Plus de 200 personnes suspectées d’abus sexuels identifiées 

Une ligne d’assistance, créée par une ancienne adepte de Two by Twos, affirme avoir identifié plus de 200 personnes soupçonnées d’abus sexuels sur mineurs en Australie et en Nouvelle-Zélande. Le groupe, aussi appelé Église sans nom, fait l’objet de plusieurs enquêtes.

Jillian Hishon a passé 38 ans au sein de la communauté fondamentaliste Two by Twos avant d’en être exclue pour avoir épousé un non-membre. Elle a fondé en 2023 la ligne d’écoute The Brave Truth. Elle dit avoir recueilli les témoignages d’environ 280 victimes d’abus sexuels commis au sein de l’église. Selon elle, l’ampleur des signalements est « stupéfiante » au regard de la taille relativement modeste du groupe, estimé à environ 7 500 membres en Australie. Elle affirme aussi que, grâce à ces témoignages, 200 agresseurs présumés auraient été identifiés.

L’église Two by Two affirme pour sa part, dans un communiqué, être engagée pour la sécurité des enfants et assure qu’elle « écoutera et croira les survivants ». Mais d’anciens membres dénoncent des décennies de dissimulation, permettant à des agresseurs présumés de continuer à circuler librement entre les foyers, notamment en raison du mode de vie itinérant des ministres, hébergés chez les fidèles.

Une survivante a témoigné pour la première fois d’abus subis dès l’âge de dix ans par un ancien ministre, décrivant des années de violences, de coercition et de contrôle. L’église a confirmé que l’homme avait été ministre jusqu’en 1980 et qu’il avait été renvoyé à la suite d’accusations. Il a néanmoins continué à fréquenter des réunions jusqu’à son incarcération en 2023. Libéré récemment, il avait plaidé coupable d’agressions sexuelles commises dans les années 1970.

Le FBI, via son bureau d’Omaha, mène actuellement une enquête internationale sur les allégations visant le réseau mondial de la secte, active notamment en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et au Canada. Si des victimes néo-zélandaises ont déjà été entendues, aucune action n’a encore été engagée en Australie, selon ABC.

Parallèlement, des accusations de manque de gouvernance et d’opacité financière émergent. Un document soumis à une commission d’enquête parlementaire de l’État de Victoria affirme que la secte ne dispose d’aucune entité juridique enregistrée en Australie, ce qui compliquerait l’accès des victimes au Programme national de réparation. Les auteurs évoquent également l’existence présumée de comptes fiduciaires secrets pouvant contenir des millions de dollars.

L’église affirme avoir demandé à adhérer au programme de réparation en 2022 et dit coopérer avec les autorités, ainsi qu’avec un cabinet d’enquête indépendant spécialisé dans la protection de l’enfance. Le rapport final de la commission parlementaire est attendu pour septembre 2026. 

(Source : ABC News, 07.12.2025)

A lire aussi sur le site de l’Unadfi : Enquête pour abus sexuels sur mineurs : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/enquete-pour-abus-sexuels-sur-mineurs/

  • Auteur : Unadfi