Des termes empruntés à la physique quantique — « intrication », « superposition », « saut quantique » — sont de plus en plus utilisés par des praticiens de médecines alternatives pour donner une apparence scientifique à leurs offres. Un phénomène en expansion sur les réseaux sociaux et dans des ateliers payants, qui préoccupe la Miviludes.
Les thérapies dites « quantiques » s’inscrivent dans la mouvance New Age et se popularisent dès 1989 par des ouvrages comme Le corps quantique de Deepak Chopra. Leur doctrine centrale postule que tout dans l’univers serait fréquence, et que des déséquilibres énergétiques seraient à l’origine des maladies. Ces discours circulent largement sur les réseaux sociaux, notamment via la chaîne web ABC Talk (277 000 abonnés, 256 millions de vues), où interviennent des personnalités aux profils variés, dont certaines font l’objet de sanctions disciplinaires. Les offres commerciales associées sont onéreuses : ateliers à 333 €, séances individuelles jusqu’à 400 €, et formations pour devenir « facilitateur » aux alentours de 1 900 €. D’un point de vue scientifique, un physicien quantique précise que les phénomènes quantiques ne peuvent se produire dans les conditions thermiques et biologiques du corps humain, ce qui rend ces transpositions non crédibles. Une sociologue souligne que l’usage de termes scientifiques sert principalement à conférer de la légitimité. La Miviludes, qui reçoit régulièrement des signalements sur ces pratiques, appelle à la vigilance face à des offres sans évaluation médicale ni encadrement professionnel reconnu.
(Source : Ouest-France, 02.03.2026)
A lire sur le site de l’Unadfi : « Quantique », terme fétiche des pseudo-thérapeutes : https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/sante-et-bien-etre/pratiques-non-conventionnelles/quantique-terme-fetiche-des-pseudo-therapeutes/
