Les autorités élargissent leur enquête à deux mouvements religieux 

Une équipe conjointe de procureurs et de policiers a annoncé l’ouverture d’une enquête élargie visant à examiner des soupçons de collusion politique impliquant deux mouvements religieux majeurs en Corée du Sud : l’Église de l’Unification et Shincheonji. Les autorités cherchent à déterminer l’existence de pratiques de lobbying financier et d’enrôlement massif de fidèles au sein de partis politiques en vue d’influencer les processus électoraux.

Longtemps considérés comme des acteurs représentatifs des religions émergentes, les deux groupes présentent des trajectoires et des méthodes comparables. Le fondateur de Shincheonji, Lee Man-hee, 95 ans, est souvent comparé à feu Moon Sun-myung, figure historique de l’Église de l’Unification. Cette dernière est déjà poursuivie pour des soupçons d’ingérence dans l’élection présidentielle de 2022, sur des schémas similaires à ceux reprochés à Shincheonji.

Des documents internes de l’Église de l’Unification, totalisant près de 3 000 pages, font état de références répétées à Shincheonji et évoquent des tensions internes au sein de ce mouvement. Ils mentionnent notamment la défection en 2017 de Kim Nam-hee, alors considérée comme la numéro deux de Shincheonji, et suggèrent une lutte de succession comparable à celle observée dans l’Église de l’Unification autour de Han Hak-ja. L’auteur de ces rapports, Yun Young-ho, ancien dirigeant du siège mondial de l’Église de l’Unification, est actuellement détenu pour avoir notamment versé des fonds politiques illégaux en lien avec l’élection présidentielle de 2022.

Kim Nam-hee a par la suite dénoncé publiquement Shincheonji et son fondateur, accusant Lee Man-hee de détournement de fonds. Celui-ci a été condamné définitivement en 2022 à une peine de prison avec sursis pour détournement et entrave aux activités de l’église, après une inculpation liée également à la gestion de la pandémie de Covid.

Shincheonji est par ailleurs de nouveau soupçonnée d’avoir incité ses fidèles à adhérer massivement au Parti du pouvoir populaire afin d’influencer la primaire présidentielle de 2021. Des accusations similaires avaient déjà émergé lors de précédentes élections présidentielles, sans déboucher sur des poursuites judiciaires.

Alors que l’Église de l’Unification est actuellement jugée pour son soutien présumé à l’ancien président Yoon Suk-yeol, la création d’une équipe d’enquête conjointe incluant Shincheonji, sur instruction du président Lee Jae-myung, suscite la controverse. L’opposition y voit une manœuvre politique destinée à détourner l’attention des enquêtes visant l’Église de l’Unification et réclame la nomination d’un procureur spécial indépendant. 

(Sources : The Chosun Daily, 08.01.2026 & YNA, 13.01.2026)

  • Auteur : Unadfi