« Homéopathie de contact » : condamnation d’une infirmière retraitée pour exercice illégal de la médecine

À Évreux, une femme se réclamant de deux enseignes de thérapies alternatives a comparu devant le tribunal correctionnel en mars 2026 pour exercice illégal de la médecine. Elle proposait notamment de traiter allergies, acné et « stress vaccinal lié au Covid-19 » par une méthode qu’elle désignait sous le terme d’« homéopathie de contact ».

L’affaire débute en septembre 2023, lorsque l’ordre des médecins de l’Eure dépose plainte contre une infirmière retraitée de Bernay. La prévenue, se présentant comme bio-énergéticienne, affirmait pouvoir détecter des « désordres organiques » à l’aide d’une antenne de Lecher, instrument de radiesthésie, puis les traiter par des capsules contenant des vibrations encodées dans de l’eau selon le principe de la « mémoire de l’eau ». À l’audience, le tribunal a eu des difficultés à cerner la méthode, l’intéressée évoquant la « vibration des mots » transmise par contact. Le président de l’ordre des médecins de l’Eure a qualifié ces pratiques de « patamédecine enrobée d’un discours pompeux faussement scientifique », soulignant l’absence de toute validation scientifique et les risques pour des patients vulnérables. La défense a mis en avant la zone grise juridique exploitée par les deux enseignes dont se réclamait la prévenue, Acmos et Lumencae, qui jouent sur l’ambiguïté du mot anglais care. La prévenue avait cessé son activité dès novembre 2023. Le tribunal l’a déclarée coupable et condamnée à 4 000 € d’amende avec sursis, assortie d’une interdiction d’exercer toute profession en lien avec l’état physique ou psychique de personnes, et d’une obligation de publication du délibéré en mairie. L’ordre des médecins a obtenu un euro symbolique au titre du préjudice moral ainsi que 1 000 € de frais d’avocat.

(Source : Eure Infos, 31.03.2026)

  • Auteur : Unadfi