Depuis 2022, la Bhagavad-Gita, l’une des éditions les plus diffusées du texte sacré hindou, est interdite dans l’ensemble des prisons de Floride. Cette décision, prise par le Comité d’examen de la littérature du Département des services correctionnels (FDOC), fait l’objet d’une contestation judiciaire. Elle est portée par Rakesh Patel, un détenu de 58 ans incarcéré à l’établissement correctionnel Jefferson, à Monticello.
Après dix ans de détention, Rakesh Patel affirme s’être vu refuser l’accès à cet ouvrage, traduit et commenté en anglais par A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, fondateur du mouvement Hare Krishna. Il estime que cette interdiction porte atteinte à sa liberté religieuse, comparant la Bhagavad-Gita à la Bible ou au Coran, autorisés en prison.
Le FDOC a rejeté son recours, justifiant l’interdiction par le fait que l’ouvrage serait « écrit en code » ou difficilement interprétable par le personnel pénitentiaire, et donc susceptible de menacer la sécurité ou l’ordre des établissements. Une justification que le détenu a vivement contestée. Il dénonce l’incapacité du comité à comprendre « un anglais simple ».
Soutenu par la Société internationale pour la conscience de Krishna (ISKCON), Rakesh Patel entend porter l’affaire en justice pour discrimination religieuse. Sa libération est prévue en octobre. Les avocats d’ISKCON dénoncent une atteinte grave aux droits fondamentaux des détenus et une décision « scandaleuse ».
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large. Selon un rapport de 2022, la Floride est l’État américain qui interdit le plus de livres en prison, avec plus de 20 000 titres bannis, dont certains ouvrages religieux. D’autres organisations confessionnelles, notamment juives, ont récemment signalé des saisies similaires de textes en hébreu.
(Source : RNS, 21.01.2026)
