Députée du Nord depuis 2017 et membre du groupe Renaissance, Brigitte Liso s’est impliquée activement dans les travaux parlementaires autour de la loi votée en mai 2024 visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires. Elle en a été rapporteur avec Lauriane Josende, sénatrice des Pyrénées-Orientales. Engagée sur les questions de santé publique, de protection des citoyens et de respect des libertés fondamentales, elle a suivi de près les débats parfois vifs suscités par ce texte. Pour l’UNADFI, elle a accepté de revenir sur les coulisses du vote, les pressions exercées par certains lobbys et les enjeux politiques et éthiques liés à cette législation.
Madame la Députée, avant le vote de la loi de mai 2024 renforçant la lutte contre les dérives sectaires, quels types de pressions ou de tentatives de lobbying avez-vous constatés, que ce soit de la part de groupes religieux, de mouvements spirituels ou d’organisations connexes ?
Le meilleur vecteur pour ces organisations, ce sont les courriels, et les courriels en grand nombre. Il y a des groupes qui se constituent et qui arrosent les boîtes mail des députés. Et quand je dis qu’ils arrosent, ça peut être jusqu’à 200 mails en une heure. Avec des arguments très provocateurs comme l’atteinte à la liberté d’expression, à la liberté individuelle, aux droits des lanceurs d’alertes… Ils reprennent toujours les mêmes éléments de langage avec des mots clés qui peuvent vraiment faire peur. Et tout ça résonne assez facilement dans l’esprit des personnes qui ne sont pas toutes au fait du sujet. Ici, à l’Assemblée, beaucoup de mes collègues n’ont pas de vision sur l’étendue des dérives sectaires. Certains sujets provoquent plus de pressions que d’autres, celui des dérives sectaires en fait partie.
