Présentée comme une solution universelle contre le stress, la méditation de pleine conscience séduit de plus en plus. Mais derrière l’image apaisante se cache une réalité inquiétante. Pour certains pratiquants, fermer les yeux pour « se concentrer sur l’instant présent » peut déclencher anxiété, dépression, voire épisodes psychotiques.
Selon des recherches récentes, mais aussi des textes vieux de 1 500 ans, les risques de la méditation de pleine conscience sont loin d’être négligeables. Le Dharmatrāta, un texte bouddhiste ancien, décrivait déjà les symptômes de dépression, d’anxiété et de dépersonnalisation liés à la méditation. Une étude américaine de 2022, menée auprès de 953 pratiquants réguliers, révèle que plus de 10 % ont souffert d’effets indésirables significatifs, parfois durant plus d’un mois. Certains parlent d’anxiété sévère, de terreur, d’autres de dissociation ou même d’épisodes délirants.
Pour Ronald Purser, professeur de management et enseignant bouddhiste, la pleine conscience est devenue une spiritualité capitaliste. « Il s’agit d’un marché estimé à 2,2 milliards de dollars qui a tout intérêt à minimiser les dangers ». Jon Kabat-Zinn, figure emblématique du mouvement, reconnaissait en 2017 que 90 % des études vantant ses bienfaits étaient de qualité médiocre.
Même les programmes scolaires ne sont pas exempts de critiques. L’étude la plus coûteuse sur la méditation, financée par le Wellcome Trust (8 millions de dollars, 8 000 enfants britanniques), conclut que la pleine conscience n’améliore pas le bien-être des élèves et peut même nuire aux enfants déjà à risque.
« La méditation n’est pas une simple relaxation, c’est une manipulation de l’attention qui peut exposer à des états de conscience inhabituels », rappelait le psychologue Arnold Lazarus dès 1976. Pourtant, face aux effets négatifs, les réponses fréquentes des instructeurs se limitent au déni ou à l’incitation à « continuer à respirer ». Face à ce décalage entre marketing zen et données scientifiques, « informer le public des risques n’est plus optionnel » insiste Ronald Purser. « Méditer peut être bénéfique, mais ce n’est jamais un acte anodin ».
(Source : SciencePost, 25.02.2026)
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