La loi de 1905 fonde la laïcité sur la « liberté de conscience », mais celle-ci est progressivement remplacée par la notion de « liberté religieuse », absente du droit français.
Cette évolution introduit un changement profond : elle fait passer d’un principe neutre garantissant la liberté de tous à une possible revendication communautaire pour adapter le droit aux exigences religieuses. Ce glissement lexical, adopté par plusieurs institutions publiques, ouvrirait la voie à une reconnaissance implicite des normes religieuses dans l’espace public. Il existe trois forces derrière cette évolution : les actions d’influenceurs sur de nombreux réseaux, la pression de l’islam politique et l’essor du néo-conservatisme chrétien américain. Cette tendance fragilise la conception émancipatrice de la laïcité française et favorise un recul du modèle républicain face aux revendications identitaires et confessionnelles.
(Source : Marianne, 07.11.2025)
