Un système d’emprise mis au jour

Publié le 14 janvier 2026, le rapport d’une commission indépendante mandatée par la congrégation met en lumière un système d’« emprise » ayant régné pendant plus de quarante ans au sein des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (BSCM). Près de 1500 faits ont été recensés.

Mandatée en 2024 par la congrégation, une commission indépendante décrit, sur 142 pages, l’exercice d’une autorité jugée « excessive et inappropriée » par l’ancienne supérieure, mère Marie Agnès, à l’origine d’abus multiples entre 1969 et 2012.

Après avoir recueilli les témoignages de 114 religieuses, la commission recense près de 1 500 faits. Des abus d’autorité mais aussi des violences physiques et psychologiques, du chantage, une surveillance généralisée, une emprise financière et un culte de la personnalité.

Recrutées très jeunes, les sœurs étaient isolées de leurs familles, privées de confidentialité et soumises à une suractivité destinée à empêcher toute prise de recul, parfois renforcée par une « soumission médicamenteuse ». Sans relever de violences sexuelles, le rapport évoque des maltraitances graves, notamment alimentaires, ainsi qu’une captation systématique des biens des religieuses, au profit d’une direction au train de vie jugé fastueux.

La commission formule 58 recommandations, appelant à des réparations, à une reconnaissance officielle des dérives passées par l’Église et à un renforcement de la vigilance. Elle précise par ailleurs que, malgré des réformes engagées depuis 2014, « le fonctionnement de la congrégation demeure fragile ».   

(Sources : Le Parisien & Ouest-France, 15.01.2026)

  • Auteur : Unadfi