Dans une chronique publiée par L’Express le 26 mars 2026, le Pr Alain Fischer, professeur émérite au Collège de France et cofondateur de l’association Imagine, dresse un état des lieux préoccupant de la montée en puissance des pseudo médecines en France et dans le monde, et appelle les pouvoirs publics à sortir du laisser-faire.
Homéopathie, naturopathie, ostéopathie, médecine anthroposophique, réflexologie plantaire : le Pr Fischer regroupe sous le terme de pseudo médecines l’ensemble de ces pratiques non conventionnelles, dont aucune n’a fait l’objet de preuves scientifiques d’efficacité au-delà de l’effet placebo. Leur essor s’explique par une promotion intense sur les réseaux sociaux, une demande croissante de bien-être, un sentiment de manque d’écoute médicale et la vulnérabilité de certains patients. Le marché mondial dépassait 400 milliards de dollars aux États-Unis en 2020. L’auteur identifie plusieurs sources de danger : le risque de perte de chance lorsque ces pratiques se substituent à un traitement médical éprouvé, les dérives sectaires, le refus vaccinal, et le coût injustifié pour les patients. Il dénonce également une stratégie de recherche de légitimité par leurs promoteurs, qui s’appuient sur des diplômes universitaires, des colloques institutionnels — dont un au Sénat en janvier 2026 — et des prises en charge par des mutuelles. Il regrette par ailleurs que des médecins ayant critiqué l’homéopathie aient été sanctionnés par leur ordre. En conclusion, le Pr Fischer appelle les pouvoirs publics, l’ordre des médecins, les mutuelles et les régulateurs des réseaux sociaux à exercer une vigilance active face à ce qu’il qualifie de « laisser-faire dangereux ».
(Source : L’Express, 26.03.2026)
