Gabriel Loison écope une nouvelle fois de 15 ans de prison 

Déjà condamné à plusieurs reprises, Gabriel Loison, le gourou fondateur de l’Université de la relation, a été condamné, jeudi 2 juin, à 15 ans de prison par la cour criminelle de Loire-Atlantique pour viols, complicité de viol en réunion et abus de faiblesse sur quatre anciens adeptes, trois femmes et un homme.

Le gourou âgé de 82 ans a vu sa nouvelle peine confondue avec celle de 15 ans prononcée en 2017 pour les viols d’une adolescente de 13 ans et d’une jeune femme de 28 ans. Les remises de peine dont il pourrait bénéficier pour bonne conduite lui permettraient éventuellement de sortir de prison en décembre 2023. Il est en détention depuis 2011.

Les quatre plaignants, parmi lesquels figurait son ex-compagne, attendaient du procès « une libération ». Ils se sont vus reconnaître le statut de victimes et seront indemnisés d’un montant qui sera fixé lors d’une audience ultérieure.

L’accusé qui se présentait comme anthropologue, psychothérapeute et sophrologue, fut, jusqu’en 1994, à la tête des Ateliers de Saint-Jean, un institut basé dans l’Hérault. Il fonda ensuite Les Jardins de la vie, dans les Pyrénées-Orientales. Epinglée comme secte par le rapport parlementaire « Les sectes en France » en 1995, cette association fut dissoute la même année. Finalement Gabriel Loison  s’est installé dans la région nantaise et a fondé, en 1996, l’Université de la nature et de l’écologie de la relation où il forme des « maîtres de santé » lors de stages en France, mais aussi en Espagne ou au Costa Rica. Son parcours s’est terminé en 2011 lorsque son ex-compagne et lui furent arrêtés en Espagne.

Les voyages faisaient partie d’un processus d’initiation visant à mettre les nouveaux adeptes au cœur d’un système d’emprise dont la mise en évidence a été l’un des objets du procès. Maître Jean-Pierre Jougla, cité à comparaître en tant qu’expert du sujet, explique que « dans un groupe sectaire, il n’existe rien d’autre que la constitution d’un territoire enfermé par des frontières. » « Seul le gourou pose la loi et il ne viendra jamais à l’esprit d’un adepte de la remettre en question. »

Pour les deux policiers de l’Office central pour la répression des violences aux personnes, qui ont enquêté sur l’affaire, le « contexte sectaire ne fait aucun doute ». Son mouvement réunit « quatorze ou quinze critères » de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

L’avocat général, quant à lui affirme : « Gabriel Loison n’était pas pris de « folie » mais d’un « délire qu’il a construit depuis soixante-dix ans » en instituant des « lois de vie exclusives » ».

Le schéma opératoire du gourou pour mettre ses adeptes en état de sujétion était toujours le même. Les nouveaux arrivants étaient recrutés lors de conférences sur la nutrition, la sexologie ou des sujets ésotériques. Un questionnaire permettait ensuite de faire le tri et d’en savoir plus sur leurs « angoisses, leur état de santé, leur sexualité, leur relationnel, leurs centres d’intérêt ».

Suivait une initiation en trois étapes, la première au Maroc, la seconde, un séjour de trois semaines facturé 10 000 euros, se déroulait en Espagne ou au Costa Rica. Puis venait enfin un stage de 72 jours au cours duquel avaient lieu des relations sexuelles de groupe sous couvert de pratiques tantriques.

Avide de relations sexuelles, le gourou avait bâti un système dont les activités reposaient « essentiellement sur la sexualité » qui était présentée comme un moyen d’évolution ou « prescrite comme remède contre des blocages. »

L’ex-compagne de Gabriel Loison, jugée pour complicité et acquittée lors du premier procès, était cette fois sur le banc des parties civiles. Agée de 48 ans, la femme a décrit l’emprise et les violences sexuelles subies durant les cinq années où elle a été sa partenaire. Elle dit avoir été « un terrain d’exploitation » pour le gourou, avoir subi un « lavage de cerveau ». Elle lui reproche aussi de l’avoir coupée de la société en lui inculquant un langage particulier qui a rendu difficile sa réadaptation après sa sortie du groupe.

L’ancien gourou a beau dénoncer une « culture du mensonge » à son encontre lors du procès, à quelques exceptions près, les témoignages sont accablants. Les plaignants et d’autres témoins venus s’exprimer à la barre accusent aussi Gabriel Loison de coups et d’humiliations. Un coach de vie, âgé de 52 ans, qui n’a jamais déposé plainte, explique les pressions vécues au sein du groupe : « À chaque clash ou tension assez forte, on isolait les brebis galeuses : elles devaient se soumettre si elles voulaient intégrer le groupe. » Lors de son initiation de trois semaines en Espagne en 2010 il avait interdiction de parler à d’autres personnes de son entourage.

Le seul homme à être partie civile dans ce nouveau procès a vécu bien pire encore. Aujourd’hui âgé de 36 ans, il avait quitté la faculté de sociologie à 20 ans, pour rejoindre « l’université » de Gabriel Loison. C’est la mère de son meilleur ami, elle-même plaignante, qui l’avait recruté. Aspirant à changer le monde, il a eu l’impression que le groupe allait lui permettre d’accomplir « une mission très importante pour la planète ». A l’approche de l’apocalypse Maya annoncée pour 2012, il avait le sentiment de faire partie des initiés, contrairement aux « gens à jeter qui ne passeront pas le changement de l’humanité « , aussi qualifiés de « reptiliens », de « larves » par les membres de la secte.

Ayant subi, au cours d’un séjour, une « sodomie punitive » avec un objet infligée par plusieurs membres de la secte, il s’est senti pourtant coupable de certains de ses comportements et a eu beaucoup de difficultés à se considérer comme victime. Le processus d’initiation comprenant des « massages énergétiques », une introduction à la « sexualité sacrée », des partouses, il avait été conditionné « à ne pas tenir compte du manque de consentement de certaines personnes ». « Gabriel Loison, son truc, c’est de séduire les femmes et d’en faire des objets sexuels. Et d’humilier les hommes, de temps en temps. » ajoute-t-il.

Le jeune homme a, en outre, perdu beaucoup d’argent dans la secte. En cinq ans, il a contracté « cinq ou six emprunts » pour financer les enseignements et les séjours. 

(Sources : Ouest France, 29.05.2022 & 30.05.2022 & 31.05.2022 & 01.06.2022 & Le Figaro, 02.06.2022 & 20 Minutes, 03.06.2022 & Actu, 03.06.2022)

Trois anciens scientologues déposent plainte pour « traite d’êtres humains présumée »

Le 28 avril 2022, Laura Baxter, son mari Gawin Baxter et Valeska Paris, ont porté plainte devant un tribunal de Floride contre le leader de la Scientologie, David Miscavige, et cinq organisations liées à l’Église. Ces trois anciens membres de la Scientologie accusent l’organisation « de trafic d’enfants, dissimulant de multiples agressions sexuelles et du travail forcé » et demandent d’importants dommages et intérêts pour avoir enduré, selon eux, « des années d’abus émotionnels, physiques et psychologiques ». Tous trois ont déclaré qu’ils avaient été « fortement endoctrinés et piégés, incapables financièrement, physiquement et psychologiquement de partir à l’âge adulte ».

La plainte de 86 pages, déposée par les cabinets d’avocats américains Kohn, Swift & Graf, Preti Flaherty et Cohen Milstein Sellers & Toll, détaille les conditions de vie des trois ex-membres, dont deux sont nés dans le groupe.

Tous trois faisaient partie de la « Sea Org », l’organisation qui chapeaute la Scientologie.

Gawin Baxter l’un des plaignants est né de parents membres de la Scientologie en Australie. En 1982, lui et sa famille déménagent aux Etats-Unis pour rejoindre Flag, le siège international de la Scientologie, situé à Clearwater en Floride. Dès l’âge de six ans il intègre la « Cadet Org », branche jeunesse de la Sea Org, où il partage un dortoir avec cent autres enfants. Très vite l’organisation le met au travail et le sépare de ses parents qu’il ne voit que quelques heures par semaine. Selon la plainte, à l’âge de 10 ans, il fournissait déjà cinq à dix heures travail journalier sans être rémunéré. ll se souvient avoir été soumis à des questions explicite sur ses expériences sexuelles et assure avoir subi des agressions verbales et physiques de la part d’adultes liés à la Scientologie.

Devenu adulte, il embarque sur le Freewinds, un bateau, affrété par la Scientologie en 1988, qui sillonne les Caraïbes et n’accoste jamais dans les ports ou les eaux territoriales américaines. C’est le seul endroit où est enseigné le niveau thétan opérationnel VIII, le plus haut grade spirituel de la Scientologie. Sur le navire, Gawin Baxter travaille plus de seize heures par jour dans des conditions très dangereuses, comme lorsqu’il devait nettoyer les réservoirs de carburant sans équipement de sécurité ou quand il a été exposé à de l’amiante et de la poussière de béton.

Laura Baxter, quant à elle, raconte avoir été mise à l’isolement durant plusieurs jours en 2004, dans la salle des machines du Freewind pour avoir « monopolisé » l’attention d’une célébrité lors de ses fêtes d’anniversaire. Il semblerait que Tom Cruise ait fêté ses 42 sans sur le navire la même année.

Devenue enceinte, on lui a demandé d’avorter mais elle et son mari ont refusé. Après plusieurs semaines de punition et d’isolement ils ont été autorisés à quitter le navire.

La troisième plaignante, Valeska Paris, a passé 32 ans dans la Scientologie. Son parcours dans le groupe l’a menée d’Angleterre, lorsqu’elle était enfant, à Clearwater, pendant son adolescence, sur le Freewinds, à l’âge adulte et enfin dans un camp de redressement du groupe en Australie.

Elle avait déjà déposé une plainte en 2019 auprès de la police de Clearwater dans laquelle elle dénonçait le travail forcé et les abus sexuels qu’elle avait subis dans la communauté. Mais en août 2020, la police a clos son dossier en raison du délai de prescription et d’un manque de preuves.

Pourtant, selon Valeska Paris, toutes les preuves dont avait besoin la police se trouvaient dans les dossiers que la Scientologie avait constitués sur elle. L’église a pour habitude de conserver l’intégralité des entretiens individuels de ses membres et encourage ses fidèles à rapporter les méfaits de leurs collègues par écrit. Ces dossiers sont gardés même après leur mort afin qu’ils puissent être récupérés dans leurs vies futures. Le tribunal ayant rejeté une assignation demandant à la Scientologie de communiquer le dossier de Valeska Paris, la police a malgré tout tenté de l’obtenir, mais en vain, l’église arguant de raisons religieuses pour refuser.

Dans la nouvelle plainte, déposée aux côtés du couple Baxter, Valeska Paris, née de parents scientologues, raconte avoir été séparée d’eux à l’âge de six ans pour rallier les rangs de la « Cadet org » d’Angleterre. A quatorze ans, elle est entrée dans la Sea Org et a rejoint le siège international de la Scientologie à Clearwater en Floride. Là-bas, sous éduquée, elle a passé son temps à nettoyer les chambres de l’ancien hôtel Fort Harrison où les paroissiens séjournent lorsqu’ils visitent Flag pour des cours et des conseils.

C’est durant cette période qu’elle aurait été agressée sexuellement par un autre membre du groupe et aurait été punie pour l’avoir dénoncé. La Scientologie, considérant que les gens « s’attirent des expériences négatives lorsqu’ils font quelque chose de mal dans leur vie », juge qu’ils sont responsables de ce qui leur arrive. Aussi, explique Valeska Paris, lorsqu’une victime dénonce un abus, elle serait souvent punie après avoir d’abord subi un interrogatoire.

Après son passage en Floride, elle devient membre de l’équipage du Freewind où elle passe onze ans. Elle y est transférée après avoir renié par courrier sa mère qui venait de quitter le groupe. Sur le bateau, ses papiers d’identité lui sont confisqués. Sans « téléphone, sans compte bancaire, sans passeport et nulle part où aller » il est impossible de fuir.

En 2007, elle est envoyée en Australie pour travailler sur la Rehabilitation Project Force (RPF), un programme visant à remettre les adeptes dans le droit chemin de la foi scientologue. « la Scientologie est un système conçu pour perpétuer la peur, et je continue à lutter contre le traumatisme. » explique Valeska Paris. Elle a enfin quitté la Scientologie en 2009.

Neil Glazer, l’un des avocats des victimes, estime, que « ses clients ont été préparés pour une «vie de servitude» et qu’ils ont « été à jamais bouleversées par ces mauvais traitements ». 

(Sources: Le Sydney Morning Herald, 29.04.2022 & Infocatolica, 30.04.2022 & Tampa Bay, 19.05.2022)

Le directeur d’une école alternative accusé d’agressions sexuelles

Jean-Charles Garcia, fondateur en 2021 à Villeneuve d’Ascq de la « Maison des aventuriers du savoir », une école privée alternative, a été mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs et l’école a été fermée.

Cet ancien électricien de 53 ans avait fondé avec sa compagne cet établissement hors-contrat qui revendiquait des méthodes d’enseignement alternatives mêlant les pédagogies Freinet, Montessori et Steiner. L’école accueillait une trentaine d’élèves âgés de 2 à 15 ans.

Jean-Charles Garcia se présentait comme praticien holistique en reiki et coach. Il entendait proposer une nouvelle façon d’apprendre, à travers une pédagogie dite « bienveillante ». Les professeurs étaient appelés « guides » et les élèves « aventuriers ».

La mère d’un élève a contacté la police après plusieurs soupçons pesant sur le directeur. Son fils de 10 ans a avoué lui aussi avoir été victime d’une agression sexuelle imposée par cet homme. Dans la foulée, les témoignages et les plaintes se sont alors succèdés.

Cette mère, au départ convaincue des bienfaits de l’enseignement Montessori, ne veut pas « jeter l’opprobre sur les écoles alternatives » mais raconte le caractère manipulateur du directeur et l’omerta qui s’imposait aux élèves.

Plusieurs collectifs de lutte contre les dérives sectaires, dont le Centre national d’accueil familial face à l’emprise sectaire (Caffes), ont eu rapidement des doutes sur les garanties en termes de formation du personnel et ont alerté la mairie et le rectorat dès l’ouverture de l’école.

Celle-ci est depuis fermée et son directeur placé sous contrôle judiciaire. Il bénéficie de la présomption d’innocence en attendant un jugement. Il a interdiction d’enseigner et d’être en contact avec des mineurs.  

(Sources : Médiacités Lille, 17.5.2022 ; France Bleu, 18.05.2022 ; Ouest-France, 18.05.2022 ; La Voix du Nord, 18.05.2022)

Le pasteur de l’Eglise Nuit de Dieu condamné huit ans de prison

Reagan B, le Pasteur de l’église Nuit de Dieu a été condamné à huit ans de prison par la cour d’assise des mineurs des Hauts-de-Seine pour viol et agression sexuelle sur deux femmes. Il a été acquitté pour des faits dénoncés par deux autres femmes, dont sa principale accusatrice, Anaïs U, qui avait porté plainte en 2018 pour des agressions sexuelles qu’elle aurait subi durant un an alors qu’elle était mineure.

L’enquête sur Reagan B avait débuté après la plainte déposée par Anaïs avec sa mère au commissariat de Nanterre. La jeune femme, âgée de 17 ans au moment des faits, avait été convaincue par le pasteur qu’elle était possédée par des esprits maléfiques. Pour la libérer il l’aurait soumise de 2017 à 2018 à des séances de « délivrance » au cours desquelles il l’aurait agressée sexuellement.

Son témoignage avait amené trois autres femmes à dénoncer les agissements du pasteur d’origine congolaise.

Lucie N., 49 ans, aurait été agressée sexuellement, en février 2016, lors d’une « opération spirituelle », tandis que Mireille O. affirme avoir été violée par le pasteur en août 2016 lors d’une cérémonie de « délivrance » au cours de laquelle il l’avait convaincue de « retirer le mauvais sperme de son ventre » cause, selon lui, de son infertilité et de ses problèmes de couple. Elle s’est enfuie de son bureau après qu’il l’a violée avec un doigt.

Si Reagan B a été reconnu coupable des abus sexuels commis sur Lucie N. et Mireille O., il a été acquitté pour les agressions dénoncées par Boningo M. et Anaïs U. La première aurait été agressée sexuellement en avril 2017 lors d’une délivrance mais il a été impossible pour la justice « d’établir avec certitude le caractère sexuel » de ces actes. Concernant Anaïs U., il était difficile « d’exclure une instrumentalisation de la parole de la fille par la mère » à laquelle le pasteur avait promis le mariage avant de l’éconduire.

L’accusé qui avait contesté l’intégralité des faits qui lui étaient reprochés est satisfait que les accusations de deux des plaignantes aient été invalidées.

Néanmoins, les expertises psychologiques faites sur le pasteur ont relevé qu’il « avait pu abuser (…) financièrement, puis sexuellement, les victimes supposées » en tant que « gourou ou guérisseur », en « asseyant sa domination » et en « manipulant mentalement ses adeptes ».

Reagan B est arrivé du Congo en 2015. Depuis, son église, d’abord basée à Vitry, n’a fait que croître, si bien que rapidement il a été obligé de trouver des locaux plus vastes.  À la tête de plusieurs églises en Afrique, il a emménagé à Villeneuve la Garenne.

Reagan B sait attirer les foules. Il se met en scène et n’hésite pas à se présenter comme un prophète, une bénédiction pour ses ouailles. « Très vénéré » par ses fidèles en raison de ses « pouvoirs magiques », il serait capable de miracles, dont celui de faire sortir des objets du corps de ses fidèles, un tour qu’il utilise souvent lors de ses offices avant d’inviter celui qui en a bénéficié à venir seul dans son bureau pour y subir « une opération spirituelle ».

Mais les services du pasteur ne sont pas gratuits. Chaque mois les fidèles doivent verser un dixième de leur revenu aux pasteur Reagan qui vend aussi divers services : dix euros les prophéties, 55 euros les délivrances ou 250 euros l’exorcisme des lieux d’habitation. D’après France Antilles il y aurait même une association secrète, les Disciples de l’ombre, dont les membres verseraient 200 euros par mois à Reagan B.

Le pasteur envisage de faire appel. 

(Sources : Le Parisien 12.05.2022 & 23.05.2022 & France Antilles 22.02.2019)

Un guérisseur piégé en caméra cachée par une journaliste

Le 10 mai 2022, le journaliste Hamza Belloumi a annoncé l’arrestation de Belgacem ou Bolga Kahouli, un pseudo guérisseur spirituel qui avait été confondu par une journaliste de l’émission Les quatre vérités, diffusée par la chaîne El Hiwar en Tunisie.

Déjà dans le collimateur des autorités tunisiennes pour des activités suspectes sur les réseaux sociaux, l’homme est accusé d’avoir abusé sexuellement de centaines de jeunes femmes en détresse.

Son mode opératoire était toujours le même : après avoir repéré ses futures victimes sur les réseaux sociaux, il les persuadait que leurs problèmes étaient dus à des mauvais sorts ou des possessions démoniaques, en particulier par le djinn achek, un esprit qui empêche les relations de couple.

Ne guérissant que les femmes, il affirmait détenir des pouvoirs lui permettant de mettre fin à tous les maux. A la journaliste, qui l’a filmé en caméra cachée, il promet des « résultats garantis » et prétend avoir soigné entre 800 et 900 femmes grâce à sa méthode bien particulière qui consiste à coucher avec elles pour les guérir avec son « sperme béni ». Pour convaincre ses proies, il explique que « c’est un acte spirituel qui n’a rien à voir avec le sexe ». Mais venir à bout du démon n’est pas simple et plusieurs séances sont nécessaires selon lui. Il en recommande 14 à la journaliste, même si dans la vidéo il affirme « cette nuit tu vas coucher avec moi et tu guériras à mille pour cent ».

Une fois prises au piège, il filmait ses victimes pour les forcer à continuer à coucher avec lui. 

(Sources : Kapitalis & Business News, 10.05.2022 & BFM TV, 11.05.2022)

Interdiction d’exercer toute pratique paramédicale

Le tribunal de Draguignan vient de juger Jean-Claude, 74 ans, magnétiseur, pour agression sexuelle suite à la plainte d’une jeune femme, souffrant de problèmes psychiques, pour gestes déplacés et caresses à caractère sexuel.

Lors de son audition, le prévenu n’a manifesté aucune empathie pour la victime, l’accusant même d’affabulation, de cyclothymie et d’obsession pour un viol qu’elle aurait subi à l’adolescence.

Le rapport psychiatrique de l’accusé révèle des tendances « mégalo maniaques » et des attirances sexuelles notoires. Lors du procès, la procureure a dépeint un « gourou qui a vu une proie facile face à cette victime vulnérable ».

Après le suicide d’un patient, il a préféré arrêter ses séances de « psychologie appliquée » et de « méditation d’idées » pour se consacrer à la vente de compléments alimentaires.

Le prévenu a été condamné à 8 mois de prison avec sursis et 5 ans d’interdiction d’exercer toute pratique paramédicale.   

(Source : Var Matin, 17.05.2022)

Didier Raoult, les modèles mathématiques et l’astrologie

Dans une vidéo publiée sur la chaîne Youtube officielle de l’IHU de Marseille, Épidémies : modèles mathématiques ou astrologie ? , le Professeur Didier Raoult semble vanter la fiabilité de l’astrologie.

« Je ne suis pas d’accord et je veux faire mes excuses quand je me trompe ; quand je dis que les modèles prédictifs sont de même nature que les astrologues : les astrologues sont supérieurs. » C’est ce que Didier Raoult déclare à propos des modèles mathématiques utilisés pour prédire l’évolution des épidémies. Selon lui, l’astrologie serait plus sûre. Son argument : l’astrologie se pratique depuis des millénaires. Il poursuit en avançant que certaines études démontrent un lien entre espérance de vie et mois de naissance. Ces déclarations de la part d’une personnalité médiatique, influente et connue comme spécialiste d’une discipline scientifique, concourent à donner du crédit à l’astrologie, ce qui n’est pas anodin à une époque où l’astrologie est une croyance qui a la cote : un sondage de novembre 2020 effectué par l’IFOP révélait que 41% des Français étaient perméables à l’astrologie.  

(Source : France Inter, 13.05.2022)

Bataille judiciaire dans la sphère New Age

Ernesto Ortiz, chaman vedette du développement personnel, a retrouvé le 17 mai son ancien associé, Eric Grange, devant le tribunal judiciaire de Lyon. Le chaman accuse ce dernier, fondateur d’Oasis voyages, une agence de voyages initiatiques, de diffamation et injure publique à son encontre. Il lui reproche d’avoir relayé des propos inappropriés l’accusant de dérives en matière de « sexe, pouvoir et argent ».

La plainte d’Ernesto Ortiz fait suite à un courriel envoyé en 2020 par Eric Grange à sa clientèle dans lequel il signale que le chamane aurait eu des comportements inadéquats envers des participants. Ce dernier a démenti les propos de son ancien partenaire et ami, l’accusant de proférer des rumeurs sur lui après qu’il a mis fin à une collaboration de plus de dix ans.

Leur longue association a bien profité aux deux hommes qui s’étaient rencontrés en 2007 à Bali où Ortiz, qui était déjà connu à Miami, se formait au massage tantrique. Voyant un intérêt mutuel à travailler ensemble, Eric Grange engage Ernesto Ortiz et en fait l’une des vedettes de son agence. Le succès est vite au rendez-vous. Reconnu par la prêtresse mondiale de « l’ésotérisme akashiques », Ortiz développe un cursus sur quatre niveaux autour de cette thématique qu’il enseigne lors des stages organisés par Oasis Voyage. L’un de ses livres, traduit avec l’aide d’Eric Grange, s’écoule à plus de 30 000 exemplaires.

Mais selon ce dernier, ce succès aurait fait naître chez son ancien ami des « goûts de grandeur » « en matière d’hôtel et de salaire » et « une emprise à des fins sexuelles sur certaines stagiaires ».

Ortiz se défend de ces accusations et dénonce l’utilisation du terme « gourou » à son encontre dans le mail à l’origine de la procédure judiciaire.

L’avocat d’Eric Grange, quant à lui, note les risques de non-dénonciation qu’encourt son client s’il s’avère que les témoignages qui lui ont été rapportés se vérifient.

Le jugement a été mis en délibéré au 21 juin 2022.  

(Source : Le Progrès, 18.05.2022)

Mort d’un oligarque Russe à la suite d’un rituel chamanique

Le décès d’Alexander Subbotin, un ancien manager de la firme pétrolière Russe Lukoil, qui s’était prononcé pour l’arrêt de la guerre en Ukraine, a fait couler beaucoup d’encre dans la presse car il est survenu à la suite d’une série de morts suspectes dans les rangs d’anciens riches alliés de Vladimir Poutine.

Alexander Subbotin a été retrouvé sans vie chez un couple de chamanes qu’il était venu consulter pour soigner son ivresse.

Magua Flores (Alexei Pindyurin) et Tina Cordoba (Christina Teikhrib) le recevaient régulièrement dans le cadre d’une cure de désintoxication à l’alcool. Mais début mai, le traitement consistant en l’inoculation de venin de crapaud tropical dans une incision dans la peau, a mal tourné. Alexander Subbotin s’est plaint du cœur, mais au lieu d’appeler une ambulance le chamane lui a administré un tranquillisant à base de Valériane et l’a laissé dans le sous-sol de sa maison. C’est après l’avoir retrouvé mort que le couple a appelé les secours. Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer les circonstances exactes de la mort de l’oligarque russe.

Magua Flores et Tina Cordoba recevaient des personnes désirant se débarrasser de dépendance ou guérir de l’abus d’alcool grâce au venin de grenouille qui, selon eux, pourrait soigner « le cœur, le système immunitaire, nettoyer la bile et le corps astral ». L’homme prétendant communiquer avec les esprits sacrifiait des animaux et baignait les patients dans du sang de coq lors de ses rituels.

Lui et sa compagne proposaient aussi des initiations au chamanisme. C’est au cours de l’une d’elles qu’en 2021 le couple de chamanes s’était fait remarquer pour des faits de violence envers l’une des participantes à un stage organisé au Mexique. Devant le refus de la femme d’ingérer de la drogue, Tina Cordoba, la compagne du chamane, s’était ruée sur elle pour la frapper à coups de talons de chaussures. Magua Flores, quant à lui, l’a menacée de mort car elle avait « profané leurs traditions ».

Après le décès d’Alexander Subbotin, la presse russe a révélé que d’autres personnalités se rendaient chez le couple, dévoilant ainsi un penchant des élites russes pour l’ésotérisme.  

(Sources : Zovsekretno, 09.05.2022 & 24smi, 05.2022 & L’Indépendant 10.05.2022)

Les thérapies de conversion toujours pratiquées en Suisse

Si les thérapies visant à changer l’orientation sexuelle des homosexuels sont déjà interdites dans plusieurs pays, dont la France, la Suisse n’a pas encore franchi le pas. En effet, le gouvernement considère que la législation qui interdit d’imposer un traitement à une personne mineure sans son consentement est suffisante. Cependant si aucune procédure n’a été lancée au niveau national, dans trois cantons des initiatives parlementaires en ce sens sont en cours.

Cette pratique a essentiellement cours dans le milieu évangélique et plus particulièrement dans les églises évangéliques libres. Leur lecture littérale de la Bible interdisant l’homosexualité amène leurs membres à la considérer « comme quelque chose de dégénéré, de maladif ».

Ce sont souvent des membres de ces églises qui ont, eux-mêmes, recours à ce genre de thérapies lorsqu’ils découvrent leur homosexualité. Plusieurs victimes de thérapies de conversion ont témoigné dans la presse suisse expliquant avoir vu là une solution pour ne pas décevoir leur famille et leur communauté.

Pour certains ça a été un long parcours. Isaac de Oliveira, membre d’une église évangélique libre, a suivi les conseils d’un pasteur, puis est passé par l’association évangélique Torrents de Vie, qui propose un accompagnement à des personnes qui ont vécu une « cassure sexuelle ». Il est même allé aux Etats Unis prier Dieu dans une école évangélique de Nashville. Mais la « guérison » tant espérée n’arrive pas.

Des homosexuels racontent avoir été traités par des pasteurs ou par des psychologues qui ont recherché la cause de leur homosexualité, avoir subi des exorcismes, participé à des séances de prière ou avoir été encouragés à fréquenter des milieux plus masculins.

Mais la démarche s’avère souvent désastreuse, l’absence du résultat souhaité induisant un sentiment de culpabilité, du mépris et même de la haine envers soi-même. Certains développent même des idées suicidaires ou finissent à l’hôpital psychiatrique.

L’un d’eux, David Gamez, est conscient maintenant que sa décision de recourir à une thérapie de conversion avait été prise sous la pression sociale.

Aujourd’hui certains se reconstruisent lentement, tandis que d’autres militent pour l’interdiction des thérapies de conversion en espérant que cela puisse aider les jeunes qui y sont poussés par leur entourage. Mais d’autres pensent que, s’il est nécessaire de légiférer sur le sujet, il faudrait également agir pour changer les mentalités de l’intérieur car les thérapies se poursuivront en secret ou masquées derrière des appellations floues.

Mais les milieux évangéliques sont contre une telle interdiction, à l’image du Réseau évangélique suisse (RES) qui voit là un risque de restreindre la liberté de religion. L’Alliance évangélique suisse (AES), qui regroupe environ 680 églises nationales et libres, est également opposée à toute interdiction. Elle a cependant récemment nuancé ses positions sur le sujet, affirmant que l’homosexualité « ne doit pas être considérée comme une maladie » et assurant « rejeter les procédures ayant pour but explicite de modifier l’orientation sexuelle ».

Quant aux Eglises évangéliques libres, elles sont loin d’avoir adopté ce point de vue.  

(Sources : Cath.ch, 19.05.2022 & Swiss Info, 17.05.2022)