Deux anciennes fidèles de l’Église Universelle du Royaume de Dieu affirment avoir versé des dizaines de milliers de livres à l’organisation, convaincues que ces dons leur apporteraient des bénédictions divines. Une enquête du régulateur britannique de la collecte de fonds pointe des pratiques douteuses et un manque de protection envers les donateurs vulnérables.
À Londres, deux jeunes femmes disent avoir perdu une grande partie de leurs économies après plusieurs années passées au sein de l’Église Universelle du Royaume de Dieu (UCKG, EURD en français), un mouvement évangélique international également enregistré comme organisation caritative au Royaume-Uni. Elles expliquent avoir été influencées par la doctrine dite de « l’évangile de la prospérité », selon laquelle les dons financiers à l’Église peuvent attirer santé, réussite et faveurs divines.
Le Fundraising Regulator, l’autorité chargée de surveiller les pratiques de collecte de fonds, a récemment examiné le cas de l’une d’elles, Jennifer, 29 ans. Il estime que l’organisation a enfreint le code des collectes de fonds en acceptant un don important alors qu’elle connaissait les difficultés de santé mentale de la donatrice. Le régulateur souligne également l’absence de politique claire concernant les donateurs vulnérables et recommande d’étudier un éventuel remboursement.
Jennifer affirme avoir versé environ 15 000 livres en une seule fois et plus de 38 000 livres en cinq ans. Elle dit avoir fermé son compte d’épargne logement et donné jusqu’à ses pièces de monnaie, persuadée que ce sacrifice spirituel lui apporterait paix et reconnaissance au sein de la communauté.
Une autre ancienne membre, Sarah, 27 ans, décrit des sermons et témoignages encourageant les fidèles à donner toujours plus pour obtenir des bénédictions. Elle évoque aussi un sentiment d’isolement progressif vis-à-vis de ses proches. Dans ce dossier, le régulateur reproche à l’UCKG d’avoir contacté Sarah après son départ malgré sa demande de ne plus être sollicitée.
L’Église Universelle du Royaume de Dieu rejette ces accusations. Dans un communiqué, elle affirme que les dons sont « volontaires » et fondés sur un enseignement chrétien traditionnel. L’organisation souligne par ailleurs ses actions caritatives, notamment la gestion de banques alimentaires à Londres et des programmes d’aide humanitaire.
Soutenues par l’association Surviving Universal UK (1), qui accompagne d’anciens fidèles, les deux femmes demandent aux autorités britanniques de renforcer la surveillance des groupes religieux.
(Source : The Guardian, 03.03.2026)
(1) La fondatrice de de cette association, elle-même ancienne adepte de l’EURD, a témoigné lors de la conférence de la Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme (FECRIS) du 20 juin 2025 https://www.youtube.com/watch?v=5-Y-F0AOcuU
