Une illusion d’ordre dans un monde chaotique

Une étude menée par l’Université Flinders révèle que l’adhésion aux théories du complot ne s’explique pas seulement par un manque d’esprit critique. Elle serait aussi liée au style cognitif des individus, en particulier à une tendance appelée systématisation.

Les personnes qui privilégient des explications structurées et fondées sur des règles seraient plus enclines à trouver les théories du complot convaincantes. Ces récits offrent en effet une vision claire et organisée d’événements souvent perçus comme complexes ou chaotiques.

Une étude a été menée auprès de plus de 550 participants. Les chercheurs, dirigés par le Dr Neophytos Georgiou, ont analysé la manière dont différents profils cognitifs traitent l’information. Résultat : les individus attirés par les schémas et la cohérence logique montrent une plus grande propension à croire aux théories complotistes, même lorsqu’ils possèdent de bonnes compétences en raisonnement scientifique.
Selon les chercheurs, ces théories séduisent car elles donnent l’impression de relier des événements dispersés dans une explication cohérente. Pour les personnes qui recherchent fortement la logique et la prévisibilité, ce type de récit peut paraître particulièrement satisfaisant.

L’étude indique également que les individus ayant un fort penchant pour la systématisation ont plus de difficultés à réviser leurs opinions face à de nouvelles preuves, ce qui peut expliquer la persistance de certaines croyances complotistes malgré des informations contradictoires.
Les chercheurs estiment que pour lutter efficacement contre la désinformation, il ne suffit pas de vérifier les faits. Les stratégies devront aussi prendre en compte la manière dont les individus préfèrent traiter l’information, car les théories du complot répondent souvent à des besoins psychologiques profonds.

En résumé, comprendre les différents styles de pensée pourrait aider à mieux expliquer pourquoi certains récits complotistes restent si convaincants et pourrait surtout aider à concevoir des réponses plus efficaces face à la désinformation.  

(Source : Flinders University, 27.02.2026)

Lire l’étude : https://link.springer.com/article/10.1007/s10339-025-01326-0

A lire aussi sur le site de l’Unadfi : Vingt-cinq ans d’influence croissante : https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/internet-et-theories-du-complot/vingt-cinq-ans-dinfluence-croissante/

  • Auteur : Unadfi