Homéopathie et physique quantique, un lien scientifiquement infondé  

Malgré sa popularité, l’homéopathie n’a jamais démontré scientifiquement son efficacité. Certains de ses défenseurs invoquent la physique quantique pour tenter d’expliquer son fonctionnement. Les scientifiques jugent cet argument infondé.

Inventée en 1796 par le médecin allemand Samuel Hahnemann, l’homéopathie repose sur le principe selon lequel une substance provoquant des symptômes chez une personne saine pourrait, une fois fortement diluée, guérir ces mêmes symptômes chez un malade.

Les remèdes sont dilués de nombreuses fois. Une préparation « C30 », par exemple, correspond à trente dilutions successives. Or, au début du XXᵉ siècle, la science a permis de mesurer précisément la quantité de molécules présentes dans une substance grâce au nombre d’Avogadro, déterminé par le physicien Jean Perrin. Ce calcul montre qu’après environ douze dilutions de type homéopathique, il ne reste statistiquement plus aucune molécule de l’ingrédient actif. Selon plusieurs scientifiques, cela devrait suffire à invalider le principe même de l’homéopathie.

Certains homéopathes tentent néanmoins de justifier leur pratique en invoquant des concepts de physique quantique, notamment l’intrication quantique. Ils soutiennent que les secousses lors de la dilution créeraient un lien durable entre les molécules d’eau et celles de la substance initiale. Le chimiste et homéopathe Lionel Milgrom a même avancé l’idée que thérapeute, patient et remède seraient « intriqués ». Une interprétation rejetée par le physicien Anton Zeilinger, qui a affirmé que le lien entre ses travaux et l’homéopathie était scientifiquement injustifié.

En réalité, l’intrication quantique concerne uniquement des particules subatomiques et ne s’applique ni aux molécules d’eau à grande échelle ni aux êtres humains. Pour contourner ces critiques, certains chercheurs favorables à l’homéopathie, dont le parapsychologue Harald Walach, ont proposé une « théorie quantique faible ». Mais ce modèle a été vivement critiqué par la communauté scientifique pour son manque de bases mathématiques solides et l’absence de preuves expérimentales.  

(Source : Science Presse, 12.03.2026)

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  • Auteur : Unadfi