L’organisation Rapid Relief Team (RRT), liée à l’Église des Frères de Plymouth, a déposé une plainte devant un tribunal fédéral de Californie contre Cheryl Bawtinheimer, une ancienne fidèle. Elle lui reproche l’utilisation, dans son podcast vidéo, de Cookie le Kookaburra, oiseau en peluche mascotte de l’organisme considéré comme son « ambassadeur mondial ».
Selon RRT, l’image a été utilisée sans autorisation et constitue une violation délibérée de ses droits d’auteur. L’organisation réclame une injonction permanente, des dommages-intérêts, la destruction des contenus incriminés. Les avocats de l’association affirment que la défenderesse a cherché à tirer profit d’une œuvre protégée.
Cheryl Bawtinheimer rejette ces accusations et estime que la procédure vise surtout à la faire taire. Survivante d’abus sexuels survenus durant son enfance en Saskatchewan, elle affirme que ses vidéos, visionnées moins de 500 fois et non monétisées, s’inscrivent dans une démarche militante pour dénoncer des abus présumés liés à l’Église. Elle qualifie la plainte de procédure bâillon destinée à exercer une pression financière et psychologique sur une survivante qui a pris la parole.
La plainte a été déposée en Californie parce que YouTube, qui hébergeait les vidéos, y a son siège social. Après des demandes de retrait envoyées par RRT, plusieurs vidéos ont été supprimées. Cette affaire, qui implique une organisation australienne, une survivante canadienne et un tribunal américain, soulève des questions sur la liberté d’expression, l’usage du droit d’auteur sur les plateformes numériques et le recours à des poursuites transfrontalières contre des critiques. Cheryl Bawtinheimer affirme que l’enjeu dépasse son cas personnel. Selon elle, il s’agit de savoir si les survivants peuvent s’exprimer publiquement sans craindre des représailles judiciaires internationales. La procédure est toujours en cours en Californie. L’issue pourrait faire jurisprudence.
(Source : The Roys Report, 13.02.2026)
