Editorial

De plus en plus de groupes sectaires, quelle que soit leur doctrine d’origine, ont des prétentions à guérir par des moyens autres que ceux proposés par la médecine scientifique. Les victimes sont celles de sectes caractérisées mais aussi de guérisseurs bien intentionnés, de médecins et de paramédicaux abusés notamment par le courant New Age, d’escrocs et de charlatans pas forcément sectaires, du moins pas encore, tout ce monde pratiquant des soins dits « alternatifs » ou « parallèles » qu’il s’agisse de maux de nature somatique ou psychologique. Il faut, en outre, noter que le discours de ces guérisseurs de tout poil revendique des traditions présentées comme ancestrales, traditionnelles, donc qui ont fait leur preuve. Ce discours souvent habillé d’un vocabulaire pseudo-scientifique, s’adresse en priorité aux souffrants de maladies graves que la médecine scientifique a encore du mal à guérir complètement, mais aussi à tous ceux qui voudraient tout simplement être mieux dans leur peau et obtenir plus de performances dans leur vie. Si vous n’obtenez pas le résultat promis, souvent à prix fort, ce n’est pas la compétence du « guérisseur » qui est en cause, c’est votre « manque de foi » …

On pourrait juger paradoxal qu’à une époque où la médecine au cours du vingtième siècle a réalisé de tels progrès et est parvenue à des résultats incontestables (même si certains aspects peuvent être remis en question), l’attrait de nos contemporains pour ces soins émanant de l’irrationnel, de l’ésotérisme, de la pensée magique soit grandissant.

Les causes de l’adhésion à ce discours et à ces pratiques sont multiples. Elles ont été bien étudiées dans l’ouvrage d’Anne Fournier et Michel Monroy « La dérive sectaire » (chp. 5), auquel nous renvoyons le lecteur de Bulles.

Le présent numéro a voulu rendre compte du lien existant entre emprise sectaire et soins inefficaces, voire dangereux.

L’UNADFI, profitant de la publication de ce numéro, émet le souhait que les pouvoirs publics en charge de la santé des citoyens, prennent conscience du danger que représentent les méthodes et pratiques ici dénoncées et qu’ils mettent en oeuvre une action pédagogique salutaire de mise en garde

Editorial

Le n°70 de BULLES (2ème trimestre 2001) s’intitulait « Le prétexte religieux » et traitait du phénomène bien connu qui consiste pour les sectes à se proclamer églises, religions, voire même pour l’une d’entre elle religion athée, et ceci pour des raisons évidentes qui avaient été développées dans le numéro précité.
L’UNADFI s’est toujours opposée à l’amalgame secte-religion et insurgée contre la position de certains complices des sectes (volontaires ou non) selon laquelle on ne doit plus parler de sectes, mais de nouveaux mouvements religieux. Ainsi, au nom de la tolérance, ne devrait-t-on plus se permettre la moindre critique du phénomène sectaire.
Les sujets traités dans le présent numéro sont d’une autre nature : il s’agit de risques sectaires, voire de dérives avérées au sein même des religions institutionnalisées ou émanant d’elles comme l’Eglise Catholique ou les églises protestantes.
Nous nous proposons d’étudier quelques groupes, quelques courants. Il est bien clair que cette étude ne peut être exhaustive. Nous avons déjà évoqué dans notre revue les inquiétudes graves suscitées par exemple par la Communauté des Béatitudes (n°74) ou la Communauté Saint Jean (n°81). Aujourd’hui nous nous penchons sur des groupes dont la caractéristique commune paraît être l’esprit de conquête et nous avons choisi pour illustrer cette attitude les Légionnaires du Christ, l’Église Universelle du Royaume de Dieu et avons souligné le risque sectaire dans certaines églises évangéliques. Nous pouvons certes constater que cet esprit de conquête ne s’exerce pas auprès des mêmes classes sociologiques : rien de comparable en effet entre la conquête subtile et discrète des élites et celle, massive, des pauvres prêts à tous les sacrifices. Mais peut-on leur reprocher leur prosélytisme ? Persuadés de détenir la vérité, jamais effleurés par le doute, ils exercent leur militantisme missionnaire parfois doublé comme dans l’Église Universelle du Royaume de Dieu d’un mercantilisme sans vergogne, ou d’un appétit de pouvoir qui n’a rien de spirituel. Plus inquiétante encore est peut-être leur attitude de conquête envers les adolescents et les jeunes : le respect dû à la liberté dans la formation du jugement et de l’esprit critique des jeunes est une conception que ces groupes jugent manifestement erronée.
On pourra s’étonner de ne pas voir traitées dans cette étude les dérives du radicalisme islamique, alors que certaines ADFI ont reçu des témoignages angoissés de familles dont les jeunes (garçons ou filles) ont été happés par des mouvements fondamentalistes issus de l’Islam. Il nous a semblé que les dérives extrêmes du fanatisme islamique qui vont jusqu’à l’apologie du suicide et du meurtre étaient d’une autre nature que celles présentées aujoursd’hui – mais il sera peut-être intéressant de faire un jour le point sur les motivations de ces jeunes et la puissance des manipulations auxquelles ils sont soumis.

Que sait-on de ? Aum

Secte japonaise fondée en 1984 dont le nom Aum ShinriKyo signifie  » Vérité Suprême « . Au départ, groupe de yoga ayant pour but de développer les capacités intellectuelles et psychiques, Aum devient en 1989 une association religieuse reconnue par l’Etat. La doctrine est un syncrétisme de bouddhisme, d’hindouisme et de christianisme qui s’inscrit dans une pensée extrémiste faisant l’apologie d’Hitler.
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Que sait-on de ? Néo-Phare

Basé dans la région de Nantes, Néo-Phare est né d’une dissidence (radicale) avec l’association Le Phare-Ouest. Arnaud Mussy, gourou de Néo-Phare, qui se prend pour le Christ s’appuie sur les écrits du fondateur de Phare-Ouest, mort en 1997, et qui n’est autre que Dieu. Le groupe fait partie de la mouvance apocalyptique, mais possède aussi une composante ufologique.
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Foi contre loi

Témoin de Jehovah, une adolescente de 15 ans refuse de recevoir les transfusions sanguines nécessaires pour traiter la maladie de Crohn dont elle souffre. Dès avril dernier, elle avait refusé une transfusion avec l’accord de ses parents. Un juge avait alors ordonné aux Services à l’Enfance et à la Famille de prodiguer tous les soins nécessaires sans son consentement ou celui de ses parents.
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