Dérives ésotériques à l’école

Face à l’effondrement de la santé mentale des élèves et au manque criant de professionnels qualifiés, l’Éducation nationale a progressivement laissé s’introduire dans les établissements scolaires des intervenants aux pratiques non validées scientifiquement : coachs, sophrologues, chamanes ou promoteurs de méditation spirituelle.

Face à la détresse psychologique des élèves, l’Éducation nationale a préféré faire appel à des prestataires extérieurs sans cadre réglementaire ni critères d’agrément scientifique pour intervenir en milieu scolaire à l’instar des psychologues, infirmiers ou médecins.  Parmi les dispositifs identifiés figure le programme « école des émotions », déployé dès 2021 dans des classes de maternelle, dont le contenu serait largement inspiré du Kindness Curriculum, un programme américain promouvant la méditation bouddhiste, porté à l’échelle mondiale par le Mind and Life Institute, fondation proche du Dalaï-Lama. Ce programme est pourtant labellisé par Santé publique France en 2025 comme modèle de référence. D’autres intervenants aux profils contestables ont été rémunérés sur fonds publics : un « alchimiste du vivant » proposant des retraites chamaniques dans un collège de Belfort, une association dispensant des formations à la communication non-violente jugées proches de théories ésotériques à Paris, ou encore un « coach » en psychologie archétypale formant des enseignants via des réseaux officiels de formation. La Miviludes avait pourtant alerté dès 2025 sur la pénétration de pseudothérapeutes dans le système éducatif, et la DGCCRF avait constaté en 2023 que 80 % des « coachs bien-être » contrôlés présentaient des pratiques trompeuses. Le ministère de l’Éducation nationale n’a pas répondu aux sollicitations du journal.

(Source : Charlie Hebdo, 31.03.2026)

  • Auteur : Unadfi