Sacré Cœur, la docufiction mystique et polémique à la fois  

Son distributeur ne s’attendait qu’à un succès confidentiel. Mais la docufiction Sacré Cœur a dépassé les 300 000 entrées en un mois. Un engouement nourri par les paroisses et les médias proches du groupe Bolloré, mais aussi par une série de polémiques qui ont propulsé le film au cœur du débat sur la laïcité.

Sorti le 1er octobre, Sacré Cœur, de Steven et Sabrina Gunnell, retrace les apparitions du Christ à une sainte bourguignonne au XVIIᵉ siècle et la naissance de la dévotion au Cœur de Jésus. Entre reconstitutions et témoignages, le film mêle ferveur religieuse et ambition pédagogique.
Malgré un démarrage discret, sa fréquentation a doublé en quatre semaines. Si bien qu’il est aujourd’hui programmé dans 350 salles. « Le bouche-à-oreille paroissial a tout fait », reconnaît Hubert de Torcy, président de Saje, le distributeur. Il évoque des affiches dans les églises et des échanges de liens sur WhatsApp comme moteur de la mobilisation.

Mais derrière le succès populaire, Sacré Cœur cristallise aussi les tensions autour de la laïcité et du prosélytisme religieux. La régie publicitaire de la SNCF et de la RATP, Mediatransports, a refusé sa campagne d’affichage en raison de son « caractère confessionnel ». Le maire de Marseille a, lui, tenté d’en interdire la projection dans un cinéma municipal avant d’être désavoué par la justice.
Ces controverses, abondamment relayées par les médias du groupe Bolloré, partenaires du film, ont contribué à en faire un symbole d’« identité chrétienne » pour une partie du public.

Les réalisateurs, qui se revendiquent « croyants et pratiquants », affirment vouloir avant tout « parler au grand public ». Ils poursuivent ainsi une tournée de ciné-débats à travers la France. Quant au film, il s’exporte déjà à l’étranger. Après la Belgique, la Suisse, les Antilles, et l’Afrique francophone, il suscite des demandes aux États-Unis, en Pologne et en Corée du Sud. 

(Sources : France Info, 30.10.2025, Le Télégramme, AFP & Le Figaro, 01.11.2025)

  • Auteur : Unadfi