La géobiologie a le vent en poupe

La géobiologie, discipline non reconnue scientifiquement, s’invite de plus en plus dans les projets éoliens. Les services de l’État le savent et le tolèrent.

Traditionnellement utilisée dans le milieu agricole pour repérer les courants électromagnétiques censés perturber le bétail, la géobiologie s’impose aujourd’hui dans les diagnostics préalables à la construction de parcs éoliens. À la demande d’agriculteurs ou parfois de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), des géobiologues sont sollicités, notamment dans l’Ouest et le Nord de la France.

Mais cette intrusion du « ressenti » dans un univers d’ingénierie rigoureuse provoque la colère de la filière. France Renouvelables, qui fédère 370 entreprises et 80 000 emplois, dénonce une « complaisance intolérable » des autorités. « Un petit groupe peut déstabiliser toute une filière par l’inaction des pouvoirs publics. »

Dans certains départements, comme la Loire-Atlantique, les diagnostics géobiologiques sont devenus quasi obligatoires, une manière d’apaiser les tensions locales. Les porteurs de projets, eux, se taisent par crainte de voir leurs chantiers bloqués.

Les géobiologues, comme Mathieu Delattre à Audincthun, défendent leur rôle : « Il s’agit de repérer les zones électromagnétiquement neutres pour éviter des perturbations sur les animaux ». Une démarche qu’ils présentent comme complémentaire des études techniques, mais qui reste dépourvue de cadre officiel.

Face à cette pratique mêlant science et ésotérisme, France Renouvelables appelle à la « prudence » et fustige « la perméabilité française à ces croyances ». 

(Source : La Voix du Nord, 29.10.2025)

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  • Auteur : Unadfi