peuvent constater, vingt ans plus tard, que nous ne sommes plus tout à fait seuls à analyser ce phénomène de la société contemporaine et à soutenir notre objectif essentiel : l’aide aux victimes de sectes.

En effet, notre association n’est plus la seule source d’information sur le phénomène sectaire. Les médias s’en sont largement, depuis lors, fait l’écho. La société a pris conscience qu’elle était concernée. Les pouvoirs publics ont réagi : deux commissions d’enquêtes parlementaires ont rassemblé tous les courants politiques représentés au Parlement, la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS) a été créée. La loi About-Picard a également été votée en juin 2001 à l’unanimité du Sénat et de l’Assemblée Nationale, donnant une nouvelle définition pénale de la « mise en état de sujétion ». Depuis, la MILS a été reconduite sous un nouveau sigle : Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES).

Pour revenir aux liens avec les médias, signalons que, à l’origine, les sources d’information étaient rares et la documentation de l’UNADFI était déjà largement mise à la disposition des journalistes. Très rapidement la télévision, la radio et la presse écrite ont fait appel aux bénévoles de l’UNADFI et des ADFI régionales. Il est vrai également que BULLES rend compte de nouveaux événements relatifs aux dérives sectaires à partir d’articles de presse et d’émissions de télévision ou de radio.

Bulles reste fidèle à la position adoptée dès le début, à savoir : toucher un public aussi large que possible et pour cela faire paraître des articles de niveaux très divers.

Pour célébrer ses vingt ans, BULLES a voulu marquer cet anniversaire par un numéro qui donne la parole à tous ceux qui font les ADFI aujourd’hui et dont certains sont des pionniers, toujours sur la brèche depuis la création des premiers ADFI. Leurs témoignages, avons-nous pensé, vont permettre à nos abonnés et lecteurs occasionnels de se faire une idée plus précise de l’action des bénévoles de nos associations et ainsi créer un certain rapprochement.

Enfin, pour revenir aux souhaits manifestés par les premiers rédacteurs de BULLES, nous osons espérer que nos abonnés d’aujourd’hui trouvent dans notre revue une source enrichissante d’information, de réflexion et d’analyse.

Claire Champollion

Dans le dernier numéro de BULLES qui fêtait les 20 ans de ce bulletin, le nom de Claire Champollion n’apparaissait qu’une fois mentionnant l’interview publiée en 1992 dans le numéro 33 . Nous avons bien plus à en dire.
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Editorial

La MIVILUDES a rendu public le 26 janvier, à l’occasion d’une conférence de presse, le rapport annuel d’activité qu’elle remet au premier ministre. Cette Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires rappelle l’objectif qui lui a été fixé « d’observer et d’analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire ».

Des propositions attendues

L’UNADFI se félicite des dix propositions d’action contenues dans ce rapport qui viennent relayer des demandes qu’elle formait pour sa part depuis plusieurs années : modification du point de départ du délai de prescription en matière pénale pour les ex-adeptes de secte, mise en place d’une formation sur la spécificité sectaire pour les professionnels de divers secteurs, amélioration des structures de repérage et diffusion des « bonnes pratiques de soins ».

Une approche partielle

L’essentiel du rapport décrit les « dérives sectaires » à partir d’un certain nombre d’infractions pénales circonstanciées (atteintes aux biens, atteintes à la personne), tout en reconnaissant que « le recours au juge ne constitue pas un critère suffisant de la dérive » et que la prévention est légitime. Sous cet angle, l’UNADFI attire l’attention sur le risque que ce rapport fait courir, à des lecteurs non avertis, de faire oublier que la véritable dérive réside dans le modèle social sectaire, destructeur du lien démocratique et de l’individu citoyen. Ce type de dangerosité apparaît en effet essentiellement dans le contentieux civil (contentieux familial, droit du travail, etc.) non abordé par la Mission et ne peut être réduit à la notion de « trouble à l’ordre public ». Le mode de fonctionnement sectaire, tel que le décrit la parole des victimes est de type totalitaire. Le projet hégémonique sectaire tel que les précédents rapports l’ont mis en évidence au niveau économique reste une préoccupation première pour les tenants des valeurs fondamentales des Droits de l’Homme, valeurs que les sectes bafouent allègrement aussi bien dans leur fonctionnement que dans leurs doctrines.

Une politique préoccupante

L’UNADFI note avec satisfaction que la Mission Interministérielle entend faire « la défense et illustration » du dispositif français sur le plan international. Elle nourrit toutefois une crainte, sur ce terrain, à la lecture de la position du Ministère des Affaires Étrangères qui relève d’un amalgame inacceptable entre secte et religion de nature à remettre en question l’action menée avec succès par la France au niveau de l’aide aux victimes de sectes.

Le désir « d’ouverture », de «dialogue» avec les sectes, naïvement souhaité par ce Ministère, alors que la MIVILUDES condamne dix pages plus loin dans son rapport les pressions exercées par les mêmes mouvements, pressions qu’elle qualifie «d’entraves au service public», amène l’UNADFI à s’interroger sur la volonté politique du Ministère des Affaires Étrangères qui va jusqu’à conduire ce dernier à qualifier les mouvements sectaires d’« organisations de la société civile ».

Une dérive de la société

Pour l’UNADFI, les sectes constituent en elles-mêmes une dérive et c’est sous cet angle que l’opinion publique des pays démocratiques, après les victimes, a appris à les juger.

Si le phénomène sectaire semble pour la MIVILUDES être en régression apparente il continue pourtant à croître et embellir, sous forme diffuse, d’un nombre important de groupes très souvent mal identifiés mais dont la nuisance n’en fait pas pour autant moins de victimes.

En cas de divorce …

Depuis 1993, dans toute procédure le concernant, le mineur « capable de discernement » peut désormais s’exprimer devant le juge ou la personne que celui-ci désigne à cet effet et lui faire part de ses choix de vie quand ses parents se disputent sa garde. Si l’enfant en fait lui-même la demande, son audition ne peut lui être refusée que sur une décision spécialement motivée. Et s’il souhaite être assisté d’un avocat lors de la confrontation, il peut bénéficier de l’aide juridictionnelle, qui prendra en charge les honoraires afférents, de façon qu’il n’ait rien à payer. Cette disposition fait écho à l’article 12 de la Convention internationale, selon lequel chaque enfant a la « possibilité d’être entendu dans toute procédure judiciaire ou administrative l’intéressant ».
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Que faire si son enfant est embrigadé

Ne pas le juger, le condamner trop hâtivement pour ses choix ou son engagement.

Toujours lui rappeler qu’on respecte sa liberté d’opinion même si on en souffre, évidemment.

Rester lucide face aux nombreuses sollicitations dont vous ne manquerez pas d’être l’objet, si votre enfant revient vers vous à l’instigation de son groupe, en agent prosélyte de sa communauté d’adoption.
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