La Fédération française de naturopathie milite pour une reconnaissance officielle de sa discipline. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement plus large de légitimation des pratiques de soins non conventionnelles, mais qui se heurte à des mises en garde scientifiques et institutionnelles.
La principale fédération française de naturopathie réclame un encadrement réglementaire de la profession, notamment via une norme AFNOR attendue en 2026 et une formation de niveau Bachelor (diplôme privé, 12 000 €) existant depuis 2023. L’objectif affiché est d’assainir un secteur hétérogène, mais ce diplôme n’est reconnu que par un réseau d’écoles européennes qui s’auto-valident. Sur le fond, la naturopathie repose sur une philosophie vitaliste du XIXe siècle, et ses conceptions ne sont pas validées scientifiquement. Des journalistes et chercheurs pointent une stratégie d’entrisme : en réclamant l’institutionnalisation au nom de la sécurité des patients, ces pratiques obtiendraient une légitimité trompeuse. Un rapport du ministère de la Santé (janvier 2026) a d’ailleurs appelé à ne pas accorder de label académique à ces pratiques, même si cette recommandation n’a pas été reprise dans la stratégie nationale anti-désinformation. Sur le terrain, la présence de naturopathes dans des maisons de santé pluriprofessionnelles introduit une confusion entre professionnels de santé reconnus et praticiens non conventionnels. Malgré un discours de complémentarité avec la médecine, les formations dispensées se poseraient en réalité en opposition à la médecine conventionnelle.
(Source : Ouest-France, 25.02.2026)
