Un rapport de l’Académie de Versailles pointe des carences et des dérives au sein d’établissements hors contrat

En France, depuis quelques années, les écoles hors contrat sont de plus en plus prisées. À ce jour, on en compterait près de 1 300, dont 300 confessionnelles. Mais derrière des objectifs d’excellence, de bienveillance, d’individualisation, affichés sur leurs sites Internet, l’envers du décor est parfois moins idyllique.

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Une pédagogie controversée

Parmi les nombreuses pédagogies alternatives qui sont aujourd’hui largement proposées, la pédagogie Steiner-Waldorf suscite l’attention toute particulière de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes)1. Enfants non vaccinés, niveau scolaire insuffisant, enseignement de l’anthroposophie et dérives sectaires sont autant d’éléments à charge nécessitant la vigilance des parents et des professionnels attirés par ces écoles.

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L’Alsace frappée par une épidémie de rougeole

L’Alsace, et plus particulièrement le secteur de Colmar, fait face à une épidémie de rougeole. Elle a recensé 169 cas depuis la mi-mars. 93 d’entre eux concernent des enfants scolarisés dans l’école Steiner Waldorf Mathias Grünewald où plus de la moitié des élèves ne sont pas vaccinés. Le virus aurait été ramené d’un voyage scolaire en Allemagne.

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L’anthroposophie et la vaccination

Les récents cas d’épidémie de rougeole ont mis en évidence une catégorie de la population opposée à la protection vaccinale. Ce phénomène d’origine idéologique et culturel est un véritable casse-tête pour les acteurs de la santé publique qui peinent à trouver les arguments pour l’endiguer. Il touche notamment les parents des écoles Steiner Waldorf1 auxquels s’est intéressée Elisa Sobo, anthropologue à l’Université d’État de San Diego (Californie).

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L’école Steiner de Verrières le Buisson ne respecte pas la minute de silence en hommage aux victimes des attentats

Grégoire Perra, ancien élève et professeur des écoles Steiner Waldorf, réagit à un article du Monde[1][2] dans lequel la journaliste « fait une description idyllique » du non-respect de la minute de silence en hommage aux victimes des attentats de janvier 2015.

L’article sous-entendrait même que « par cet acte de subversion », les professeurs Steiner-Waldorf auraient « en définitive fait mieux que leurs homologues des établissements publics » en accordant aux élèves un temps de partage et d’échange sur les drames qui ont frappé la nation. Grégoire Perra répond que la non-conformité à cette pratique collective nationale révèle le fond de l’enseignement et de l’attitude en cours dans ces écoles, « une démarcation insidieuse avec le reste du corps social ».

Sans remettre en cause le récit de la journaliste, Grégoire Perra s’interroge : pour que les élèves puissent débattre de tels drames, il faudrait qu’ils « bénéficient d’un enseignement qui leur donnerait les repères leur permettant de comprendre le monde actuel ». Or, selon lui, dans une école Steiner-Waldorf, « on est bien plus préoccupé de suggérer aux élèves l’existence de l’Atlantide, ou de décrire les civilisations en partant de l’Inde jusqu’à l’époque romaine, à la manière dont le fait Rudolf Steiner dans sa Science de l’Occulte, que de donner des clefs de compréhension d’une actualité que les anthroposophes considèrent comme décadente ».

La solennité de l’acte demandé n’a pas été respectée et Grégoire Perra se souvient que ses anciens collègues enseignants ne tenaient jamais compte des injonctions des autorités de la République.
Pour lui, cet article est « une apologie d’une prétendue pédagogie innovante » ; mais un vrai pédagogue a conscience « qu’on ne peut pas tout laisser aux mains de la spontanéité des enfants. Et surtout pas ce qui relève du civisme et du respect des règles collectives ! »

Selon lui, ce refus représente une volonté de coupure, une façon d’être « des personnalités sortant de l’ordinaire, qui n’auraient pas à se conformer entièrement aux règles et aux lois de la société dans laquelle ils vivent ». Une telle attitude trouve son explication dans la doctrine ésotérique et mystique de Rudolf Steiner, c’est-à-dire l’Anthroposophie elle-même. Les anthroposophes éprouvent une véritable aversion à faire pénétrer dans leurs écoles une forme de rituels laïques, républicains (comme la minute de silence), qu’ils vivent comme une sorte de profanation de leur sanctuaire.
 
(Source : Blog de Grégoire Perra, 14.01.2015)

Lire l’article de Grégoire Perra dans son intégralité, suivi de l’article du Monde : https://veritesteiner.wordpress.com/2015/01/14/le-non-respect-de-la-minute-de-silence-a-la-memoire-des-victimes-de-charlie-hebdo-a-lecole-steiner-waldorf-de-verrieres-le-buisson/

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L’endoctrinement à l’Anthroposophie dans les écoles Steiner-Waldorf

S’appuyant sur son expérience à l’intérieur du « mouvement anthroposophe », illustrant son analyse de nombreux exemples, l’auteur dévoile les bases implicites de l’enseignement dans les écoles Steiner-Waldorf et permet ainsi de mieux comprendre le paradoxe souvent perçu de l’extérieur, d’une pédagogie de l’éveil attractive et d’un système de pensée fermé qui génère des dérives et rend difficile une ouverture au « monde extérieur ».

L’Anthroposophie est la doctrine de Rudolf Steiner (1861-1925), philosophe, théosophe, mystique et pédagogue du début du XXe siècle, originaire d’Autriche-Hongrie. La Société Anthroposophique, association qui se donne pour mission de propager sa doctrine ésotérique, est issue d’une scission intervenue en 1913 au sein de la Société Théosophique. La doctrine de Rudolf Steiner comporte un vaste enseignement d’ordre gnostique comprenant des éléments aussi divers que la réincarnation et le karma, la nature solaire du Christ, les différents corps subtils de l’Homme, etc. Mais cette doctrine n’est pas seulement un ensemble théorique. Rudolf Steiner a également proposé les bases de nouvelles activités dont certaines ont connu un succès planétaire : parmi celles-ci, on peut citer les produits cosmétiques de la firme Weleda, l’agriculture biodynamique, et la pédagogie Steiner-Waldorf.

Sur le site internet de la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf, ou lors d’une journée porte ouverte de l’une de ces écoles, personne ne vous parlera ouvertement des liens entre la pédagogie Steiner-Waldorf et la doctrine anthroposophique. On vous parlera d’une pédagogie plaçant l’épanouissement de l’individu au cœur de ses préoccupations, en prenant en compte le caractère unique de ce dernier grâce à une conception de l’entité humaine. Tout au plus présentera-t-on Rudolf Steiner en tant que pédagogue et philosophe du siècle dernier, tandis que les écoles Steiner-Waldorf seront surtout décrites comme des institutions innovantes, au même titre que les écoles Freinet ou Montessorri. On ne fera pas état de l’Anthroposophie en tant que doctrine ésotérique constituant le socle théorique de cette pédagogie, ni surtout des liens humains, voire institutionnels[1], qui associent de fait les structures Steiner-Waldorf et la Société Anthroposophique[2].

Et pourtant, ces liens entre les écoles Steiner-Waldorf et l’œuvre de Rudolf Steiner, ainsi qu’avec l’institution qui la promeut, sont bien réels. Je peux en témoigner à plusieurs titres : en tant qu’ancien élève ayant fait la majeure partie de sa scolarité dans ces écoles, ancien enseignant de ces écoles ayant effectué sa « formation pédagogique » à l’Institut Rudolf Steiner de Chatou (sorte d’IUFM des écoles Steiner-Waldorf en France), et ancien membre de la Société Anthroposophique ayant, pendant des années, collaboré étroitement avec son Comité Directeur. De 1979 à 1989, j’ai été élève des écoles Steiner-Waldorf de Verrières-le-Buisson et Chatou, en région parisienne. J’avais neuf ans quand mes parents, déçus par l’Éducation Nationale, m’ont mis dans cette école. A la fin de ma scolarité, durant mes années de Lycée, j’ai assisté au sein-même de mon école à quelques conférences traitant de conceptions anthroposophiques[3]. C’est pourquoi, de 1990 à 1995, jeune étudiant, j’ai eu envie de fréquenter assidûment les conférences publiques de la Société Anthroposophique à Paris, dont j’ai ensuite été membre de 1995 à 2009. Entre 1992 à 2004, j’ai également été, avec quelques interruptions, professeur dans les deux écoles Steiner-Waldorf de la région parisienne. Pendant cette même période, et jusqu’à ma démission en 2009, je collaborais étroitement avec le président de la Société Anthroposophique en France, notamment sur la question des jeunes, pour lesquels j’avais été chargé d’imaginer une « formation anthroposophique ». Il était d’ailleurs question, dans la conception de cette future formation, de s’adresser prioritairement aux anciens élèves Steiner-Waldorf qui « portent dans leur karma de rencontrer l’Anthroposophie », selon les propres mots de Bodo von Plato, membre du comité Directeur de la Société Anthroposophique Universelle, avec lequel je collaborais à ce projet. J’ai donc été un membre important de cette Société Anthroposophique, donnant des conférences, animant des groupes de travail et écrivant des articles dans les différentes revues, ayant écrit un livre paru dans l’une de leurs maisons d’édition[4]. J’avais même parfois le « privilège » de rencontrer l’un des membres du comité directeur de la Société Anthroposophique Universelle, dont le siège est situé près de Bâle en Suisse. Au sein même de la Société Anthroposophique, j’ai été membre de l’École de Science de l’Esprit, c’est-à-dire de la catégorie spéciale d’anthroposophes ayant accès aux vérités ésotériques supérieures qu’il n’est pas permis de communiquer, même aux simples membres de la Société Anthroposophique. Je participais aux Leçons ésotériques, c’est-à-dire le culte secret de cette École de Science de l’Esprit[5]. Ce culte avait d’ailleurs lieu au sein même des locaux de l’école Steiner Verrières-le-Buisson.

Aujourd’hui, avec du recul, il est clair pour moi que ce qui m’a conduit à devenir un membre actif et éminent de cette organisation à caractère sectaire trouve son origine dans ma scolarisation dans une école Steiner-Waldorf à l’âge de 9 ans, le reste de mon parcours n’ayant été que la suite logique des effets de l’endoctrinement que j’y avais subi.

[…]

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