Version imprimablePDF version

Un rapport de l’Académie de Versailles pointe des carences et des dérives au sein d’établissements hors contrat

En France, depuis quelques années, les écoles hors contrat sont de plus en plus prisées. À ce jour, on en compterait près de 1 300, dont 300 confessionnelles. Mais derrière des objectifs d’excellence, de bienveillance, d’individualisation, affichés sur leurs sites Internet, l’envers du décor est parfois moins idyllique.


Une simple déclaration suffit pour les créer. L’école a la liberté de choisir ses professeurs et d’adapter les programmes de l’Éducation Nationale à sa convenance. La seule contrainte imposée est l’enseignement « du socle commun de connaissance, de compétences et de culture ». Tout élève doit l’avoir acquis à l’issue de la scolarité obligatoire fixée à 16 ans.


À l’issue du contrôle de 30 établissements suite à des signalements et des plaintes, une note rédigée en 2016 par une inspectrice honoraire de l’Académie de Versailles, pointe le non-respect du socle commun de connaissance par l’ensemble de ces établissements.


Si, dans le contexte de l’état d’urgence, une attention particulière a été portée sur les écoles musulmanes, le rapport désigne également des écoles catholiques intégristes (dont celles de la Fraternité Saint-Pie X), des écoles Montessori et des écoles Steiner.


L’inspectrice a constaté des cours aux contenus erronés, certaines notions sont même évitées. Les enfants sont soumis à des rituels, voire à un conditionnement. Pour exemples, la science, l’histoire, l’éducation civique font partie des matières délaissées ou réadaptées en fonction de la confession à laquelle l’école se rattache. L’inspectrice a vu des livres de SVT de classe de troisième dont les pages sur la contraception avaient été collées. Un manuel d’instruction civique comprenait un chapitre intitulé « Comment reconnaître la race blanche »…


Quant à la qualité de la pédagogie, ce n’est pas plus brillant. Elle repose souvent sur la répétition et le par choeur, laissant de côté la réflexion, l’autonomie et l’expression personnelle.
Le rapport rappelle que « les contrôles opérés par l’État dans les écoles privées hors contrat ont pour mission de garantir le respect des droits de l’enfant en matière d’éducation et d’instruction. Ils vérifient si l’instruction proposée a pour objectif de faire partager aux élèves les valeurs de la République, de permettre à chacun de développer sa personnalité, d’exercer sa citoyenneté... »


Face à ces conclusions inquiétantes, le ministère de l’Éducation nationale a fait savoir que certains établissements « font déjà ou pourront faire l’objet d’une saisine par la justice ». Najat Vallaud-Belkacem, sa ministre, ajoute « que le hors contrat, longtemps considéré comme quantité négligeable […], nécessite un contrôle plus rigoureux. »


Les conclusions du rapport sont d’autant plus alarmantes que les écoles posant problème représentent 30% de la totalité des établissements scolaires hors contrat présents dans les Yvelines.


Grégoire Perra, ancien élève des écoles Steiner de Verrière le Buisson et Chatou (Yvelines), et ancien professeur de l’école Steiner de Chatou, a reconnu, dans les conclusions du rapport, des dérives qu’il avait lui-même observées au sein des établissements qu’il a fréquentés.


Il a rédigé une analyse qui peut être consultée sur son site « La vérité sur les Écoles Steiner » : https://veritesteiner.wordpress.com/2017/03/20/academie-de-versailles-letau-se-resserre-autour-des-ecoles-steiner/


(Sources : Le Point, 13.03.2017 & Le Monde, 16.03.2017)


Posté le 11 Avril 2017

Copyright © 2006 UNADFI. Tous droits réservés. Les textes ou ouvrages mentionnés sont propriété de leurs auteurs respectifs.

Les mentions légales - Les conditions générales d'utilisation - Les conditions générales de vente

 

Association reconnue d'utilité publique, agréée par les Ministères de l'Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports, membre associé de l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF)

Dernière modification le 20 novembre 2017