Un recours collectif pour abus spirituels se règle hors cour

Le premier procès collectif au Québec portant sur de possibles abus spirituels au sein d’un groupe religieux n’aura finalement pas lieu. Le 9 décembre 2025, la Cour supérieure a entériné une entente amiable entre un ancien membre de la Famille Marie-Jeunesse (FMJ), la communauté elle-même, l’archidiocèse de Sherbrooke et son fondateur, l’abbé Réal Lavoie.

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Condamné à perpétuité, un gourou autorisé à sortir de prison pour prêcher  

Le gourou indien Gurmeet Ram Rahim Singh, condamné à la prison à vie pour meurtre et déjà incarcéré pour viol, bénéficie de libérations conditionnelles répétées qui lui permettent de prêcher auprès de ses millions d’adeptes.

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Les Témoins de Jéhovah déboutés en cassation

L’origine de cette procédure judiciaire est la publication, le 4 octobre 2021, sur le site Neommag.fr de l’enquête de Jade Serrano, intitulée Enquête – Les témoins de Jéhovah accusés de passer sous silence des violences pédocriminelles.


La journaliste avait enquêté pendant plusieurs semaines et déjà recensé 47 victimes présumées en France. L’article a donné la parole a plusieurs d’entre elles et expliqué les raisons pour lesquelles très peu dénoncent les abus qu’elles ont subis.


La Fédération Chrétienne des Témoins de Jéhovah a demandé la publication d’un droit de réponse sur le site Neomag.fr, ce que le journal a fait.


[A noter que le 10 novembre 2021 l’Unadfi a publié, dans sa rubrique « Actualités », sous le titre Des victimes d’abus sexuels chez les Témoins de Jéhovah dénoncent l’omerta de l’organisation, un résumé de l’article. Ce résumé a aussi donné lieu à une demande de publication d’un droit de réponse de la Fédération Chrétienne des Témoins de Jéhovah, ce qui a été fait (1).]


Les Témoins de Jéhovah n’en restent pas là, et le 30 décembre 2021, l’Association Cultuelle des Témoins de Jéhovah de France (ACTJF) assigne en diffamation la Société Prisma Média, la directrice de publication de Neonmag.fr et Jade Serrano, journaliste auteur de l’enquête.


Par décision du 28 juin 2023, le Tribunal judiciaire de Paris déboute l’ACTJF et la condamne aux entiers dépens.


L’ACTJF fait appel de cette décision.
Par un arrêt du 27novembre 2024, la Cour d’appel de Paris confirme le jugement de première instance.
L’ACTJF forme un pourvoi en cassation.
Par décision du 28 janvier 2026, la Cour de cassation rejette le pourvoi.


Extraits du jugement de la Cour d’appel, désormais définitif (2) :


Sur la bonne foi :
« Les imputations diffamatoires sont réputées, de droit, faites avec intention de nuire, mais elles peuvent être justifiées lorsque leur auteur établit sa bonne foi, en prouvant qu’il a poursuivi un but légitime, étranger à toute animosité personnelle, et qu’il s’est conformé à un certain nombre d’exigences, en particulier de sérieux de l’enquête, ainsi que de prudence dans l’expression, étant précisé que la bonne foi ne peut être déduite de faits postérieurs à la diffusion des propos.»

En l’espèce, le tribunal, par des motifs pertinents que la cour fait siens, a relevé que : « l’existence d’abus sexuels commis au sein de la communauté des Témoins de Jéhovah, qui seraient volontairement passés sous silence par l’organisation française afin de protéger sa réputation, s’inscrit dans un sujet d’intérêt
général
relatif à la dénonciation de faits graves commis sur des mineurs au sein d’une congrégation religieuse, de la difficulté de porter ceux-ci devant la justice et des conséquences pour leurs victimes, susceptible d’intéresser tant un large public, sensibilisé sur ces questions ayant touché d’autres communautés religieuses, que les membres en France des Témoins de Jéhovah, directement concernés par cette question« . Il est constant qu’il n’est démontré aucune animosité personnelle entre les parties au sens du droit de la presse.


La cour considère que l’analyse de la base factuelle à laquelle s’est livré le tribunal lui permet logiquement de conclure : « que les textes communiqués par les défenderesses, s’ils ne démontrent pas l’existence de directives interdisant expressément toute saisine des autorités judiciaires compétentes et appelant à dissuader les membres de la congrégation de signaler les faits subis par les enfants, établissent néanmoins l’existence d’un système interne très précis et centralisé de traitement de ces abus, dans lequel la réputation de l’organisation des Témoins de Jéhovah tient une place importante, où la saisine des autorités judiciaires n’est jamais présentée comme une pratique souhaitable ou recherchée, y compris dans la partie relative à l’accompagnement des mineurs victimes et où la
confidentialité tient une place centrale’. »


À l’appui sont repris les passages de l’article conduisant à cette conclusion : situations et témoignages de plusieurs victimes, documents officiels, attestations.


« Ainsi, ces documents et témoignages confirment la pratique de traiter en interne des faits relevant de l’autorité judiciaire.
De même, la cour fait sienne les motifs des premiers juges qui au sujet de la prudence dans l’expression, relèvent que : « malgré une tonalité générale relativement critique, la journaliste rend compte des témoignages et de l’avis subjectif d’anciens membres de l’organisation et de diverses institutions, dont
les différentes déclarations sont reproduites entre guillemets, sans qu’elle se les approprie. »
Dès lors, les intimées justifient d’une base factuelle sérieuse et leur bonne foi sera retenue.
Le jugement entrepris sera donc confirmé. »


L’ACTJF est déboutée de sa plainte en diffamation.

(1) https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/ des-victimes-d-abus-sexuels-chez-les-temoinsde- jehovah-denoncent-l-omerta-de-l-organisation/

(2) Les passages mis en gras dans l’extrait du jugement l’ont été par nous.

Un essor discret  

À Spokane, dans l’État de Washington, l’Église de Gaïa ressemble à bien des lieux de culte américains. À ceci près qu’au cœur du rituel, les membres consomment de l’ayahuasca, un breuvage psychédélique classé parmi les substances interdites au niveau fédéral. Pour ses responsables, il ne s’agit pas d’une expérience récréative mais d’un sacrement spirituel.

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Epstein files : les tenants du « tous pourris » avaient-ils raison ? Question du soir, France Culture

Le 30 janvier 2026, le département de la justice américain a rendu public plus de trois millions de documents révélant le réseau tentaculaire qui gravitait autour de Jeffrey Epstein. Des faits dont les sphères complotistes arguent qu’ils leur donnent raison. 

Podcast (38 minutes) : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-le-debat/epstein-files-les-tenants-du-tous-pourris-avaient-ils-raison-8896790

(Source : Radio France, 09.02.2026)

Affaire Epstein, des millions de pages, des milliers de fantasmes 

La publication par l’administration américaine de plus de trois millions de pages liées à l’affaire Jeffrey Epstein devait éclairer un dossier tentaculaire. Elle a surtout ravivé l’imaginaire conspirationniste sur les réseaux sociaux.

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Matricide de Brigitte Visan : son fils aîné était-il sous l’emprise d’un marabout ? L’Heure du crime, RTL

En janvier 2016, Brigitte Visan, cheffe d’entreprise de 70 ans, est retrouvée morte à son domicile de Troyes, sauvagement tuée à coups de marteau. Son fils aîné, David Visan, est interpellé peu après. Très calme, il reconnaît être passé chez sa mère mais nie le meurtre, évoquant une dispute liée à ses dettes et à son licenciement de l’entreprise familiale. L’enquête révèle rapidement un contexte troublant. David entretenait une relation étroite avec un certain Fodé-Youssouf Barro, fils de marabout, auquel il a versé plus de 67 000 € et passé des milliers d’appels. Des carnets retrouvés chez lui montrent un délire de grande ampleur. La famille avait d’ailleurs alerté la police… 

Podcast( 45 minutes) : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/matricide-de-brigitte-visan-son-fils-aine-etait-il-sous-l-emprise-d-un-marabout-7900591578

Source : RTL, 21.01.2026)

A lire aussi sur le site de l’Unadfi : Enquête sur l’univers des marabouts : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/enquete-sur-lunivers-des-marabouts/