Des dérives sectaires au sein d’une école juive orthodoxe

Une quinzaine de responsables d’une école juive orthodoxe, la yeshiva Beth Yossef basée à Bussières (Seine-et-Marne), ont été placés en garde à vue la suite d’une intervention de la police le 31 janvier dernier. Ils sont soupçonnés de maltraitances physiques et psychologiques. À la suite de ces interpellations, sept dirigeants ont été mis en examen pour « violences aggravées ».

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Le Loup Blanc en prison

Durant le mois de décembre 2021, Cyrille Adam, connu sous son appellation de chaman « Loup Blanc » a été mis en examen à la suite de plaintes d’au moins 6 adeptes pour viols, agressions sexuelles et abus de faiblesse par sujétion. A la fin du mois de janvier 2022, l’Office central de répression des violences à la personne (OCRVP) a lancé un appel pour recenser de nouvelles victimes.

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Le bien-être à tout prix ?

La journaliste Kate Spicer s’intéresse de longue date au développement personnel, participant elle-même à des festivals ou des retraites bien-être. La série Nine Perfect Strangers ayant pour cadre une retraite bien-être qui tourne mal n’est pas une simple fiction pour elle et lui a rappelé plusieurs expériences qu’elle a elle-même vécues.

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Parler à un proche complotiste

Ce témoignage est celui d’une femme américaine qui ne sait plus comment aborder son frère devenu l’archétype du complotiste moderne : antivax notoire, imprégné de diverses théories conspirationnistes plus loufoques les unes que les autres, et dont le nombre de followers sur les réseaux atteint maintenant 12 500.

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Un documentaire éclairant

Diffusé sur France 3 le 17 janvier 2022, le documentaire « Secte du temple solaire : Vercors, l’onde de choc » revient sur le suicide collectif ayant eu lieu dans le Vercors en décembre 1995 dans lequel 13 adultes et 3 enfants ont trouvé la mort. Tous étaient membres de l’Ordre du Temple Solaire.

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Témoignage d’une ancienne adepte du groupe Amour et Miséricorde

Dans un podcast mis en ligne sur le site du journal Les Dernières nouvelles d’Alsace, Isabelle, une ancienne adepte du groupe Amour et miséricorde, raconte son parcours depuis son entrée, en 1999, jusqu’à sa sortie 13 ans plus tard. Elle a témoigné contre Eliane Deschamps, la fondatrice du groupe, lors du procès1 qui s’est ouvert le 22 novembre 2021 devant le tribunal correctionnel de Dijon.

Attirées par ce qui se présentait comme un groupe de prière, Isabelle, sa sœur et sa mère ont rejoint en 1999 Eliane Deschamps qui depuis le 15 décembre 1996 prétendait voir la Vierge le 15 de chaque mois.

Réunissant à l’époque un noyau dur d’une vingtaine d’adeptes, le quotidien du groupe était partagé entre travail pour la communauté et préparation des apparitions mensuelles de la Vierge.

L’emprise, avec une violence larvée, s’est installée progressivement conduisant à des châtiments, des manipulations et des humiliations. C’est cela, ainsi que la ténacité du père d’Isabelle, qui a permis aux trois femmes de sortir du groupe. 

(Source : DNA, 18.12.2021)

Le témoignage d’Isabelle est accessible sur : https://www.dna.fr/faits-divers-justice/2021/12/18/podcast-secte-comment-isabelle-a-resiste-a-l-emprise-d-un-gourou

1. Lire sur le site de l’Unadfi : Procès de la fondatrice du groupe de prière « Amour et Miséricorde » : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/proces-de-la-fondatrice-du-groupe-de-priere-amour-et-misericorde/

« Amour et Miséricorde » : la parole des témoins : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/amour-et-misericorde-la-parole-des-temoins/

Endoctriné à la pensée New Age

Ex-adepte du New Age, Elisabeth Feytit est réalisatrice du podcast Meta de choc1 par lequel elle espère aider à l’analyse critique des croyances New Age. Dans un entretien à Usbek & Rica elle explique les mécanismes du New Age à partir de son expérience.

Elisabeth Feytit aborde un aspect important du New Age qui est l’absence de structure, de leader officiel, de hiérarchie et d’une doctrine officielle et commune. Par conséquent, une personne qui adhère à une pratique spirituelle issue du New Age n’a pas l’impression de rejoindre une structure sectaire.

Elle raconte être entrée en contact avec l’idéologie New Age par une initiation à la Loi de l’attraction et la pratique de la respiration consciente. N’ayant pas trouvé satisfaction dans les pratiques dites conventionnelles, elle cherchait d’autres thérapeutiques. Elle a trouvé une communauté sympathique, un lieu d’expression permettant de se poser des questions sur soi et d’échanger avec d’autres.

Pour elle, le New Age apporte l’illusion de pouvoir améliorer sa vie quotidienne, sortir de la norme en ayant un nouvel emploi, entrer en symbiose avec la nature ou encore se connecter à son féminin sacré. A propos d’emploi, Elisabeth Feytit est elle-même devenue thérapeute en respiration consciente, conquise par l’idée que chacun est un soignant. De nombreuses pratiques liées au New Age propose des formations afin de devenir soi-même soignant ?

Avec le recul, elle s’aperçoit que l’ensemble de ces théories étaient sans fondement et qu’elles auraient pu se tourner vers des personnes compétentes pour répondre à ses questionnements. Bien souvent, les adeptes du New Age essayent de légitimer leurs théories en s’appuyant sur la science.

Elle témoigne s’être progressivement radicalisée dans sa croyance. Son entourage lui suggère qu’elle est une enfant indigo2. Un jour lors d’une promenade en forêt avec « une sorte de druide » elle a eu le sentiment de « sentir les choses ». Dès lors, elle pense avoir accès aux fameuses énergies présentées dans la pensée New Age. Elle est alors persuadée d’être sur le chemin de la vérité et souhaite dissoudre les énergies négatives pour sauver la planète. A cette époque l’ensemble de ses interprétations se basent sur le prisme des croyances new age la menant dans une « logique délirante » où elle incarne le bien contre les forces du mal.

Sa sortie de cette idéologie s’est amorcée après le visionnage d’une vidéo mettant en cause les croyances new age et invitant à se questionner sur ses croyances et leurs fiabilités. Elle remet en question l’ensemble des croyances qui régissent quotidiennement sa vie depuis une quinzaine d’années et ne souhaite plus vivre sous leur emprise.

Pour prévenir des dangers, Elisabeth Feytit souhaite diffuser l’idée que l’idéologie New Age ne repose sur aucune base théorique valable, et mettre en place un espace de réflexion sur le doute méthodique permettant à chacun de questionner ses croyances. Elle constate avec le recul que la volonté d’amélioration, de performance individuelle est en phase avec les dogmes néo-libéraux de notre société.  Son podcast, donne la parole aux scientifiques (sociologues, philosophes, psychologues…) mais aussi à des ex-adeptes montrant ainsi qu’il est possible de changer de manière de penser. Alors que l’individu est bien souvent tenté de recourir à la pensée magique qui va le rassurer la science va développer une méthode de réflexion laissant de côté les différents biais cognitifs de l’individu.  (Source : Usbek & Rika, 19.11.2021)

1. Pour écouter les podcasts de Meta de choc : https://metadechoc.fr/podcasts/

2. Lire sur le site de l’Unadfi l’ensemble des articles sur les enfants indigo : https://www.unadfi.org/mot-clef/enfants-indigo/

« Amour et Miséricorde » : la parole des témoins

Le groupe de prière fondé par la « voyante », Eliane Deschamps, jugée pour abus de faiblesse, est décrit dès 2002 par plusieurs témoins et proches de ses adeptes comme un collectif qui joue sur la manipulation mentale de ses fidèles.

Une des parties civiles au procès, Marie-France, explique avoir dès cette époque perdue tout contact avec son fils. Il lui avait annoncé qu’il avait « envie de changer d’air […] pour se rapprocher du groupe Amour et Miséricorde ». « Il est devenu très distant, le dialogue était impossible ». à
45 ans, il est resté membre et adepte de la communauté et a coupé les relations avec sa mère.

Magalie Breux, une des filles de la « voyante », a quitté le groupe au bout de dix ans. Elle raconte les visions de sa mère, ses « apparitions » de la vierge, les pèlerinages et les défilés des fidèles dans la maison familiale. Elle décrit les brimades, les humiliations et l’emprise que sa mère a exercée sur elle. « On n’avait pas de vie sociale en dehors de la communauté ». Ce qu’elle décrit semble être un processus avéré d’emprise, de rupture, mais aussi de pression financière. « Jésus prend possession de son corps et lui dit que les adeptes doivent se détacher de leurs biens les plus chers ». Les adeptes devaient en effet donner leurs bijoux ou des tableaux et versaient une pension de 300 à 350 euros par mois, parfois même déposaient régulièrement des sommes allant jusqu’à 5 000 euros.

« J’ai eu une vie d’esclave pendant dix ans : je faisais le ménage tous les jours à fond, je faisais la cuisine, j’obéissais, j’étais en soumission totale, sous emprise », témoigne à la barre Brigitte Delecourt, autre adepte pendant dix ans.

A l’inverse de ces témoignages, certains membres actuels de la secte sont venus au procès pour tenter de convaincre de leur « liberté », assurant qu’ils ne se considéraient ni sous emprise ni sous influence.

Un des avocats des parties civiles fustigent ces témoignages « positifs », qui relèvent selon lui d’une « entreprise cosmétique » visant à masquer l’emprise.

« Eliane dirigeait tout », dit Gwenola Boucher-Doigneau, ex-adepte, qui a quitté la secte à 25 ans. « Je la divinisais, j’aurais tout fait pour elle. Je me serais jetée d’une falaise si elle me l’avait demandé ». Elle raconte que la gourelle lui avait, entre autres, interdit de demander une péridurale lors d’un accouchement. Elle l’avait également forcée à rédiger une lettre à son père pour lui faire savoir « qu’il n’était plus son père ».

La sœur de Gwenola, Isabelle, et sa mère Brigitte avaient rejoint le groupe. « On était tous collés à Eliane comme la bernique à son rocher », dit cette dernière. Pierre, son mari et père de Gwenola, qui a tout fait pour faire sortir sa famille du groupe, analyse comment l’emprise a pu s’opérer. « Tout s’est fait progressivement, par la séduction ».

« C’est une véritable fabrique de l’état de faiblesse », explique une psychologue spécialiste du fait sectaire citée à la barre lors du procès. « L’individu passe de sujet à objet à travers la coupure avec son réseau d’appartenance ».   (Sources : Le Figaro, 23.11.2021 & France Bleu Bourgogne, 22.11.2021 & Le Parisien, 22.11.2021 & elle.fr, 23.11.2021 & TV5Monde, 22.11.2021)