Âgé de 60 ans, Ludovic Durand vit aujourd’hui en Charente, à Magnac-sur-Touvre, où il dirige un site de vente de café en ligne. Mais pendant près de vingt ans, sa vie a été profondément marquée par son engagement au sein de l’Église de Scientologie. Recruté à Paris en 1987, alors qu’il travaillait dans l’aviation civile, il s’est rapidement impliqué, a gravi les échelons et est devenu staff à temps plein. Depuis sa sortie du mouvement, il témoigne publiquement des mécanismes d’emprise qu’il dit avoir subis et de leurs conséquences : dérives financières, isolement social, rupture familiale… Rencontre avec l’un des rares ex-scientologues français à briser le silence à visage découvert.
Vous avez été membre du système pendant près de vingt ans. Puis vous avez décidé d’en sortir. Y a-t-il un moment précis, une scène ou une parole, qui a constitué un point de bascule pour vous ?
Il n’y a pas eu un moment, c’est une succession d’événements. Très tôt déjà, quand je suis arrivé devant le bâtiment en 1987, je ne savais pas que j’arrivais dans l’antre de la Scientologie. Je venais juste chercher des renseignements sur la dianétique. Quand j’ai vu la façade, j’ai pensé « c’est une secte ça »… Mais j’y
suis rentré quand même, je me suis dit « ils ne vont pas me manger ». Et oui, j’y suis revenu, et j’y suis resté…
Ensuite, ce qui m’a peu à peu ouvert les yeux, ce sont des moments de tension, des moments où je me faisais réprimander, où l’on me faisait sentir que j’étais une pauvre victime, c’est-à-dire irresponsable dans le langage de la Scientologie, c’est ce qu’il y a de pire…
Je me souviens du jour où j’ai pointé des incohérences techniques sur ce que l’on nous demandait de faire.
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DROIT DE REPONSE
de la Fédération française des Eglises de Scientology
Contrairement à ce qui est prétendu dans l’article, il n’y a pas de « silence à briser » concernant la
Scientology, puisque la Scientology est une religion ouverte et accessible à tous, comme le sont les
ouvrages philosophiques et religieux de son fondateur L. Ron Hubbard. Dans ce témoignage, la personne
qui s’exprime avance qu’elle aurait été humiliée, psychiatrisée, et qu’il n’y aurait pas de place pour
l’initiative personnelle. C’est bien là l’opposé de la Scientology et de ce qui se passe dans nos églises.
La psychiatrisation des individus est à l’opposé des valeurs prônées par la Scientology, laquelle, ce qui
est universellement connu, lutte d’ailleurs contre ce phénomène via la CCDH.
La pratique de la Scientology, comme cela est documenté depuis longtemps et exprimé par des millions
de scientologistes à travers le monde, mène à une plus grande liberté spirituelle, à de plus grandes
aptitudes, et les scientologistes dans nos églises sont au contraire des gens pleins d’initiative, n’ayant
nul besoin qu’on leur dicte quoi faire.
Vous commencez votre article en parlant de « dérives financières », et pourtant l’article, et la personne
interviewée, n’en mentionne aucune…
Vous évoquez par ailleurs la « propagande noire ». Il est nécessaire de bien comprendre comment ce
terme est employé en Scientology et la réalité qu’il décrit. La propagande noire est une propagande
fondée sur le mensonge et les rumeurs. Des textes du fondateur explique comment la surmonter
lorsqu’on en est victime, en rétablissant la vérité et en prouvant la fausseté des rumeurs.
Malheureusement, la Scientology a dû, et doit encore, faire face à des campagnes de propagande noire
d’une rare intensité. La réponse est TOUJOURS fondée sur la vérité, jamais sur les rumeurs et le
mensonge. La propagande noire détruit des vies dans de nombreux domaines. Nous avons toujours su y
faire face et en ressortir grandis années après années.
Vous évoquez aussi la famille et relayez des accusations de « détruire la famille ». Au-delà du fait que
cette accusation récurrente, proférée dans le cadre de campagnes orchestrées par des associations anti
scientologistes et jamais documentée, nous précisons que la philosophie religieuse de Scientology
accorde au contraire une place de choix aux relations familiales. Elle offre aussi de nombreux moyens
fondés sur la connaissance des principes fondamentaux de la communication pour aider à aplanir les
relations douloureuses qui peuvent parfois exister au sein même d’une famille. Plus, des membres du
personnel des églises sont toujours là pour aider les scientologistes qui auraient besoin d’aide pour
renouer avec un membre de la famille avec lequel ils auraient pu avoir des différends. Heureusement,
dans l’immense majorité des cas, les scientologistes ont des vies de famille harmonieuses.
Par ailleurs, la philosophie religieuse de Scientology encourage les scientologistes à prendre leur santé
en main, à mener une vie équilibrée, à dormir suffisamment, à se nourrir sainement, à bannir l’usage de
drogues, bref tout l’opposé de la « vie déglinguée » que vous décrivez.
Vous évoquez également les associations que nous parrainons, notamment dans le domaine de la
prévention contre les dangers des drogues, allant jusqu’à écrire que les bénévoles de ces associations
seraient persuadés « de faire oeuvre d’utilité publique, mais c’est du vent », ce qui est peu respectueux
de leur engagement. Outre le fait que l’association en question est certainement une des plus actives
dans ce domaine, avec des bénévoles extrêmement dévoués et efficaces qui oeuvrent quotidiennement
dans l’hexagone, il faut savoir qu’elle a officiellement été reconnue par l’Etat français comme étant
d’intérêt général à caractère philanthropique après un examen minutieux de toutes ses activités. On peut
donc imaginer que son « utilité » n’est pas que « du vent », même (et surtout) si sa présence peut
certainement déranger ceux qui vendent ou promeuvent les drogues ou ceux qui ferment les yeux devant
ce fléau.
Enfin, vous évoquez « la pression qu’exerce la Scientology sur les instances françaises, européennes et
internationales » ce qui relève d’une stigmatisation dangereuse. Comme toute religion établie, nous
avons des instances de dialogue et d’échange avec les institutions, à tous niveaux. Nous participons au
dialogue avec les religions de l’Union Européenne, nous avons des instances reconnues au sein du
Conseil Économique et Social des Nations-Unies, et dans le monde entier, France comprise, nous
sommes ouverts à toute discussion avec les autorités et participons à la vie démocratique des pays dans
lesquels nous évoluons.
