La Méditation de pleine conscience n’entrera pas à l’école

 Le 4 février la décision du ministère de l’Education nationale, concernant le projet d’expérimentation de la Méditation de pleine conscience (MPC) à l’école, est tombée. « Le ministère n’encourage pas sa pratique, ni ne met en place toute forme d’expérimentation ».

Le ministère a constaté que la MPC s’était introduite depuis plusieurs années dans les écoles sans qu’aucun cadre ne soit fixé ce qui a favorisé des interventions de plus en plus nombreuses de la part d’associations disparates. Inquiète pour « des mineurs sur lesquels l’instructeur peut facilement exercer un fort ascendant », le ministère exercera désormais des contrôles afin d’être sûr de « la neutralité politique et philosophique des interventions ».

Porté depuis deux ans par Gaël Le Bohec, député LREM d’Ille et Vilaine, et des structures promouvant la MPC, le projet avait pour objectif l’expérimentation à grande échelle de la MPC sur les élèves du CM1 à la 5e.

Inquiète de voir « une approche d’essence bouddhiste, curieusement présentée comme laïque », la Ligue des Droits de l’homme avait alerté le ministère sur ses dangers dans un communiqué publié 25 juin 20211.

Depuis les deux camps s’affrontent. Le 18 janvier la LDH, ainsi que plusieurs associations et syndicats enseignants, se sont associés pour interpeller le Ministre de l’Education nationale afin de mettre fin à « l’entrée massive » de cette technique « promue par un think-tank ésotérique américain, conglomérat des mouvances new age, anthroposophique ».

La réponse ne s’est pas fait attendre, le 1er février un collectif de chercheurs, favorables à la MPC, publiait une tribune dans Le Monde pour en défendre la pratique. Selon eux, elle réduirait les symptômes « de stress, d’anxiété, de dépression », aurait un rôle dans «  l’amélioration des compétences, de régulation des émotions », développerait la mémoire et pourrait même aider à réduire des inégalités à l’école.

Lorsque « j’entends que cela pourrait réduire les inégalités à l’école, je trouve que l’on n’est pas loin des promesses magiques faites dans les médecines alternatives où l’on prend un élément simple qui va résoudre tous les problème » s’insurge Stéphanie De Vanssay, conseillère nationale à l’Unsa Education, cosignataire de la lettre de la LDH.

Pour Marie Drilhon, vice-présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (UNADFI) qui a aussi signé la lettre de la LDH, « aller chercher en soi des ressources pour se sentir mieux, comme le veut cette méthode, pose un problème chez des enfants victimes de violences familiales : ne pouvant améliorer leur sort, ils risquent de culpabiliser ! »

La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), quant à elle, pointe le risque « d’entrisme dans le cadre scolaire de coachs non-agréés par le rectorat et susceptibles de manipuler des enfants ».

Les signataires de la lettre de la LDH craignent aussi un « conditionnement avec perte d’esprit critique et assujettissement de l’individu ». Ils s’alarment également de possibles dérives sectaires et pointent des contre-indications médicales.

En ce qui concerne les contre-indications médicales, plusieurs études viennent corroborer les craintes. Jusqu’en 2015 aucune étude ne s’était intéressée aux effets indésirables de la méditation. Une équipe de chercheurs de l’Université de Coventry, au Royaume-Uni, a mené une méta-analyse portant sur 80 études sur la méditation. Publiés en 2020, les résultats ont montré que 8 % des méditants avaient ressentis au moins un effet délétère. Cette pratique est fortement déconseillée aux personnes dépressives. Les chercheurs ont noté aussi une augmentation de l’anxiété, même chez des personnes bien portantes. Le Dr Miguel Farias qui a dirigé l’étude a remarqué que la pratique pouvait faire revenir en mémoire des traumatismes.

En outre, Hugues Gascan, directeur de recherches au CNRS ajoute que « l’ensemble des méta-analyses montre une absence d’effets significatifs, voire des effets délétères à moyen terme ».

Même si Yann Mikaeloff, professeur des Universités-Praticien Hospitalier et neuropédiatre de la faculté de médecine Paris-Saclay, assure que la pratique est encadrée, ce n’est pas le cas pour tous les coachs qui la propose.

Le secteur du développement personnel ayant connu une forte croissance ces dernières années, « la pratique de méditation de pleine conscience constitue, donc, un angle d’attaque intéressant pour les entrepreneurs sectaires » assure Christian Gravel, président de la  Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Il précise, qu’entre 2018 et 2020 une vingtaine de signalements au sujet de la méditation, dont douze sur la MPC, a été reçue par la Miviludes pour laquelle une vigilance s’impose sur cette pratique.

Dans son dernier rapport elle alerte sur divers risques liés à la méditation : « amateurisme, promesses trompeuses, exigences financières disproportionnées ou risque d’isolement sociale et de perte de repères ».

La Mission préconise « d’exiger la transparence sur les références des intervenants, leur formation et leur expérience, ainsi que sur la méthode et ses fondements théoriques ou philosophiques ».  

(Sources : Les Dernières Nouvelles d’Alsace, 19.01.2022, France Inter le 26.01.2022, L’Express, 30.01.2022, Le Figaro, 04.02.2021)

1. La LDH s’insurge contre la pratique de la Méditation de pleine conscience à l’école : https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/sante-et-bien-etre/psychotherapie-et-developpement-personnel/la-ldh-s-insurge-contre-la-pratique-de-la-meditation-de-pleine-conscience-a-l-ecole/

L’entrisme de la Mindfulness à l’école

 Associée à plusieurs associations, dont l’Unadfi, La Ligue des droits de l’Homme (LDH) fait part, dans une lettre ouverte1 adressée à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de son inquiétude face à l’entrisme de la méditation de pleine conscience (MPC) et son expérimentation à grande échelle dans les écoles publiques et privées.

Publiée le 18 janvier sur le site de la LDH, la lettre, intitulée « à propos des expérimentations d’ateliers de méditation de pleine conscience à l’école », souligne que si ce projet a été abandonné, dans sa forme initiale, à la suite de la mobilisation de la LDH en juin 20212, il est revenu de façon plus insidieuse depuis la rentrée des classes.

La LDH remarque en effet la multiplication « d’ateliers de relaxation, d’exercices de respiration, de méditation, de body scanning » portés par les mêmes instigateurs et craint que le conseil scientifique de l’Education nationale valide l’expérimentation de tels ateliers dès janvier 2022.

La lettre rappelle que la MPC a été inventée par John Kabat-Zinn, un scientifique adepte du bouddhisme et l’un des leaders de l’institut Esalen, « Mecque du New Age », d’où sont issues « de nombreuses psycho-sectes ».

La diffusion mondiale de la MPC est portée par l’institut américain Mind and Life Institute et relayée en France par la structure privée Initiative Mindfulness France qui aurait déjà touché près de 23 000 élèves selon ses rapports.

S’adressant au ministre, les associations s’inquiètent de « ces interventions et qu’elles aient pu être mises en œuvre sans contrôle de votre ministère [ministère de l’Education nationale], sans information précise et sans l’accord exprès des parents des enfants concernés. » Et ce en dépit des mises en garde de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) qui a reçu une douzaine de saisines concernant des mineurs.

La LDH craint que la MPC aboutisse « à un conditionnement avec perte d’esprit critique et assujettissement de l’individu » et demande à l’Education nationale d’intervenir pour mettre fin à son expérimentation au sein des écoles. (Source : Lettre de la Ligue des Droits de l’Homme, 17.01.2022)

1. Lire la lettre de la LDH : https://www.ldh-france.org/a-propos-des-experimentations-dateliers-semblables-a-la-meditation-de-pleine-conscience-a-lecole/

2.Lire un article à ce sujet sur le site de l’Unadfi : La LDH s’insurge contre la pratique de la Méditation de pleine conscience à l’école : https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/sante-et-bien-etre/psychotherapie-et-developpement-personnel/la-ldh-s-insurge-contre-la-pratique-de-la-meditation-de-pleine-conscience-a-l-ecole/

Des associations appellent au renforcement de la Miviludes

Devant la croissance et la diversification du phénomène sectaire, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et plusieurs associations ont demandé, dans un communiqué publié le 27 décembre 2021, davantage de moyens pour la Miviludes.

Si la menace de dissolution n’existe plus depuis son intégration au Comité interministériel de Prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) du ministère de l’Intérieur, la Mission risque la paralysie, selon les signataires du communiqué car « sa capacité d’action, les moyens humains et financiers » sont insuffisants.

L’équipe de la Miviludes devrait être renforcée par deux agents, courant 2022, ce qui porterait le nombre de ses agents à 10 ( ils étaient  14 avant le rattachement  au ministère de l’Intérieur).

Mais cela ne sera pas suffisant pour les signataires qui demandent des « moyens identifiés accrus tant en nombre de fonctionnaires affectés à plein temps sur ses missions, qu’en budget de fonctionnement pour permettre un travail efficace de terrain. »

Un proche de la Mission déplore que son budget de fonctionnement, fixé depuis des années à 85 000 euros, reste inchangé. Selon cet interlocuteur ce budget aurait été refondu dans celui du CIPDR, ce qui lui fait craindre que « dès août, la part Miviludes sera déclarée épuisée pour l’année en cours ».

Pour Malik Salemkour, président de la LDH, « la Miviludes est un outil essentiel » de la lutte contre les dérives sectaires, en particulier dans ce contexte de pandémie mondiale qui a été un terreau fertile pour les sectes.  Pour lui, la faiblesse des moyens alloués risque de mettre « en péril sa capacité d’agir efficacement, d’instruire toutes les saisines et de mener sa mission d’investigation et d’enquête ».

Charline Delporte, présidente du Centre national d’accompagnement familial face à l’emprise sectaire (CAFFES) et cosignataire du communiqué, ajoute que « la Miviludes devrait être totalement indépendante, afin de ne pas être liée aux changements de majorité. On doit protéger et garder la Mission ! »

Georges Fenech, ancien président de la Miviludes, ancien magistrat et ex-député LR, tempère, en expliquant que la question du budget de la Miviludes sera discutée lors de son prochain conseil d’orientation. Il note que « malgré les restrictions budgétaires, l’impulsion politique est là ». 

(Sources : communiqué de la LDH & Marianne, 27.12.2021)

La LDH s’insurge contre la pratique de la Méditation de pleine conscience à l’école

Dans un communiqué daté du 25 juin 2021, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) fait part de ses inquiétudes quant à la quasi-officialisation de la pratique de la Méditation de pleine conscience (MPC) à l’école publique. Elle demande au ministre de l’Education Nationale de renoncer au projet d’initiation à la MPC au nom du respect de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Lire la suite

La Ligue des droits de l’Homme estime dangereuse la légitimation des PSNC

Dans un communiqué publié le 22 février 2021, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) alerte sur la tenue d’un colloque organisé par l’Agence des médecines complémentaires et alternatives (A-MCA), une structure née en septembre 2020 qui a pour objectif de « favoriser la réflexion, l’expérimentation, l’action et la formation en faveur de l’intégration cohérente, structurée et sécurisée des médecines complémentaires et alternatives ». Lire la suite