L’IA favoriserait la libération de la parole sur les abus rituels

Selon des experts britanniques, l’essor de l’intelligence artificielle, et notamment de ChatGPT, coïncide avec une hausse notable des signalements d’abus organisés et rituels au Royaume-Uni. Des survivants de violences sexuelles à caractère « satanique » utiliseraient désormais ces outils comme espace d’expression et de soutien, contribuant à libérer la parole.

Les abus dits organisés et rituels, encore largement sous-déclarés selon la police britannique, recouvrent des violences sexuelles, physiques et psychologiques sur mineurs, souvent accompagnées de pratiques mêlant croyances ésotériques, religieuses ou extrémistes. Les auteurs peuvent appartenir à des cercles familiaux, des réseaux criminels ou des groupes en ligne.

Bien que quatorze affaires judiciaires aient reconnu l’existence de tels faits depuis 1982, les spécialistes estiment qu’il ne s’agit que d’une infime partie des cas réels. Une étude récente souligne l’ampleur méconnue du phénomène bien que les autorités intensifient la formation des forces de l’ordre via des programmes dédiés.

Sur le terrain, des associations d’aide aux victimes observent une augmentation continue des appels, certains survivants affirmant avoir été orientés vers des structures de soutien après des échanges avec des IA. Si l’usage de ces outils à des fins quasi thérapeutiques divise, il pourrait néanmoins faciliter l’accès à l’accompagnement. Mais si la libération de la parole constitue un progrès, les experts pointent désormais les difficultés persistantes à reconnaître ces crimes, en raison du caractère jugé « invraisemblable » de certains récits.

(Source : The Guardian, 09.03.2026)

  • Auteur : Unadfi