Le premier procès collectif au Québec portant sur de possibles abus spirituels au sein d’un groupe religieux n’aura finalement pas lieu. Le 9 décembre 2025, la Cour supérieure a entériné une entente amiable entre un ancien membre de la Famille Marie-Jeunesse (FMJ), la communauté elle-même, l’archidiocèse de Sherbrooke et son fondateur, l’abbé Réal Lavoie.
Autorisé en 2021, le recours collectif, porté par Pascal Perron, visait à représenter des personnes se disant victimes d’abus physiques, psychologiques et spirituels au sein de la FMJ depuis 1986. Les plaignants reprochaient notamment à la communauté des règles jugées strictes et aliénantes, ayant entravé leur développement personnel et leur réintégration sociale.
Le procès n’aura finalement pas lieu. Un accord entre les parties a été trouvé. Il prévoit le versement de 400 000 dollars, couvrant frais judiciaires et honoraires. Environ 300 000 dollars seront redistribués aux victimes admissibles, avec des indemnités variant de 5 000 à 20 000 dollars. Seuls certains anciens membres répondant à des critères précis pourront en bénéficier.
La juge a estimé l’entente « juste et raisonnable », soulignant les difficultés probatoires et les coûts élevés qu’aurait entraînés un procès long et éprouvant pour les plaignants.
La FMJ insiste de son côté sur l’absence de reconnaissance de responsabilité dans ce règlement, tout en évoquant une volonté d’apaisement. L’archidiocèse affirme pour sa part vouloir se concentrer sur la guérison des personnes concernées.
Fondée dans les années 1980, la communauté compte aujourd’hui une vingtaine de membres. Son fondateur, l’abbé Réal Lavoie, s’est retiré de la vie communautaire en 2016 et demeure écarté du ministère depuis le début des procédures.
(Source : Présence INFO, 17.03.2026)
