Quand la charité sert de couverture

La World Mission Society Church of God (WMSCOG) (1) rejette fermement l’étiquette de secte. Mais plusieurs anciens membres, et des dossiers judiciaires, dressent un portrait bien sombre de cette organisation en pleine expansion, accusée d’être guidée par des motivations financières, d’avoir prédit à tort la fin du monde et d’isoler ses fidèles de leurs proches non croyants.

Présente depuis plusieurs années dans la région de Chicago, la WMSCOG dispose aujourd’hui d’au moins quatre églises en banlieue et multiplie les actions caritatives locales, comme des collectes de sang, qui serviraient en fait à recruter de nouveaux adeptes.

Fondée en Corée du Sud dans les années 1960, l’organisation enseigne que Christ Ahnsahnghong, décédé en 1985, était la réincarnation de Jésus, et considère Zahng Gil-jah, une Sud-Coréenne, comme une figure divine. Si le groupe se présente comme chrétien et met en avant l’amour et le bénévolat, ses détracteurs dénoncent une structure distillant un prosélytisme agressif et des pratiques coercitives. Plusieurs anciens membres affirment que l’église a arrangé des mariages, encouragé ou forcé des avortements, et inculqué la méfiance envers les non-croyants, jusqu’à couper les liens familiaux. L’ancien fidèle Adam Stillman, qui a quitté le groupe en 2024, estime que l’organisation « essaie de correspondre à tous les stéréotypes d’une secte ».

La WMSCOG a tenté de répondre à ces critiques, notamment en poursuivant en diffamation d’anciens membres. Sans succès. Elle affirme que la participation est volontaire et que les accusations sont infondées. Et le groupe étend son influence via des acquisitions immobilières. En 2024, il a acheté un vaste complexe de séminaires du diocèse de Buffalo et a racheté des églises évangéliques dans la région de Chicago. Sa croissance s’appuie sur un prosélytisme intense, particulièrement auprès des jeunes adultes, étudiants et militaires. Selon son site, l’organisation revendique près de quatre millions de membres dans 175 pays et environ 7 800 églises.

Des spécialistes de l’emprise estiment que les pratiques de la WMSCOG correspondent à celles d’une « secte destructrice », notamment en raison de la vénération de ses dirigeants et de la pression exercée sur les fidèles.

(Source : Chicago Sun-Times, 16.01.2026)

(1) Ce mouvement est présent en France sous le nom Église de Dieu Société de la Mission Mondiale (EDSMM)

  • Auteur : Unadfi