Les Témoins de Jéhovah peuvent être qualifiés de « secte destructrice » selon la justice

Une décision judiciaire inédite rendue à Madrid le 16 avril 2026 reconnaît que critiquer les Témoins de Jéhovah et se dire victime de leur organisation relève de la liberté d’expression. Une première aux conséquences potentiellement internationales.

Le 16 avril 2026, un tribunal de Madrid a confirmé en appel un jugement de première instance datant de fin 2023 en faveur de l’Association espagnole des victimes des Témoins de Jéhovah (AEAVTJ). La juridiction a établi que désigner l’organisation de « secte destructrice », se définir comme victime et constituer une association portant ce nom ne constitue pas une atteinte illégitime à l’honneur, mais relève de la liberté d’expression.

La procédure avait été initiée par six membres des Témoins de Jéhovah espagnols, qui contestaient l’utilisation du terme « victimes » dans l’intitulé de l’association et en réclamaient la dissolution. Le tribunal s’est appuyé sur des documents internes à l’organisation — en principe confidentiels — ainsi que sur les témoignages de huit anciens adeptes.

Pour parvenir à sa décision, la juridiction a également admis que considérer l’appartenance à ce mouvement comme une atteinte à la santé ou à la vie des personnes relève de la même liberté d’expression, même si cela est perçu comme blessant par l’organisation.

Fondés dans les années 1870 aux États-Unis, les Témoins de Jéhovah sont régulièrement mis en cause pour leurs pratiques, notamment l’ostracisme imposé aux membres qui quittent le mouvement. L’avocat des victimes souligne que cette décision, susceptible d’un recours devant le Tribunal suprême espagnol ou la Cour européenne des droits de l’homme, pourrait avoir une portée internationale.

(Sources : Sud-Ouest & RTL, 21.04.2026)

  • Auteur : Unadfi