A Neuchâtel, l’Église Réformée Vaudoise (1) fait face à des accusations d’abus spirituels, psychologiques, financiers et sexuels visant une pasteure.
Plusieurs femmes affirment avoir été placées sous emprise dans un contexte d’accompagnement pastoral ou thérapeutique, avant d’être entraînées dans des relations intimes présentées comme légitimées par la volonté divine.
Une première plaignante a alerté l’Église vaudoise dès juillet 2025. Malgré la gravité des accusations et l’ouverture d’une enquête pénale, l’institution a tardé à réagir, laissant la pasteure poursuivre ses activités. Une seconde victime présumée a ensuite signalé des faits similaires remontant à une quinzaine d’années. Ce n’est qu’au printemps 2026, après de nouvelles plaintes, que la pasteure a été suspendue puis licenciée.
L’affaire soulève des critiques sur la capacité des institutions religieuses à protéger les victimes et à agir rapidement face aux signalements. Le groupe de soutien aux personnes abusées dans une relation d’autorité religieuse (Groupe SAPEC) estime que la protection de la réputation institutionnelle demeure souvent prioritaire face à la souffrance des plaignants.
La pasteure accusée conteste les faits et est donc présumée innocente. Elle a été destituée par le Synode suisse.
(Blick, 07.06.26 ; Le temps, 11.06.26)
(1) Les vaudois sont nés à Lyon à la fin du XIIème siècle. Ils suivent les enseignements de Valdès qui encourage la lecture autonome de la Bible. Persécutés sous François Ier, ils se cachent dans le Piémont Italien et deviennent une branche du protestantisme en 1532.
