La Haute Cour de Tokyo a confirmé une décision de première instance ordonnant à l’État japonais de remettre la dépouille de Shoko Asahara, fondateur de la secte Aum Shinrikyo, à sa deuxième fille.
Shoko Asahara, de son vrai nom Matsumoto Chizuo, avait été exécuté en 2018 pour avoir orchestré plusieurs crimes majeurs, dont l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, qui avait fait de nombreuses victimes. En 2021, la Cour suprême avait estimé que sa seconde fille devait pouvoir récupérer ses cendres et ses cheveux. Mais le gouvernement avait refusé de procéder à la restitution, craignant que ces restes ne deviennent un objet de vénération pour des membres d’Aleph, groupe successeur d’Aum Shinrikyo, ou d’autres sympathisants.
Saisie par la fille du chef, la justice lui avait donné raison en mars 2024. L’État avait alors fait appel. Dans son jugement, le président de la Haute Cour a reconnu que les restes pourraient, s’ils tombaient entre de mauvaises mains, être utilisés pour influencer ou recruter de nouveaux adeptes, constituant potentiellement une menace pour l’ordre public. Toutefois, il a estimé que la requérante souhaitait simplement récupérer la dépouille pour faire son deuil et qu’elle s’était engagée à ne jamais la transmettre à Aleph ni à d’autres groupes. Dans ces conditions, la cour a jugé que sa demande ne constituait pas un abus de droit. Le gouvernement japonais a indiqué qu’il prenait acte.
(Source : NHK World, 05.02.2026)
A lire aussi sur le site de l’Unadfi : Trente ans après l’attentat au sarin, la secte reste une menace : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/trente-ans-apres-lattentat-au-sarin-la-secte-reste-une-menace/
