Quinze ans après sa première condamnation canonique, Philippe Madre a été définitivement débouté par le Tribunal de la Signature apostolique en janvier 2026. Cette décision, communiquée confidentiellement à plusieurs victimes, entérine son renvoi de l’état clérical prononcé en 2010 pour « abus sexuels »
Ancien modérateur général de la Communauté des Béatitudes entre 1985 et 1992, le médecin et ex-diacre contestait depuis des années les condamnations rendues par les officialités d’Albi puis de Rodez. Son recours ultime à Rome a cette fois été rejeté sans possibilité d’appel. L’information a été révélée par La Croix.
Accusé dès 2003 d’abus sexuels commis dans le cadre d’accompagnements spirituels, Philippe Madre a toujours nié les faits. Une enquête pénale, ouverte en 2010, pour viol par personne abusant de son autorité avait conduit à sa mise en examen. Plusieurs anciennes religieuses l’accusent d’agressions sexuelles à Cordes-sur-Ciel. Elles décrivent un système d’emprise spirituelle et psychologique. Mais en 2018, la justice civile prononce un non-lieu, décision confirmée en 2019 par la Cour de cassation, estimant « les éléments constitutifs de l’infraction insuffisamment caractérisés ».
Si la confirmation romaine rassure certaines victimes, elles déplorent l’absence de condamnation pénale. «On ne nous a pas rendu justice », confie l’une d’elles.
Philippe Madre, aujourd’hui âgé de 75 ans, a par ailleurs été condamné en 2014 à un an de prison avec sursis pour escroquerie et faux dans le cadre de son activité médicale. Il a aussi été sanctionné disciplinairement par le conseil régional de l’ordre des médecins des Pays de la Loire.
(Source : La Croix, 11.02.2026)
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