Procès en appel du Temple de l’Ordre Solaire

– Le Parquet général de Grenoble « a abandonné implicitement » l’accusation contre le chef d’orchestre, Michel Tabachnik, dans le procès de l’OTS qui examine sa responsabilité dans la mort de 16 membres de la secte, le 22 décembre 1995 dans le Vercors. Il est accusé de « participation à une association de malfaiteurs » et « d’avoir placé, par ses écrits, les futures victimes dans une dynamique mortifère ».


C’est pourtant le Parquet qui avait fait appel de la relaxe du chef d’orchestre, décidée « contre son avis » par le Tribunal correctionnel de Grenoble, le 25 juin 2001, « faute de preuves ».
L’avocat de l’UNADFI [Me Pesanti] s’est pour sa part « déclaré surpris par le réquisitoire de l’avocat général ». Le 30 octobre, Me Pesanti avait d’ailleurs dénoncé devant la Cour « la responsabilité morale du chef d’orchestre », ajoutant que malgré ses dénégations, Michel Tabachnik « avait reçu de l’argent de l’OTS, par la biais d’une société écran ».
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– Lors du second jour du procès, l’expert, Jean-Marie Abgrall, a accusé Michel Tabachnik d’être l’un des chefs de la secte. Il faisait partie des « capes dorées », stade ultime dans la hiérarchie OTS. Selon l’expert, les écrits de Michel Tabachnik sont souvent incompréhensibles, mais il y a en filigrane le message que « pour accéder à une dimension spirituelle, divine, cosmique », l’enveloppe physique « doit être détruite ». Cet enseignement était destiné à « amener les adeptes à accepter la notion de transit vers Sirius et le feu est l’élément transcendantal pour accéder à Sirius ».
Le médecin légiste, le Dr Eric Baccard, a raconté, quant à lui, l’horreur de la tuerie dans la forêt du Vercors. Elle obéissait à un rituel précis, exécuté par deux membres de la secte qui se sont ensuite suicidés.
Enfin, le commandant Gilbert Houvenaghel, chef de l’enquête judiciaire, a déclaré que Michel Tabachnik avait survécu « car il avait une mission secrète ». Il rappelle que ce dernier avait annoncé « de façon ésotérique le transit vers Sirius » mais qu’il avait été « dépassé par l’ampleur du massacre ».
Cette version des faits n’a pas convaincu Me Leclerc, avocat de plusieurs familles parties civiles dans le procès, qui défend toujours la théorie du « commando extérieur ». Quatre parents de victimes, dont Alain Vuarnet qui a perdu sa mère et son frère dans ce drame, sont venus soutenir cette thèse à la barre. Enfin le cinéaste, Yves Boisset, auteur d’un film, « Les mystères sanglants de l’OTS », diffusé sur France 2, a réaffirmé que les enquêteurs avaient négligé le côté « politico-mafieux » de l’affaire. [2]

– La Cour d’Appel de Grenoble rendra son jugement le 20 décembre 2006.
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[1] Source : Dépêche AFP, 02.11.2006, Le Parquet ne requiert aucune peine contre le chef d’orchestre Michel Tabachnik
[2] Sources : Dépêches AFP, octobre 2006
[3] Source : Dépêche A.P., 31.10.2006