Portée par les réseaux sociaux, l’astrologie connaît un essor considérable en France. En particulier auprès des jeunes femmes.
Selon une enquête YouGov/Fémina de 2020, 28 % des Français croient en l’astrologie. Les femmes seraient 35 %, les hommes 20 %. Près d’un jeune de 18-24 ans sur deux dit avoir déjà pris une décision influencée par son horoscope.
Sur TikTok, l’hashtag #astrocoaching dépasse les millions de vues, incarnant l’émergence d’une nouvelle génération d’astrologues connectées. Parmi elles, Léna Nicole, ex-consultante reconvertie après deux burn-out, incarne cette vague de l’astro-coaching, une pratique mêlant lecture du thème astral, introspection et développement personnel. Loin de la prédiction, elle se présente comme un accompagnement vers la connaissance de soi et la reconversion professionnelle, notamment face au malaise croissant dans le salariat. En un an et demi, Léna dit avoir suivi près de 400 personnes et forme désormais d’autres femmes à ce métier en plein essor.
Si l’astro-coaching séduit par sa promesse d’indépendance et de sens, il évolue toutefois sans cadre déontologique, exposant à des dérives possibles. Un point que reconnaissent certaines praticiennes qui invitent à s’orienter vers un suivi thérapeutique lorsque nécessaire.
Ce boom, largement féminin, s’explique aussi par une défiance historique envers une science perçue comme longtemps hostile aux femmes, mais aussi par la persistance des inégalités professionnelles. L’astrologie devient alors un espace sororal, un lieu d’expression et de soutien mutuel, loin d’un monde du travail jugé oppressant. Pour autant, des voix rappellent que ces pratiques peuvent ouvrir la porte à d’autres croyances ésotériques, voire complotistes.
(Source : L’Éclaireur, 30.11.2025)
A lire aussi sur le site de l’Unadfi : « L’astrologie n’a rien d’anodin » : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/lastrologie-na-rien-danodin/
